Brèves

23/05/2017 - Russie : Kirill Serebrennikov et le Centre Gogol visés par une enquête pour détournements de fonds

Le 23 mai dernier, la police a mené une perquisition musclée au théâtre et au domicile de Kirill Serebrennikov, célèbre directeur artistique du Centre Gogol et lauréat du prix François-Chalais décerné au Festival de Cannes. Le metteur en scène a par la suite été placé en résidence surveillée, ainsi que plusieurs de ses collaborateurs accusés du détournement de près de 200 millions de roubles.

Les perquisitions ont eu lieu dans le cadre d’une affaire de fraude à grande échelle, dont l’enquête dure depuis deux ans. Selon les enquêteurs, une organisation à but non lucratif « Studio Sept » dirigée par Serebrennikov aurait bénéficié de fonds du ministère de la Culture qui auraient été détournés.

De nombreux artistes se sont réunis pour soutenir le Centre et son directeur, dont Tchoulpan Khamatova connue pour son rôle dans Good Bye Lenin ! de Wolfgang Becker qui a déclaré : « Kirill Serebrennikov est l'un des plus brillants réalisateurs russes, dont les mérites sont reconnus non seulement dans notre pays, mais aussi partout dans le monde. Nous le savons honnête et respectable.»

Kirill Serebrennikov, metteur en scène et réalisateur, est bien connu en Russie et en Europe. Son dernier film « Le Disciple » avait été présenté à Cannes en 2016. Il se prépare à mettre en scène plusieurs opéras et ballets, dont le ballet « Noureev » qui sera à l’affiche du Grand Théâtre de Moscou cet été.

En savoir plus : http://www.lemonde.fr/culture/article/2017/05/31/le-theatre-francais-soutien-kirill-serebrennikov_5136352_3246.html

 

19/05/2017 - La Douma russe envisage la déchéance de nationalité pour les terroristes

Le 19 mai, la Douma a adopté en première lecture un projet de loi qui permettrait de déchoir de la nationalité russe les personnes coupables de graves infractions à la loi. Elle vise tout particulièrement, les cas de terrorisme, même si les condamnés n’ont pas d’autre nationalité.

La version initiale du texte, déposée peu de temps après l’attentat du métro de Saint Pétersbourg, le 3 avril dernier, prévoyait pourtant la déchéance de la nationalité russe uniquement pour les détenteurs d’une double nationalité. Suite à sa modification très critiquée, le vice-président de la Douma, Andreï Isaev a déclaré : « S’ils sont privés de la nationalité et qu’ils restent apatrides ou citoyens d’un autre État, c’est leur affaire, cela ne concerne pas la Russie. »

Le projet ne précise pas comment les autorités prendront en charge les individus privés de leur nationalité. Selon des juristes, une personne déchue de sa nationalité sera donc considérée par la Russie comme un étranger et pourra être expulsée après avoir purgé sa peine. Mais dans le cas où le condamné deviendrait apatride, aucun pays ne sera tenu de l’accepter sur son territoire. De plus, il n’existe pas de limite à la privation de liberté pour un apatride en Russie : il pourrait donc être emprisonné à vie. De nombreux avocats estiment que cela rend la mesure illégale. L’avocat de l’association Mémorial, Kyril Koroteev, rappelle enfin que le Droit International et la Constitution russe interdisent de priver un individu de toute nationalité.

18/05/17 - Albanie: Un gouvernement technique pour éviter le « boycott électoral »

Après trois mois de vive agitation politique durant lesquels les partis d’opposition ont notamment planté un chapiteau devant le bureau du premier ministre, le socialiste Edi Rama, dont ils demandaient la démission, le pays semble avoir trouvé la voie de la sortie de crise.

Le leader du parti démocrate (PD), Lulzim Basha, exigeait la tenue d’élections libres et la formation d’un gouvernement intérimaire, tout en accusant la coalition socialiste du premier ministre au pouvoir, de mettre à sa botte le système judiciaire.

Le 18 mai, sous la pression de l’Union européenne et des États-Unis, le Premier ministre socialiste et le chef de l’opposition, se sont finalement mis d’accord sur la formation d’un gouvernement technique, condition à la participation de l’opposition aux prochaines élections. Le PD obtient également la direction de la commission électorale, et s’engage à démonter son chapiteau, et à revenir au Parlement pour y poursuivre les débats sur la délicate réforme de la justice en vue de l’adhésion du pays à l’UE. 

Les élections législatives, initialement prévues le 18 juin, se tiendront avec une semaine de retard. Les deux principaux partis se sont accordés sur la limitation des financements de campagne, et sur la mise en œuvre d’une loi empêchant les personnes condamnées par la justice de se présenter.

14/03/2017 - Moldavie : un super-oligarque devient vice-président de l'Internationale socialiste

Vlad Plahotniuc, homme politique et millionnaire moldave, a été élu vice-président de l'Internationale socialiste (IS) lors du XXVe Congrès de l'organisation, qui s'est tenu en Colombie du 2 au 4 mars.

Considéré comme l'homme le plus puissant du pays, Vlad Plahotniuc est depuis décembre 2016 à la tête du Parti démocratique de Moldavie (PDM), qui fait partie de la majorité au Parlement. Son prédécesseur à ce poste, Marian Lupu, était lui-aussi membre du Présidium de l'IS depuis 2012, date du dernier Congrès et de l'adhésion du PDM à l'Internationale.

L’oligarque, à 51 ans, est souvent considéré comme le « marionnettiste » de la politique moldave. Sa fortune de plus de 300 millions d'euros s'appuie sur des secteurs clés de l'économie et des médias du pays. Après avoir d'abord financé les communistes pro-russes, Plahotniuc a occupé plusieurs postes importants au sein du PDM et de l'État moldave. Très impopulaire, son nom est associé à la corruption endémique qui frappe la Moldavie.

Le PDM n'est pourtant pas le seul parti moldave à se réclamer de l'Internationale socialiste. En avril 2016, Igor Dodon, l'actuel président moldave, avait annoncé que son parti d'alors – le Parti des Socialistes - demanderait lui aussi à rejoindre l'organisation. Selon Dodon, les documents devaient être envoyés fin mai 2016.

Lire aussi sur Gare de l'Est : La Moldavie d'Igor Dodon

Le Présidium de l'IS est composé de 32 vice-présidents, d'un secrétaire-général et d'un président. A ce jour, l'organisation rassemble 153 partis et mouvements politiques du monde entier. Elle est actuellement présidée par l'ancien Premier-ministre grec, Georges Papandreou.

Dans les pays de l'ex-URSS, outre la Moldavie, on retrouve parmi les membres de l'IS le parti russe Juste Russie, la Fédération révolutionnaire arménienne ou encore le parti social-démocrate bélarusse dirigé par l'opposant Mikhail Statkevitch.

Sources :

https://en.crimemoldova.com/news/politics/democrat-or-socialist-plahotniuc-vice-president-of-the-socialist-international/

http://socialistinternational.org/viewArticle.cfm?ArticleID=2498
http://www.socialistinternational.org/images/dynamicImages/files/Candidates%20elected%20at%20the%20XXV%20SI%20Congress.pdf

 

13/03/2017 – Au Bélarus, retour sur une nouvelle semaine de contestation

Cela n'aura pas suffi. Le 8 mars, la décision du président bélarusse Alexandre Loukachenko de repousser d'un an la taxe controversée sur le « parasitisme social » n'aura pas réussi à calmer les manifestations qui se poursuivent au Bélarus depuis près d'un mois.

Lire aussi sur Gare de l'Est : Bélarus : 2000 personnes manifestent contre le décret sur le « parasitisme social »

La semaine dernière, des rassemblements ont eu lieu dans cinq villes de province (Maladetchna, Pinsk, Orcha, Babrouïsk et Rahatchow). Les défilés ont réuni entre quelques centaines et plus d'un millier de personnes. À Orcha, où près de 1000 habitants ont battu le pavé, il s'agissait de la plus importante manifestation d'opposition depuis 1991.

Au cœur des mécontentements : l'entrée en vigueur d'une taxe de près de 220 euros pour les personnes travaillant moins de six mois par an et n'ayant pas réussi à remplir les conditions d'inscription aux agences pour la recherche d'emploi. Près de 470 000 personnes, sur une population de 10 millions de personnes, seraient concernées par cette taxe. Décidée dès 2015, l'entrée en vigueur de cet impôt - ou décret N°3 - intervient dans un contexte économique difficile pour le Bélarus : selon le Fond monétaire international, le PIB par an et par habitant serait passé de 7500 euros en 2014 à 4700 euros en 2016.

Premières arrestations

Face à la contestation, la réaction du pouvoir, connu pour son autoritarisme, a d’abord été très mesurée. Aucune arrestation n'a eu lieu avant jeudi dernier, date à laquelle une dizaine de militants et une journaliste ont été appréhendés. Les arrestations se sont poursuivies ce week-end. Au total, 47 personnes ont été placées derrière les barreaux. Lundi 13 mars, les premières comparutions immédiates ont condamné plusieurs blogueurs et opposants à des amendes et des peines allant jusqu'à 15 jours de prison. Des décisions de justice pour l'instant sans comparaison avec la répression de la contestation de décembre 2010, pendant laquelle près de 1000 personnes avaient été arrêtées et des centaines d'autres condamnées à de longues peines.

Le ton des autorités a toutefois évolué ces derniers jours. S'il s'était abstenu de s'en prendre aux contestataires, le président Loukachenko est sorti de son silence le 9 mars en les désignant « d'ordures » et en évoquant la possibilité de « leur dévisser la tête ». Tandis que l'agence d'information officielle Belta n'a pas fait état des manifestations, une émission du service public les a abordées le 12 mars sous l'angle des conséquences négatives de la révolution ukrainienne, titrant sur les « Leçons de Maïdan ». Un moyen comme un autre de mettre en garde les manifestants.

La crise russo-bélarusse en toile de fond

La relative fébrilité des autorités face à ce conflit social s’explique, selon certains observateurs, par la crainte de Minsk de voir les oppositions internes se renforcer alors que le pays fait face à une crise de ses relations avec la Russie. Les points de tensions entre Minsk et Moscou s'accumulent : désaccords sur le prix des hydrocarbures, différends commerciaux et agricoles, refus bélarusse de rouvrir une base militaire russe sur son sol, réinstallation de postes frontières côté russe... Face à cette évolution, l'expert Arseni Sevitski évoque une situation de « pré-crise » d'après le modèle de la « guerre hybride » conceptualisé par Valeri Gerasimov, le chef d'Etat-major de l'armée russe.

Lire aussi sur Gare de l'Est : Union douanière : fin de l'idylle entre Minsk et Moscou ?

Cela étant, rien ne semble pour l’instant arrêter les mobilisations. L'opposition nationaliste bélarusse, en retrait depuis le début de la contestation, prévoit une manifestation de grande ampleur le 15 mars à Minsk pour le Jour de la Constitution. Même si les autorités ont donné leur accord pour ce rassemblement, plusieurs commentateurs considèrent les condamnations de ces derniers jours comme une tentative, certes timide, de limiter l’ampleur de la prochaine mobilisation.

R.C.

 

03/03/2017 - Russie : le fonds d'Alexeï Navalny détaille la fortune secrète de Dmitri Medvedev

Deux yachts, un vignoble en Italie, un manoir, une datcha près de Sotchi, des terres et une entreprise agricole, un palais pétersbourgeois transformé en appartements privés avec ascenseurs pour véhicules… Dans une longue enquête publiée le 2 mars, le Fonds de Lutte contre la Corruption (FBK), créé par l'opposant Alexeï Navalny, révèle une liste de biens dont le propriétaire supposé serait le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev.

Docements à l'appui, le FBK affirme que l'homme politique contrôler des actifs à travers une série de fonds caritatifs représentant en tout environ 70 milliards de roubles (1,13 milliards d'euros).

L'une des maisons faisant partie, selon le FBK, du patrimoine de Dmitri Medvedev, lui aurait été offerte par l'un des oligarques les plus influents du pays : Alicher Ousmanov. Sur ce point précis, le directeur du FBK, Roman Roubanov, a demandé au Comité d'enquête russe, une haute-juridiction fédérale compétente pour mener des investigations anti-corruption, de se pencher sur l'affaire. De son côté, Alexeï Navalny exige qu’une enquête pour « détournements de fonds » soit ouverte.

Outre Alicher Ousmanov, le milliardaire Leonid Mikhelson et les entreprises Gazprom et Bashneft auraient alimenté les fonds concernés avec de multiples pots-de-vin et des crédits bancaires. Selon FBK, l'ensemble du système est géré par des proches de Medvedev placés aux postes clés, notamment son ancien camarade de classe, Ilia Eliseev.

L'attachée de presse de Dimitri Medvedev s'est refusée à tout commentaire, ajoutant seulement que cette enquête était celle d'un « opposant condamné par la loi ». Une référence à la condamnation d'Alexeï Navalny, début février 2017, à cinq ans de prison avec sursis pour détournements de fonds. Le frère de Dmitri Medvedev, quant à lui, a qualifié le travail de FBK d' « invention et de folklore ».

Sources :

La vidéo explicative d'Alexeï Navalny (sous-titres anglais disponibles) : https://www.youtube.com/watch?v=qrwlk7_GF9g

Schéma détaillé des actifs supposés de Dmitri Medvedev : https://dimon.navalny.com/

http://www.vedomosti.ru/politics/articles/2017/03/02/679701-zayavlenie-na-medvedeva

https://meduza.io/news/2017/03/02/brat-dmitriya-medvedeva-nazval-rassledovanie-fbk-vymyslom-i-folklorom

18/02/2017 – Bélarus : plus de 2000 manifestants contre le décret sur le « parasitisme social »

« Non à Loukachenko ! », « non à la dictature ! », « qui est le premier parasite ? Le président ! » : plus de 2 000 personnes, selon le site tut.by, ont manifesté vendredi 18 février dans le centre de la capitale bélarusse pour exiger l'annulation d'un décret sanctionnant « le parasitisme social ». La résolution des organisateurs, publiée sur le portail Khartia 97, appelle également à la tenue d'élections libres et à la fin des restrictions budgétaires.

Ce rassemblement était organisé par l'ancien candidat à la présidence, Mikola Statkevitch, libéré en 2015 après cinq années de détention, le poète Vladimir Nekliaïev et le dirigeant syndical indépendant, Guennady Fedynitch. Le cortège, qui s'est déplacé sans incident, a remonté la principale avenue de Minsk jusqu'au ministère des Impôts, où des demandes officielles de paiement ont été brûlées par des manifestants.

Le décret contesté, intitulé « sur la prévention de la dépendance sociale » a été signé par le président Alexandre Loukachenko en avril 2015. Il impose une taxe annuelle d'environ 200 dollars à ceux qui travaillent moins de 183 jours par an. Jeudi 15 février, les autorités ont annoncé que 46 000 personnes – sur les 430 000 concernées – avaient déjà payé leur dû. Selon les services fiscaux, la mesure – que les manifestants comparent au délit de parasitisme en vigueur pendant l'URSS – permettra de récolter sept millions de dollars. La date limite de paiement est fixée au 20 février.

Une opposition désunie

La manifestation de vendredi s'est toutefois déroulée sans l'appui des principaux partis d'opposition, dont les emblèmes et les drapeaux n'étaient pas visibles parmi la foule. Selon le politologue bélarusse, Anton Schreibman, « presque tous les « vieux » partis d'opposition […] ont ignoré la manifestation et avaient prédit son fiasco ». L'expert évoque une concurrence entre les mobilisations lancées par l'opposant Mikola Statkevitch et les autres partis, qui avaient plutôt prévu de se réunir le 25 mars, date à laquelle l'opposition et les courants nationalistes se réunissent habituellement.

Malgré les divisions, c'est la plus importante mobilisation de l'opposition depuis les troubles électoraux de 2010. A l'époque, la réélection d'Alexandre Loukachenko avait été suivie d'une vague de contestation sévèrement réprimée par le pouvoir, qui avait procédé à des milliers d'arrestations. Depuis 2014, Minsk a toutefois fait preuve de d'avantage de tolérance à l'égard de l'opposition dans un contexte de rapprochement avec l'Occident.

Lire aussi sur Gare de l'Est : Union douanière : fin de l’idylle entre le Bélarus et la Russie ?

Sources :

http://www.belaruspartisan.org/opinions/371383/

https://news.tut.by/economics/532031.html

http://www.rbc.ru/politics/17/02/2017/58a722079a7947bd5da87016



COMPTE-RENDU – Conférence "L'Ukraine au féminin" à Paris

Le 30 janvier, l'association culturelle franco-ukrainienne Q-rators a organisé au Centre culturel ukrainien de Paris une conférence autour du projet Polyphonie ukrainienne, initiative de la militante Camille Leprince et de la photographe, Lynn S.K. L’occasion également de présenter le documentaire Pendant ce temps (Mezh tem) des artistes ukrainiennes, Yuliia Appen, Natacha Tseliuba, Alexandra Vasina et Nikita Lyskov.

Se reconstruire et recommencer. Le projet photographique Polyphonie ukrainienne interroge la vie de femmes réfugiées de l'Est de l'Ukraine, de femmes engagées, dont les destins ont été bouleversés par la guerre. Le film Pendant ce temps donne, quant à lui, la parole à des Ukrainiennes qui ont quitté leur pays pour aller vivre en Europe occidentale.

Deux approches différentes, mais dans les deux cas, ces femmes ont tout abandonné, pour tout recommencer. Un parcours qui, parfois, les a enrichies : « la guerre m'a permis de prendre ma vie en main », affirme l’une des personnes citées par Camille Leprince. Il s’agit de quitter un village où il n'y a pas d'avenir, de s'engager pour son pays, de changer de profession, de vie.

Camille Leprince a recueilli ces témoignages grâce à une association qui permet aux victimes du conflit d'analyser leurs problèmes et de prendre du recul à travers le théâtre. Beaucoup d’entre elles taisent leur souffrance car, comme le précise la militante, « la parole des femmes est la première à disparaître » dans tous les conflits.

Les femmes émigrées ont, elles, une souffrance très différente, peut-être moins assourdissante, moins impressionnante, mais tout aussi palpable. Les emplois physiques et répétitifs qu'elles exercent peuvent être une mince évasion : « au moins ton esprit se repose », avoue l'une d'entre elles dans le film Pendant ce temps.

Identités plurielles

Vue d'Europe occidentale, la situation en Ukraine est souvent simplifiée à l'extrême, opposant des identités raccourcies et fantasmées. Mais la réalité est bien plus complexe : des identités en kaléidoscope entremêlent appartenances familiales, linguistiques, territoriales, sociales... qui se superposent, se fondent et ne peuvent être distinguées. La guerre accentue cette complexité.

« En cette période de conflit, on nous demande de choisir un camp […] il ne faudrait pas que cela nous divise à l'intérieur de nous-mêmes », témoigne l'une des femmes déplacées interrogée par Camille Leprince, relatant le fait qu'elle se voyait sommée de se définir comme Russe ou Ukrainienne.

A travers ces deux projets, une question revient en filigrane : « où est ma maison ? ». Les frontières se brouillent et les femmes émigrées, autant que celles déplacées, parlent du « prix à payer » : se sentir étrangère, même dans leur propre pays. Il y a la crainte de perdre quelque chose. « Peu importe le nombre d'années vécues à l'étranger,toutes vos cellules resteront ukrainiennes, même si vous apprenez cent langues », croit savoir l'une des femmes ayant choisi d’émigrer. La solitude et le déracinement sont pesants, voire étouffants, mais l'identité s'affirme et ne se laisse pas taire.

Camille Leprince et Yuliia Appen, présentes ce soir-là à Paris, livrent avec pudeur et avec un profond respect les paroles de ces femmes, tout en tentant de les protéger, de les préserver, malgré leur statut de « témoin ordinaire ». « La femme ukrainienne lambda n'existe pas », rappelle Camille Leprince.

En dépit des errances, de l’éloignement et des déchirements, la vie semble à chaque fois prendre le dessus. En témoignent les amours, les mariages et les enfants qui naissent. Car « la maison », au final, ne serait-ce pas tout simplement l’endroit où l’on peut créer ?

Constance Boris.

Photos de l'événement :

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1447801138577807&set=ms.c.eJw9jtsNwEAIwzaqCI8L7L9YdbTwaxkHuDNFTqEAZDz4QKIB7QcQySBTZY0MdfeqAfyMWIO4RuBMA9aGcBtsYLsC71mfBjQa6KzA6p4wMSC8~%3BzB7AVpjKQo~-.bps.a.1447800615244526.1073741846.100000438040697&type=3&theater

© Yuliia Appen for Q-rators

Liens :

Le Théâtre du Dialogue (ukr.) : http://tdd.org.ua/

L'association franco-ukrainienne Q-rators : https://www.facebook.com/pg/qratorsperformance/

15/02/2017 - Ciel noir à Krasnoïarsk

Des vagues de poussières et un brouillard quasi-impénétrable. Du 9 au 13 février, la ville de Krasnoïarsk a été à nouveau déclarée en situation de « ciel noir » par les autorités. Comme le rappelle le journal Novaya Gazeta, les recommandations faites aux habitants lors de ces situations sont maintenant bien connues : au mieux quitter la ville, sinon, réduire les sorties à l'extérieur, ne pas aérer les logements, laver plus souvent le sol et se rincer les voies respiratoires avec une solution salée.

En 2016, la troisième agglomération de Sibérie a connu officiellement 24 épisodes de « ciel noir » pour une durée totale de 58 jours. En cause : les émissions produites par la gigantesque usine d'aluminium KrAZ et par la centrale à charbon de la municipalité. Selon Novaya Gazeta, il faudrait déménager l'usine en banlieue et, dans le meilleur des cas, convertir la centrale à l'énergie gazière.

Ce n'est pas l'avis des élus locaux. Ces derniers pointent du doigt la pollution automobile et les émissions produites par les chauffages des particuliers. Ils recommandent la mise en place d'une circulation alternée. Aucune mention n'est faite des deux complexes industriels dénoncés par Novaya Gazeta, et propriétés respectives d'Oleg Deripaska et d'Andreï Malnitchenko, 41e et 11e fortunes de Russie.

De leur côté, le ministère de la Santé et les autorités sanitaires ne réagissent pas à ce que le journal désigne comme « l'adaptation des jeunes générations au smog ». Entre 2014 et 2015, la ville a enregistré une hausse sensible des cas de cancers « liés à l'environnement », selon les études officielles, ainsi que des maladies du sang et du système endocrinien.

Source :

https://www.novayagazeta.ru/articles/2017/02/13/71484-rezhim-chernogo-neba

14/02/2017 - Dans le Donbass, l'écrivain Zakhar Prilépine fait son coup de com'

L'air grave, le pistolet attaché autour de la cuisse, Zakhar Prilépine dirige des hommes sur le terrain. C'est l'image qui ressort de l'écrivain - l'un des plus vendus en Russie, dans un reportage-entretien publié le 13 février sur le site du quotidien Komsomolskaya Pravda.

Le « major Prilépine » y est présenté comme le suppléant du commandant d'un bataillon de spetznaz (forces spéciales) au sein de la République populaire de Donetsk, dont Prilépine se fait, depuis longtemps, l'un des plus ardents défenseurs. « Une unité a été créée sur mon initiative et nous allons nous efforcer d'entrer, comme des guerriers en armure, dans n'importe quelle ville proche qui nous a été enlevée pour diverses raisons », affirme-t-il dans l’interview.

L'article intervient alors que Prilépine vient de publier un recueil de biographies d'écrivains russes ayant également exercés des activités militaires. Prilépine affirme toutefois que « la littérature n'a rien à voir » avec son récent engagement et rappelle que sa vie a déjà été liée à l'armée. Dans les années 1990, il avait en effet été servi plusieurs mois en Tchétchénie et au Daguestan.

Pour expliquer son geste, Prilépine ne se prive cependant pas de multiplier les références aux grands auteurs, citant notamment Pouchkine. « Il [Pouchkine] a affirmé que la guerre est une occupation bien plus importante que les « relations adultères » de notre littérature ». Comme à son habitude, il s'en prend également aux « écrivains libéraux » incapables, selon lui, de prendre les armes.

Quelques heures après la publication du reportage, Prilépine a toutefois précisé que, contrairement à ce qui avait été annoncé initialement, « il n'avait jamais affirmé être le suppléant du commandant d'un bataillon ». Le retour à la réalité ?

Source :

https://meduza.io/en/news/2017/02/13/russian-writer-becomes-political-commissar-of-rebel-battalion-in-donetsk

http://www.kp.ru/daily/26642/3661850/

http://www.kp.ru/daily/26642.5/3661046/

13/02/2017 - Haut-Karabagh : un référendum pour renforcer le rôle du président

Les autorités de la République auto-proclamée du Haut-Karabagh ont rendu public, le 10 février dernier, le texte d'une nouvelle constitution qui doit être approuvée le 20 février par référendum. Plus de 100 000 personnes sont appelées aux urnes.

Lancé en mars 2016, ce projet de réforme constitutionnelle prévoit de renforcer considérablement les pouvoirs du président, qui sera à présent chargé de composer le gouvernement. Il pourra également dissoudre le Parlement.

La constitution actuelle fait reposer l'exécutif dans les mains du Premier ministre. La dissolution du Parlement est uniquement possible dans le cas où il rejette à deux reprises le programme du gouvernement.

Pour l'expert Kiro Manoian, interrogé par le site Kavkazkii Ouziol, cette réforme pourrait s'avérer un « obstacle au développement démocratique du Haut-Karabagh » et faire planer le risque d'une « super-présidence ». Le politologue Alexandre Iskandarian estime, de son côté, qu'un choix a dû être opéré entre démocratie et sécurité. Selon lui, depuis les violents combats d'avril 2016, « on observe un besoin de consolidation au sein de la société ».

En avril 2016, une recrudescence des affrontements entre l'armée azérie et karabadhtsie avait fait plus de 150 victimes et conduit à un nouveau cessez-le-feu.

Source :

http://www.kavkaz-uzel.eu/articles/297631/

http://www.kavkaz-uzel.eu/articles/297720/

 

09/02/2017 - Turkménistan : Human Rights Watch très pessimiste sur l’élection présidentielle

Dans une déclaration du 7 février, l’ONG Human Rights Watch estime que « la situation lamentable des droits de l’homme au Turkménistan compromet la possibilité d’une élection présidentielle libre et équitable ».

« La tenue de véritables élections est impossible quand les autorités maintiennent un contrôle étroit sur tous les aspects de la vie publique, en violant les droits fondamentaux liés à la liberté des medias, d’expression et de la société civile », a ajouté Hugh Williamson, le directeur de Human Rights Watch en Asie centrale.

Alors que le pays s’enfonce dans une crise économique sans précédent, l’élection présidentielle, prévue le 12 février, ne semble pas destinée à être différente de celles qu’a connues le Turkménistan depuis son indépendance en 1991.

Gurbanguly Berdymukhamedov, président depuis 2006, se présente à sa réélection contre neuf autres candidats. Pour la première fois, des personnalités issues d’autres partis que celui du président ont pu faire campagne, comme Durdygylych Orazov, pour le Parti Agraire, ou encore Bekmyrat Atalyev, un député membre du Parti des industriels et des entrepreneurs. Toutefois, le contrôle total des médias et de l’information par le gouvernement laisse très peu de chances à ces candidats de l’emporter.

En septembre dernier, une révision constitutionnelle, vue pour beaucoup comme un moyen pour Berdymukhamedov de rester président à vie, a levé la limite d’âge du chef de l’Etat et fait passer le mandat présidentiel de cinq à sept ans.

L’élection aura lieu dans un contexte économique très délicat pour Achgabat, qui a subi de plein fouet la baisse du prix global des hydrocarbures et perdu en l’espace de quelques mois deux importants importateurs de gaz : la Russie et l’Iran.

« La gravité de la crise économique est incroyable. Il y a des pénuries alimentaires et le gouvernement aurait interdit la pêche privée. Les populations centre-asiatiques sont généralement résilientes, mais le Turkménistan approche rapidement du point de non-retour », s’alarme Luca Ansechi, spécialiste du pays cité par Eurasianet.org.

La situation est cependant difficile à estimer précisément, tant Achgabat s’isole de la Communauté internationale, et ce malgré une pression exercée par de nombreuses institutions internationales sur la question des droits de l’homme. 

Sources : http://www.eurasianet.org/node/82311

http://www.timesca.com/index.php/news/17658-upcoming-presidential-election-in-turkmenistan-lacks-rights-protections-watchdog

06/02/17 – Union douanière : fin de l’idylle entre le Bélarus et la Russie ?

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a sévèrement critiqué la décision de Moscou de rétablir sa frontière avec le Bélarus. Lors d’une conférence de presse fleuve de sept heures, vendredi 3 février, Loukachenko a accusé son grand voisin de violer les accords internationaux, évoquant même une « agression politique ».

La cause de ces déclarations trouve son origine dans la décision des services de sécurité russes (FSB), le 2 février, de réinstaller des postes frontières et des panneaux de signalisation dans les trois provinces russes bordant la frontière avec le Belarus.  Cela n’avait plus été le cas depuis 1995, lors de l’instauration d’une première union douanière entre les deux pays.

La Russie estime que la mise en place par Minsk, début janvier, d’un régime sans visas de cinq jours pour les citoyens de 80 pays met en danger la protection de son territoire national. Le service de presse du Kremlin assure cependant que les changements dans les zones frontalières n'affecteront que les ressortissants de pays tiers et pas les citoyens russes et bélarusses.

Les différends liés à la zone de libre circulation ont commencé en 2014. Alors que la Russie mettait en place des « contre-sanctions » à l’égard des produits européens, Minsk avait refusé d’adopter des mesures similaires. La Russie avait alors renforcé ses contrôles des marchandises à la frontière, craignant un contournement des sanctions et un ré-étiquetage des produits au Bélarus.

Lors de sa conférence annuelle, le président bélarusse a également demandé des poursuites pénales à l’encontre du chef des services d’inspection sanitaire russe (Roselkhoznadzor). Depuis près d’un an, ces derniers imposent en effet des restrictions sur l’importation de produits bélarusses en Russie. En réaction à ces déclarations, le Roselkhoznadzor a annoncé, le lendemain, suspendre les importations de bœuf Bélarus en provenance de la province de Minsk.

Sources :

http://www.rbc.ru/newspaper/2017/02/06/58947ac99a7947f47c832f01

http://www.rfi.fr/emission/20170204-russie-bielorussie-epilogue-bataille-gaz-poutine-loukachenko

02/02/2017 - Moscou lance la dernière étape de la distribution de terres en Extrême-Orient

Quelques heures après le lancement de la troisième et dernière étape de campagne de distribution gratuite de terres en Sibérie orientale et en Extrême-Orient, mercredi 1er février, près de 2500 Russes avaient déposé une demande. Selon les prévisions, en 2017, le nombre de demandeurs devrait atteindre environ 100 000 personnes, alors que 43 000 personnes se sont déjà inscrites à l'une des étapes du programme.

Des spécialistes sillonnent les grandes villes toute l’année pour présenter cette mesure et ses avantages : exonération d’impôt foncier pour les familles nombreuses ou aides à l’installation. Un « Centre de soutien des destinataires de l’hectare de l’Extrême-Orient » a même ouvert ses portes dans le kraï du Primorié, réunissant juristes, ingénieurs agraires ou encore spécialistes du cadastre pour aider les nouveaux arrivants à s’installer.

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En vigueur depuis juin 2016, cette loi appelée « hectare de l’Extrême-Orient » vise à développer des terres abandonnées dans les régions éloignées de Sibérie. Selon les statistiques officielles, les régions les plus demandées par les Russes sont les kraï du Primorié, de Khabarovsk, et la République de Sakha (Yakoutie). La loi concerne non seulement les habitants des régions concernées, mais également l’ensemble des citoyens russes depuis octobre 2016. Les bénéficiaires pourront utiliser la terre gratuitement pendant cinq ans au maximum. Passé ce délai, l’acquisition ou la location du terrain sera possible sous certaines conditions.

Sources : https://rg.ru/2017/02/01/za-neskolko-chasov-rossiiane-podali-tysiachi-zaiavok-na-besplatnyj-gektar.html

http://www.russieinfo.com/des-terres-gratuites-en-extreme-orient-russe-2016-06-01

31/01/17 – La Russie prolonge officiellement sa présence militaire au Kirghizstan

 

L’accord sur le statut des bases militaires russes au Kirghizstan est entré en vigueur en 2017. Signé en 2012, il sanctuarise les installations militaires russes sur le sol kirghiz pour quinze ans, prolongeable par tranches de cinq ans.

Ce décret réunit les différentes bases russes dans le pays, plaçant ainsi la base aérienne de Kant, la base d’essai du Lac Issyk-Koul, les installations de Chadlybar et le complexe autonome d’études sismiques de Mailuu-Suu sous un seul et même commandement, bénéficiant des mêmes règles de présence.

La Russie devra s’acquitter de 4,5 millions de dollars par an pour les loyers des bases d’Issyk-Koul et de Chadlybar. L’État kirghiz ne percevra pourtant pas de loyer pour les installations de Mailuu-Suu, en échange de quoi la Russie s’engage à fournir les données récoltées à l’Institut de sismologie du Kirghizstan. La base de Kant, quant à elle, est exceptée de loyer car elle fait partie des bases de réaction rapides de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective, organisation régionale qui lie six États de l’ex-URSS. . Les soldats russes, ainsi que des membres de leurs familles continueront à jouir d’une immunité juridique et administrative et la propriété de la base militaire russe restera inviolable.

La forte présence militaire russe au Kirghizstan est un sujet très largement répandu dans le débat public local. Le Kirghizstan, qui abritait jusqu’en 2014 une base aérienne américaine, dispose d’une armée de 12 à 15 000 hommes aux capacités vieillissantes. Bichkek compte donc beaucoup sur un partenariat stratégique avec la Russie pour sa défense.

Au fil des années et des relations entre les deux pays, il a entre autre été question augmenter le loyer des bases par 10 ou 20, d’exiger la formation des militaires kirghiz par les Russes, de fermer la base, ou même encore d’en ouvrir une autre dans le sud du pays.

Source : http://www.ng.ru/cis/2017-01-31/1_6916_kirgizia.html

Photo : Base militaire russe de Kant. Crédit : Mil.ru

31/01/17 – Ukraine : nouvel embrassement dans le Donbass

Le weekend du 28 au 29 janvier, les tensions ont été particulièrement vives dans la région d’Avdïvka, au nord de Donestk, où une offensive séparatiste serait en cours. Selon le dernier bilan du ministère des Affaires étrangères ukrainien, neuf personnes ont perdu la vie et une cinquante d’autres ont été blessées

Une unité de l’armée ukrainienne a par ailleurs annoncé sur Facebook le 30 janvier qu’une centaine de combattants séparatistes auraient été tués ces deux derniers jours. Cette ville de 17 000 habitants, contrôlée par les forces de Kiev, est le théâtre d’affrontement à l’arme légère et aux lance-roquettes Grad.

Le 31 janvier, le service des situations d’urgence a décidé de l’évacuation de près de 12 000 civils dans la zone d’Avdïvka. 80 bus et des trains ont été affrétés pour permettre l’éloignement des habitants.

Des mesures d’urgences ont également été mises en place dans l’usine de charbon de la région, et au niveau des centrales de chauffage, pour faire face aux températures très basses des prochains jours (-18°C annoncés le 1er février dans la région). Les combats ont en effet entraîné des coupures d’eau et d’électricité qui ont obligées les autorités à déployer un important dispositif d’urgence pour fournir nourriture et chauffage aux habitants.

Le président ukrainien Petro Porochenko, qui a écourté sa visite en Allemagne, a appelé le Groupe de contact trilatéral (Russie, Ukraine, OSCE) à se réunir rapidement.  

Sources : http://www.pravda.com.ua/rus/news/2017/01/31/7133974/

https://www.unian.net/politics/1750306-v-vsu-raskryili-kolichestvo-likvidirovannyih-rossiyskih-voennyih-za-dva-dnya-boev-na-donbasse.html

26/01/17 – La délicate question du statut juridique de la mer Caspienne

Le sommet des pays riverains de la mer Caspienne - qui se tiendra à Astana dans l’année qui vient,  pourrait enfin voir la signature d’un traité définissant le statut juridique de cette étendue partagée entre la Russie, le Kazakhstan, le Turkménistan, l’Iran et l’Azerbaïdjan.

Le vice-ministre des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, Khalaf Khalafov, a salué le 25 janvier dernier les progrès effectués par le groupe de travail spécial sur l'élaboration d'une Convention sur le bassin de la Caspienne. Des accords ont en particulier été trouvés entre l’Azerbaïdjan, la Russie et le Kazakhstan sur la répartition des fonds marins.

Pendant l'époque soviétique, l’utilisation de la mer et de ses ressources étaient encadrées par un Traité entre l’Iran et l’URSS. Depuis 1991, les cinq pays riverains de la Caspienne échouent à trouver un accord. Deux visions s’affrontent et évoluent au gré des découvertes de gisements d’hydrocarbures. L'une propose un partage de la mer à parts égales, l'autre s'appuie sur le droit international de la mer, qui instaure des eaux territoriales en fonction de la longueur des côtes de chaque pays.

La différence entre les deux statuts juridiques est fondamentale d’un point de vue stratégique puisqu’il implique le partage d'immenses ressources naturelles, mais soulève également des enjeux liés au transport et à l’utilisation du fond de la mer.

Stanislas Prichine, chercheur au Centre d'études sur l'Asie Centrale, du Caucase et de la région de la Volga ne croit pas à une partition sur la base du droit international : « La position de l’Iran n’a pas changé et Téhéran n’a toujours pas donné son accord à la partition de la mer ». L’Iran soutient en effet toujours la répartition en cinq parts égales, alors que les autres pays étaient séduits par une proposition russe préconisant l’application d’un droit de la mer légèrement remanié. Selon ce mode de calcul, l’Iran n’aurait accès qu’à 13% de la mer, contre 29% pour le Kazakhstan.

La question de l’utilisation du fond marin est également délicate. Elle oppose notamment le Turkménistan à l'Iran et à la Russie. Achgabat souhaite en effet pouvoir construire des gazoducs sous-marins sans l’avis de ses voisins. Enfin, les hésitations et atermoiements des négociateurs ayant conduit au fil des années à la militarisation de la mer Caspienne, la question de la place des navires de guerre et de leur circulation reste tout aussi sensible. 

Source : http://www.ng.ru/cis/2017-01-25/1_6912_kaspi.html

25/01/17 - Russie : un programme de développement pour le système pénitentiaire

Le service fédéral d'exécution des peines a dévoilé une partie du nouveau programme fédéral de développement du système pénitentiaire pour la période 2017-2025, qui devrait aboutir à un projet de loi avant le 21 février. Les premières propositions rendues publiques résident principalement dans l’augmentation du nombre de place dans les prisons et les camps, ainsi qu’une augmentation du nombre de travailleurs pénitentiaires.  

Actuellement l’infrastructure pénitentiaire russe compte 970 établissements colonies pénitentiaires, prisons, prisons médicales, établissements d’éducation fermés…. La construction de nouveaux lieux de détention est jugée nécessaire à l’amélioration des conditions d’emprisonnement, pour les rendre conformes aux normes internationales. De nombreuses organisations de défense des Droits de l’Homme combattent les conditions de vie dans les prisons russes, qui font l’objet de nombreuses requêtes auprès de la CEDH chaque année. Outre la surpopulation, les anciens détenus dénoncent le manque d’accès à l’hygiène, aux soins médicaux, les fouilles corporelles systématiques, mais aussi la brutalité et la corruption du personnel pénitentiaire.

Le dirigent de l’organisation « Pour les droits de l’Homme », Lev Ponomarev, estime que pour venir à bout du problème central qu’est celui de la surpopulation dans les établissements pénitentiaires, il serait moins onéreux de décider d’une amnistie à grande échelle, et de l’adoption d’une justice pénale moins centrée sur les peines carcérales.

De son côté, Valery Borchtchev, membre de la Commission civique d’observation de la région de Moscou estime que l’inégalité de la répartition géographique des colonies et prison est préoccupante : « Nous avons besoin de colonies dans le centre du pays et dans sa partie européenne. Il faut se débarrasser de notre héritage du GOULAG, qui fait qu’un grand nombre de camps se situent en Sibérie Selon le code Pénal, il est recommandé d’emprisonner les gens à proximité de leur lieu de résidence. La détérioration des relations familiales a en effet un impact négatif sur les gens ».

Le financement d’un tel programme s’élèverait à 96,5 milliards de roubles (soit 1,5 milliard d’euros). Au cours des 10 dernières années, le budget du service fédéral d’exécution des peines a été multiplié par 6, alors que dans la même période, le nombre de détenus a diminué de 820 000 à 650 000.

Sources : http://www.ng.ru/politics/2017-01-25/3_6911_turma.html

http://www.gddc.pt/direitos-humanos/portugal-dh/acordaos/docs/FICHES_Conditions_de_dtention_FR.pdf

24/01/17 – Russie : l’endettement des ménages à la loupe

Selon une étude de United Credit Russie, environ 60% des russes actifs ont contracté un emprunt bancaire. Dans certaines régions cependant, ce taux frise les 100%, comme dans les régions de l’Altaï, Kourgan ou encore en Bouriatie.

La somme moyenne de l’emprunt a cependant diminué par rapport à l’année dernière, de 214 à 209 mille roubles (environ 3200€-3300€). Mais les disparités régionales sont immenses : la somme moyenne des emprunts contractés en Tchoukotka, dans la région de Khanty-Mansiysk ou dans à Magadan est ainsi d’environ 482 mille roubles par personne, soit environ 7500€.

« Beaucoup ont besoin d'améliorer leurs conditions de logement et de qualité de vie rapidement. A l’exception des prêts, il n’y a malheureusement pas d’autres façons de changer la situation de la plupart des russes. » explique Constantin Ordov, professeur de gestion à l’Université Plekhanov.

Selon un sondage de la Haute école d’économie, une famille russe sur 5 ayant un prêt à rembourser, y consacre la moitié de ses revenus, et près de 25% y consacre un tiers de son budget. Les experts interrogés par Rossiskaya Gazeta s’alarment en outre de la multiplication des cas de familles qui contractent des emprunts pour en rembourser d’autres. La responsabilité des banques peu regardantes sur la solvabilité de leurs clients serait en cause.

La banque de Russie doit faire dans les prochaines semaines des propositions pour réduire l’endettement des ménages et devrait également lancer une nouvelle méthodologie pour le mesurer. 

 

Source : https://rg.ru/2017/01/22/za-god-chislo-zaemshchikov-v-rossii-vyroslo-do-447-mln-chelovek.html

23/01/17 – Ukraine : un projet de loi rendant la langue ukrainienne obligatoire

33 députés de différents groupes parlementaires ont déposé un projet de loi visant à rendre obligatoire l’utilisation de la langue ukrainienne dans la sphère publique. Ils proposent en effet l’utilisation de l’ukrainien dans les magasins, les médias, dans l’enseignement supérieur mais aussi la traduction des spectacles.

Ils proposent également la création d’ « inspecteurs de la langue », et l’introduction d’amendes entre 3000 et 8000 grivnas en cas de violation de la loi (entre 100 et 275€) . L’une des co-auteurs du projet, la députée du Bloc Porochenko Oksana Iurynets estime qu’il s’agit là une façon de « réparer les erreurs » causée par la loi sur les langues régionales.

Aujourd’hui en Ukraine la Constitution garantit la langue ukrainienne comme langue nationale. Une loi supplémentaire adoptée en 2012 définit les langues régionales, comme le russe, utilisées par les minorités nationales, que des députés proposent d’abroger. Depuis la révolution de Maïdan, plusieurs propositions visant à supprimer la langue russe de l’espace public avaient déjà provoqué de vifs émois et débats au sein de la société ukrainienne.

Source : http://www.segodnya.ua/politics/pnews/novyy-zakon-o-yazyke-nuzhen-dlya-ispravleniya-dopushchennyh-oshibok-nardep-790646.html