Brèves

02/08/17 – Crimée : Poutine signe une loi sur l'effacement des dettes ukrainiennes

Le 31 juillet, le président russe a paraphé un texte autorisant les résidents de la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014, à ne pas rembourser les dettes dues à des banques ukrainiennes. Le brutal changement de système bancaire a entrainé dans la péninsule d’épineux problèmes de transferts de prêts. La loi permettra la remise à zéro ou le rééchelonnement de prêts demandés dans des banques ukrainiennes, jusqu’à 5 millions de roubles pour les personnes morales (69 650 euros).

Le président du comité de la Douma sur les marchés financiers, Anatoli Aksakov, a de son côté justifié la loi comme une « protection » pour les emprunteurs. Un conseil de surveillance et une agence spécialisés seront par ailleurs créés suite à cette loi, pour permettre le suivi des dossiers de dette. Des allégements et conditions préférentielles seront également mises en place concernant la dette publique de la Crimée.

La banque nationale ukrainienne considère que l’annexion de la Crimée a fait perdre au pays plus de 22 milliards de hryvnias, soit 717 millions d’euros. Selon le journal russe Izvestia, la Crimée aurait attiré 27 milliards de roubles d’investissements. Les investissements privés aurait été treize fois supérieurs à ceux de l’État.

Le même jour, le Président Poutine a signé une loi de simplification de l’obtention de la nationalité russe pour les ressortissants ukrainiens, s’attirant les foudres de Kiev. Le texte exige par ailleurs le reniement de la nationalité d’origine. En réponse, la Rada ukrainienne envisage de rétablir les visas pour les Russes à l’entrée du territoire national.

Sources :

http://finance.liga.net/banks/2017/8/1/news/54148.htm  

https://strana.ua/news/84600-putin-podpisal-zakon-o-publichnom-otkaze-ot-grazhdanstva-dlya-ukraincev.html

https://ria.ru/society/20170731/1499494955.html

25/07/17 – Russie : l'autonomie du Tatarstan reste en suspens

L’accord entre le gouvernement fédéral et la République du Tatarstan, garantissant son autonomie au sein de la Fédération russe, a expiré lundi 24 juillet. Aucune date de renouvellement de l'accord n'a été fixée pour le moment.

Après la chute de l’URSS, le Tatarstan et la Tchétchénie ont refusé de signer le traité fédératif consolidant la structure centrale du nouvel État russe. Le Tatarstan a obtenu un traité spécifique lui assurant une souveraineté régionale. Signé en 1994, il donne à la République le droit de légiférer, de posséder son propre système fiscal, de contrôler son budget et même de défendre ses intérêts à l’étranger. Ce type d'accord était en vigueur dans quarante-cinq autres régions russes jusqu’à la reprise en main centralisatrice du Président Vladimir Poutine, à partir de 2000. En 2009, seules la République tchétchène et la République du Tatarstan bénéficiaient encore de ces avantages. L’année suivante, Ramzan Kadyrov, le leader tchétchène, se retirait volontairement de l’accord, estimant publiquement que la Russie ne pouvait avoir « qu’un seul président ».

L’accord entre Kazan et Moscou souligne que la région est toujours considérée comme « spéciale » par le pouvoir central. S'il n’est pas reconduit, comme le prévoient les Tatars, ce serait une disgrâce pour Rustam Minnikhanov, le président de la République, qui s’est illustré dans un mouvement de protestation des régions russes contre les coupes budgétaires. Selon Abbas Gallyamov, consultant politique et ancien chef de l’administration présidentielle de la République de Bachkirie, la non-prolongation de l'accord pourrait représenter une punition de la part de Moscou vis-à-vis de  cette gronde, même si cela risquerait d'entrainer une poussée du nationalisme tatar dont le Kremlin se passerait bien.

Sources : https://worldview.stratfor.com/article/tatarstan-last-autonomous-republic-russia

https://themoscowtimes.com/articles/tatarstan-special-status-expires-58483

4/07/17 – Russie : Une plainte a été déposée sur la loi sur les rénovations des khrouchtchevki

La loi fédérale sur la destruction des khrouchtchevki, immeubles caractéristiques des villes ex-soviétiques, construits dans l’urgence dans les années 1960, fait l’objet d’une plainte, déposée devant la Cour Constitutionnelle le 3 juillet.

C’est une résidente moscovite, Oksana Yunanova, dont l’appartement était concerné par le programme de rénovation, qui est à l’initiative de cette plainte, pour violation du droit de propriété, et création d’une incertitude juridique. « Nul ne peut être privé de sa propriété que par une décision de justice » déclare en effet l’article 35 de la Constitution russe. La plainte souligne que les exceptions à cet article, pour des raisons de sécurité d’Etat, de moralité, de santé et de droits des tiers, indiqués à l'article 55 ne sont pas évocables pour cette loi de rénovation. La loi sur les « rénovations » fait polémique dans la capitale russe depuis son annonce le 21 février. La fronde s’est encore amplifiée après la discussion, mi-mars, par la Douma, d’un projet de loi donnant à la mairie de Moscou de larges pouvoirs pour mettre en œuvre le projet, notamment des expulsions sans possibilité d’appel.

Adoptée le 14 juin malgré la résistance des riverains, ce texte a été signé par le Président le 1er juillet, entrant en vigueur immédiatement, et empêchant, de fait, certaines réunions de copropriétaires engagés dans une « concertation ». Quatre mille logements moscovites sont concernés. Les habitants s’inquiètent principalement du flou concernant leur relogement et la liste exacte des habitations concernées.

Sources :

RBK : http://www.rbc.ru/newspaper/2017/07/04/595a3ef19a794773f8a468f1

Kommersant : https://www.kommersant.ru/doc/3342777

En savoir plus : Notre dossier sur la question, dans Gare de l’Est n°7

4/07/17 – Russie : mise en place d’un programme de nettoyage de la Volga

D’ici 2020, la Volga sera « neuf fois plus pure », selon le quotidien Izvestia. A la demande de Vladimir Poutine, la Douma planche en effet sur un programme intitulé « Assainissement de la Volga ». Adopté le 28 juin, il devrait permettre l’amélioration de la vie des 28 millions de russes qui vivent au bord du plus grand fleuve d’Europe.

Le ministre des ressources naturelles et de l’écologie Sergueï Donskoï a présenté les objectifs du programme : réduction de la contamination de l’eau du fleuve, élimination des objets dangereux, préservation de la biodiversité et préservation du delta.

Le bassin, qui concentre 45% des entreprises industrielles et de 50% de la capacité agricole du pays reste « préoccupant » selon le ministre. Près de 60 millions de personnes utilisent la Volga comme source d’eau potable, alors qu’elle reçoit chaque année plus de 6km3 d’eaux usées non traitées, venant principalement d’entreprises publiques.

Source :

Izvestia http://iz.ru/612965/oleg-fochkin/minprirody-obiavilo-o-starte-proekta-sokhraneniia-glavnoi-reki-rossii

30/06/17 – Russie : réduction drastique du budget pour l’Arctique

Le programme fédéral pour le développement de l’Arctique supervisé par le ministère du développement économique avait initialement été doté d’un budget de 209 milliards de roubles (3,1 milliards d’euros) en janvier 2017, d’ici 2025.

Cependant la passe budgétaire compliquée que traverse le pays vient le programme de façon spectaculaire, réduisant le budget initial drastique pour le porter selon les dernières informations à 12,4 milliards de roubles soit 184 millions d’euros. Deux réductions successives auraient été décidées par Dmitri Rogozin, vice-premier ministre puis par Dmitri Medvedev. La version modifiée du programme devra être adopté par le gouvernement à la fin de l’été. RBK précise que pour l’heure, aucun officiel contacté ne souhaite s’exprimer sur la question.

La plus grande partie des fonds devraient être consacrés à la conception et à la construction de la plateforme « Pôle Nord » pour Roshydromet, l’agence fédérale pour l’hydrométéorologie et l’étude de l’environnement. Cette plateforme dérivante et résistance aux glaces sera consacrée à l’étude polaire, notamment aux questions météorologiques et au mouvement des glaces. Une autre partie des fonds alloués par le programme fédéral sera employée à la modernisation des chantiers navals de Yakoutie. Près d’un milliard de roubles doivent ainsi être utilisés pour renforcer la sécurité dans la région, où vivent 2,3 millions de russes. Enfin, le reste des fonds devraient être employé dans des programmes de nettoyage des fonds arctiques, notamment pour les déchets radioactifs et de la recherche sur les sols. Les projets les plus coûteux inclus dans le projet initial de construction de brise-glace atomique et de recherche avancée sur le plateau continental pourraient être retardés.

En revanche, les investissements du ministère de la Défense russe concernant l’Arctique ne seront pas impactés par cette réduction budgétaire. Vladimir Poutine compte également beaucoup sur les investissements privés dans le secteur énergétique, et ce, malgré les sanctions sur les exportations européennes d’équipements destinés à la recherche d’hydrocarbures en eau profonde. Ainsi, l’exploitation du gisement Yamal, à laquelle Total participe, devrait produire 16,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an, qui seront acheminés en Europe et en Asie par une armada de méthaniers brise-glace. Des projets similaires, portés par Rosneft ou Gazprom sont considérablement ralentis par ce contexte de sanctions. 

L’Arctique est depuis longtemps le centre de l’attention de la Russie en termes de développement économique et de revendications territoriales. Dès 2015, Dimitri Rogozine annonçait clairement : « L'Arctique, c'est notre territoire, nous en assurerons la sécurité. Et nous y ferons aussi de l'argent ». Le pays souhaite prouver que le plateau continental s'étend au-delà des 200 milles nautiques actuels, ce qui lui permettra de revendiquer 1,2 millions de kilomètres carrés supplémentaires dans une région qui renfermerait 20% des réserves d'hydrocarbure mondiale. 

Sources : RBK http://www.rbc.ru/newspaper/2017/07/03/59550a479a794700f2cca257

Le Temps https://www.letemps.ch/monde/2017/03/31/russie-se-deploie-larctique

Total http://www.total.com/fr/expertise-energies/projets/petrole-gaz/gnl/yamal-lng

28/06/17 – Russie : vers le blocage des médias étrangers ?

Le Conseil de la Fédération a précisé, le 28 juin, le concept de « l'ingérence dans les affaires intérieures d'un Etat souverain », annonçant s’apprêter à prendre des mesures face à menaces, réelles ou supposées telles. Selon Andrei Klimov, vice-président du Comité des relations internationales, l’une des réponses envisagées pourrait être le « blocage » de médias étrangers qui font « de la propagande » pour un candidat en particulier lors d’une élection en Russie. Un « organisme habilité » sera chargé d’en décider.

Selon la sénatrice Ludmila Bokova en charge de la proposition « il serait logique d’exiger des médias étrangers [qui couvrent une campagne électorale en Russie ndlr] des renseignements supplémentaires ou de les soumettre à la loi fédérale concernant les agents de l’étranger ».

Depuis le 14 juin, Une commission de « protection de la souveraineté de l'Etat » est déjà chargée de « surveiller l’influence étrangère et des organisations internationales » actives dans les sphères politiques, économiques ou culturelles. Présidée par Andrei Klimov et composée de 10 sénateurs, cette commission rédigera un « livre noir » des menaces auxquelles doit faire face la Russie.

La présidente du Conseil de la Fédération, Valentina Matvienko et Andrei Klimov justifient ces initiatives comme des réponses aux déclarations de parlementaires américains qui ont largement mis en cause l’influence de Russia Today dans le déroulé de la présidentielle américaine de 2016. Influence jugée « imaginaire » par la présidente du Conseil de la Fédération.

En Russie la législation est déjà stricte en ce qui concerne l’exercice des médias nationaux et étrangers. La part étrangère dans le capital des grands médias est par exemple limitée à 20%.

 

Sources : https://www.vedomosti.ru/politics/articles/2017/06/29/700933-komissiya-inostrannim-vmeshatelstvom

http://www.rbc.ru/newspaper/2017/06/29/5953cd2c9a794745aa375b4c

26/06/17 – La Russie entre en guerre contre l’application Telegram

La Russie reproche à l’application cryptée Telegram de refuser de coopérer avec les autorités fédérales, celle-ci refusant de leur fournir des informations sur les utilisateurs de l’appli.

De fait, depuis la loi sur les données adoptée en 2016, Roskomnadzor, l’agence russe de régulation des médias et télécommunications exige des services de messagerie, des moteurs de recherche et des réseaux sociaux qu’ils conservent les données des utilisateurs, les informations concernant la réception de photos ou de messages etc. et qu’ils partagent leurs clefs de chiffrement aux autorités russes. Selon la loi, ces données doivent être stockées sur le territoire de la Fédération, et pouvoir être consultées sur simple demande du FSB.

Le vendredi, le 23 juin, le chef de Roskomnadzor Alexandre Jarov a publié une lettre ouverte à destination du propriétaire et créateur de Telegram, Pavel Dourov, exigeant de fournir ces informations, et menaçant de bloquer le système de messagerie sur le territoire russe.

La querelle entre le développeur et le FSB n’est pas nouvelle : le FSB a ainsi annoncé avoir découvert que l’application Telegram avait été utilisée dans la préparation de l’attentat de Saint Pétersbourg, le 3 avril 2017. Dourov estime que cette découverte, annoncée trois mois après le début de l’enquête, n’est qu’un prétexte pour l’agence fédérale pour durcir un peu plus son contrôle sur les télécommunications et la population.

D’autres messageries instantanées et réseaux sociaux ont déjà été bloqués en Russie dans le cadre de bras de fer similaires. L’application chinoise WeChat a ainsi été bloquée pendant quelques jours début mai, avant que l’entreprise fournisse à la Russie les données demandées.

Telegram a été lancé en 2013 par Pavel Dourov, créateur du réseau social Vkontakte, et permet l’envoi de messages, photos ou vidéos de manière très sécurisé. Elle est régulièrement pointée pour avoir été utilisée comme moyen de communication par des terroristes.  

Source : http://www.rbc.ru/newspaper/2017/06/27/5951047c9a7947254e323329

25/06/17 - Moldavie : L’ancien président roumain Traian Basescu élu président honoraire du parti unioniste

L’ancien Chef d’Etat roumain a été élu le 25 juin, président honoraire du Parti National de l’Unité, fondé par l’ancien ministre de la défense moldave, Anatol Salaru. Selon le quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta, Traian Basescu pourrait même se présenter aux élections législatives moldaves et prendre part au débat qui divise la société sur la réunification du pays avec la Roumanie.

Lors du congrès du Parti, il s’est élevé contre la politique pro-russe de l’actuel président moldave, Igor Dodon, élu en décembre dernier, l’accusant d’être le « caniche de Poutine », et que la Moldavie « subisse la pauvreté et le manque de liberté » comme les autres pays de la CEI. De son côté, Dodon a qualifié Basescu de « l'un des plus radicaux et absurde représentant de l’unionisme ».  

Président de la Roumanie de 2004 à 2014, Basescu s’était positionné officiellement pour l’unification du pays avec son voisin moldave et avait multiplié mesures de coopérations entre les deux pays. Il avait notamment signé un accord de coopération entre les armées des deux pays. Il a récemment rappelé les liens qui unissent les deux pays, et notamment le fait que la « Roumanie offre aux citoyens moldaves des bourses d'études et la chance de devenir des citoyens européens».

L’ancien président ne pourra occuper ses nouvelles fonctions uniquement lorsque la nationalité moldave lui sera restituée. L’ancien président moldave Nicolae Timofti la lui avait octroyée en 2016, avant que le nouveau président Dodon la suspende.  

Le Parti National de l’Unité a été enregistré le 22 juin dernier auprès du Ministère de la Justice et a pour objectif de devenir la première force politique de droite en Moldavie.

Source : http://www.ng.ru/cis/2017-06-26/1_7016_president.html

Pour en savoir plus : La Moldavie d’Igor Dodon, Gare de l’Est

23/06/17 – Russie : Alexei Navalny déclaré inéligible

La commission électorale russe a déclaré le 23 juin, que l’opposant Alexei Navalny ne pourrait pas se présenter aux élections présidentielles de mars prochain en raison de sa condamnation pour détournements de fonds. L’ancien blogueur a été condamné en février par un tribunal de Kirov à une peine de cinq ans de prison avec sursis et à une amende de 500 000 roubles (7 900 euros) pour des faits remontant à 2009. Navalny, alors consultant pour le gouverneur de la région de Kirov aurait détourné l’équivalent de 400 000 euros au détriment d'une société publique d'exploitation forestière. Le militant anti-corruption a fait appel de cette décision, déjà jugée «arbitraire» et «de nature politique» par la CEDH.

Déterminé à se présenter, celui qui a obtenu 27% des voix lors des élections municipales de Moscou en 2013 a déjà été condamné plusieurs fois dans des affaires de détournement de fonds, distribution illégales de tracts ou encore pour appel à manifester illégalement. Organisateur des deux journées de manifestations les 26 mars et 12 juin dernier, il purge actuellement une peine de trente jours de prison pour n’avoir pas déclaré ces rassemblements.

Selon ses partisans, sa candidature, annoncée en décembre 2016 ne sera pas perturbée par ses condamnations, qui estiment que la Constitution n’interdit pas à Navalny de se présenter.

23/05/2017 - Russie : Kirill Serebrennikov et le Centre Gogol visés par une enquête pour détournements de fonds

Le 23 mai dernier, la police a mené une perquisition musclée au théâtre et au domicile de Kirill Serebrennikov, célèbre directeur artistique du Centre Gogol et lauréat du prix François-Chalais décerné au Festival de Cannes. Le metteur en scène a par la suite été placé en résidence surveillée, ainsi que plusieurs de ses collaborateurs accusés du détournement de près de 200 millions de roubles.

Les perquisitions ont eu lieu dans le cadre d’une affaire de fraude à grande échelle, dont l’enquête dure depuis deux ans. Selon les enquêteurs, une organisation à but non lucratif « Studio Sept » dirigée par Serebrennikov aurait bénéficié de fonds du ministère de la Culture qui auraient été détournés.

De nombreux artistes se sont réunis pour soutenir le Centre et son directeur, dont Tchoulpan Khamatova connue pour son rôle dans Good Bye Lenin ! de Wolfgang Becker qui a déclaré : « Kirill Serebrennikov est l'un des plus brillants réalisateurs russes, dont les mérites sont reconnus non seulement dans notre pays, mais aussi partout dans le monde. Nous le savons honnête et respectable.»

Kirill Serebrennikov, metteur en scène et réalisateur, est bien connu en Russie et en Europe. Son dernier film « Le Disciple » avait été présenté à Cannes en 2016. Il se prépare à mettre en scène plusieurs opéras et ballets, dont le ballet « Noureev » qui sera à l’affiche du Grand Théâtre de Moscou cet été.

En savoir plus : http://www.lemonde.fr/culture/article/2017/05/31/le-theatre-francais-soutien-kirill-serebrennikov_5136352_3246.html

 

19/05/2017 - La Douma russe envisage la déchéance de nationalité pour les terroristes

Le 19 mai, la Douma a adopté en première lecture un projet de loi qui permettrait de déchoir de la nationalité russe les personnes coupables de graves infractions à la loi. Elle vise tout particulièrement, les cas de terrorisme, même si les condamnés n’ont pas d’autre nationalité.

La version initiale du texte, déposée peu de temps après l’attentat du métro de Saint Pétersbourg, le 3 avril dernier, prévoyait pourtant la déchéance de la nationalité russe uniquement pour les détenteurs d’une double nationalité. Suite à sa modification très critiquée, le vice-président de la Douma, Andreï Isaev a déclaré : « S’ils sont privés de la nationalité et qu’ils restent apatrides ou citoyens d’un autre État, c’est leur affaire, cela ne concerne pas la Russie. »

Le projet ne précise pas comment les autorités prendront en charge les individus privés de leur nationalité. Selon des juristes, une personne déchue de sa nationalité sera donc considérée par la Russie comme un étranger et pourra être expulsée après avoir purgé sa peine. Mais dans le cas où le condamné deviendrait apatride, aucun pays ne sera tenu de l’accepter sur son territoire. De plus, il n’existe pas de limite à la privation de liberté pour un apatride en Russie : il pourrait donc être emprisonné à vie. De nombreux avocats estiment que cela rend la mesure illégale. L’avocat de l’association Mémorial, Kyril Koroteev, rappelle enfin que le Droit International et la Constitution russe interdisent de priver un individu de toute nationalité.

18/05/17 - Albanie: Un gouvernement technique pour éviter le « boycott électoral »

Après trois mois de vive agitation politique durant lesquels les partis d’opposition ont notamment planté un chapiteau devant le bureau du premier ministre, le socialiste Edi Rama, dont ils demandaient la démission, le pays semble avoir trouvé la voie de la sortie de crise.

Le leader du parti démocrate (PD), Lulzim Basha, exigeait la tenue d’élections libres et la formation d’un gouvernement intérimaire, tout en accusant la coalition socialiste du premier ministre au pouvoir, de mettre à sa botte le système judiciaire.

Le 18 mai, sous la pression de l’Union européenne et des États-Unis, le Premier ministre socialiste et le chef de l’opposition, se sont finalement mis d’accord sur la formation d’un gouvernement technique, condition à la participation de l’opposition aux prochaines élections. Le PD obtient également la direction de la commission électorale, et s’engage à démonter son chapiteau, et à revenir au Parlement pour y poursuivre les débats sur la délicate réforme de la justice en vue de l’adhésion du pays à l’UE. 

Les élections législatives, initialement prévues le 18 juin, se tiendront avec une semaine de retard. Les deux principaux partis se sont accordés sur la limitation des financements de campagne, et sur la mise en œuvre d’une loi empêchant les personnes condamnées par la justice de se présenter.

14/03/2017 - Moldavie : un super-oligarque devient vice-président de l'Internationale socialiste

Vlad Plahotniuc, homme politique et millionnaire moldave, a été élu vice-président de l'Internationale socialiste (IS) lors du XXVe Congrès de l'organisation, qui s'est tenu en Colombie du 2 au 4 mars.

Considéré comme l'homme le plus puissant du pays, Vlad Plahotniuc est depuis décembre 2016 à la tête du Parti démocratique de Moldavie (PDM), qui fait partie de la majorité au Parlement. Son prédécesseur à ce poste, Marian Lupu, était lui-aussi membre du Présidium de l'IS depuis 2012, date du dernier Congrès et de l'adhésion du PDM à l'Internationale.

L’oligarque, à 51 ans, est souvent considéré comme le « marionnettiste » de la politique moldave. Sa fortune de plus de 300 millions d'euros s'appuie sur des secteurs clés de l'économie et des médias du pays. Après avoir d'abord financé les communistes pro-russes, Plahotniuc a occupé plusieurs postes importants au sein du PDM et de l'État moldave. Très impopulaire, son nom est associé à la corruption endémique qui frappe la Moldavie.

Le PDM n'est pourtant pas le seul parti moldave à se réclamer de l'Internationale socialiste. En avril 2016, Igor Dodon, l'actuel président moldave, avait annoncé que son parti d'alors – le Parti des Socialistes - demanderait lui aussi à rejoindre l'organisation. Selon Dodon, les documents devaient être envoyés fin mai 2016.

Lire aussi sur Gare de l'Est : La Moldavie d'Igor Dodon

Le Présidium de l'IS est composé de 32 vice-présidents, d'un secrétaire-général et d'un président. A ce jour, l'organisation rassemble 153 partis et mouvements politiques du monde entier. Elle est actuellement présidée par l'ancien Premier-ministre grec, Georges Papandreou.

Dans les pays de l'ex-URSS, outre la Moldavie, on retrouve parmi les membres de l'IS le parti russe Juste Russie, la Fédération révolutionnaire arménienne ou encore le parti social-démocrate bélarusse dirigé par l'opposant Mikhail Statkevitch.

Sources :

https://en.crimemoldova.com/news/politics/democrat-or-socialist-plahotniuc-vice-president-of-the-socialist-international/

http://socialistinternational.org/viewArticle.cfm?ArticleID=2498
http://www.socialistinternational.org/images/dynamicImages/files/Candidates%20elected%20at%20the%20XXV%20SI%20Congress.pdf

 

13/03/2017 – Au Bélarus, retour sur une nouvelle semaine de contestation

Cela n'aura pas suffi. Le 8 mars, la décision du président bélarusse Alexandre Loukachenko de repousser d'un an la taxe controversée sur le « parasitisme social » n'aura pas réussi à calmer les manifestations qui se poursuivent au Bélarus depuis près d'un mois.

Lire aussi sur Gare de l'Est : Bélarus : 2000 personnes manifestent contre le décret sur le « parasitisme social »

La semaine dernière, des rassemblements ont eu lieu dans cinq villes de province (Maladetchna, Pinsk, Orcha, Babrouïsk et Rahatchow). Les défilés ont réuni entre quelques centaines et plus d'un millier de personnes. À Orcha, où près de 1000 habitants ont battu le pavé, il s'agissait de la plus importante manifestation d'opposition depuis 1991.

Au cœur des mécontentements : l'entrée en vigueur d'une taxe de près de 220 euros pour les personnes travaillant moins de six mois par an et n'ayant pas réussi à remplir les conditions d'inscription aux agences pour la recherche d'emploi. Près de 470 000 personnes, sur une population de 10 millions de personnes, seraient concernées par cette taxe. Décidée dès 2015, l'entrée en vigueur de cet impôt - ou décret N°3 - intervient dans un contexte économique difficile pour le Bélarus : selon le Fond monétaire international, le PIB par an et par habitant serait passé de 7500 euros en 2014 à 4700 euros en 2016.

Premières arrestations

Face à la contestation, la réaction du pouvoir, connu pour son autoritarisme, a d’abord été très mesurée. Aucune arrestation n'a eu lieu avant jeudi dernier, date à laquelle une dizaine de militants et une journaliste ont été appréhendés. Les arrestations se sont poursuivies ce week-end. Au total, 47 personnes ont été placées derrière les barreaux. Lundi 13 mars, les premières comparutions immédiates ont condamné plusieurs blogueurs et opposants à des amendes et des peines allant jusqu'à 15 jours de prison. Des décisions de justice pour l'instant sans comparaison avec la répression de la contestation de décembre 2010, pendant laquelle près de 1000 personnes avaient été arrêtées et des centaines d'autres condamnées à de longues peines.

Le ton des autorités a toutefois évolué ces derniers jours. S'il s'était abstenu de s'en prendre aux contestataires, le président Loukachenko est sorti de son silence le 9 mars en les désignant « d'ordures » et en évoquant la possibilité de « leur dévisser la tête ». Tandis que l'agence d'information officielle Belta n'a pas fait état des manifestations, une émission du service public les a abordées le 12 mars sous l'angle des conséquences négatives de la révolution ukrainienne, titrant sur les « Leçons de Maïdan ». Un moyen comme un autre de mettre en garde les manifestants.

La crise russo-bélarusse en toile de fond

La relative fébrilité des autorités face à ce conflit social s’explique, selon certains observateurs, par la crainte de Minsk de voir les oppositions internes se renforcer alors que le pays fait face à une crise de ses relations avec la Russie. Les points de tensions entre Minsk et Moscou s'accumulent : désaccords sur le prix des hydrocarbures, différends commerciaux et agricoles, refus bélarusse de rouvrir une base militaire russe sur son sol, réinstallation de postes frontières côté russe... Face à cette évolution, l'expert Arseni Sevitski évoque une situation de « pré-crise » d'après le modèle de la « guerre hybride » conceptualisé par Valeri Gerasimov, le chef d'Etat-major de l'armée russe.

Lire aussi sur Gare de l'Est : Union douanière : fin de l'idylle entre Minsk et Moscou ?

Cela étant, rien ne semble pour l’instant arrêter les mobilisations. L'opposition nationaliste bélarusse, en retrait depuis le début de la contestation, prévoit une manifestation de grande ampleur le 15 mars à Minsk pour le Jour de la Constitution. Même si les autorités ont donné leur accord pour ce rassemblement, plusieurs commentateurs considèrent les condamnations de ces derniers jours comme une tentative, certes timide, de limiter l’ampleur de la prochaine mobilisation.

R.C.

 

03/03/2017 - Russie : le fonds d'Alexeï Navalny détaille la fortune secrète de Dmitri Medvedev

Deux yachts, un vignoble en Italie, un manoir, une datcha près de Sotchi, des terres et une entreprise agricole, un palais pétersbourgeois transformé en appartements privés avec ascenseurs pour véhicules… Dans une longue enquête publiée le 2 mars, le Fonds de Lutte contre la Corruption (FBK), créé par l'opposant Alexeï Navalny, révèle une liste de biens dont le propriétaire supposé serait le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev.

Docements à l'appui, le FBK affirme que l'homme politique contrôler des actifs à travers une série de fonds caritatifs représentant en tout environ 70 milliards de roubles (1,13 milliards d'euros).

L'une des maisons faisant partie, selon le FBK, du patrimoine de Dmitri Medvedev, lui aurait été offerte par l'un des oligarques les plus influents du pays : Alicher Ousmanov. Sur ce point précis, le directeur du FBK, Roman Roubanov, a demandé au Comité d'enquête russe, une haute-juridiction fédérale compétente pour mener des investigations anti-corruption, de se pencher sur l'affaire. De son côté, Alexeï Navalny exige qu’une enquête pour « détournements de fonds » soit ouverte.

Outre Alicher Ousmanov, le milliardaire Leonid Mikhelson et les entreprises Gazprom et Bashneft auraient alimenté les fonds concernés avec de multiples pots-de-vin et des crédits bancaires. Selon FBK, l'ensemble du système est géré par des proches de Medvedev placés aux postes clés, notamment son ancien camarade de classe, Ilia Eliseev.

L'attachée de presse de Dimitri Medvedev s'est refusée à tout commentaire, ajoutant seulement que cette enquête était celle d'un « opposant condamné par la loi ». Une référence à la condamnation d'Alexeï Navalny, début février 2017, à cinq ans de prison avec sursis pour détournements de fonds. Le frère de Dmitri Medvedev, quant à lui, a qualifié le travail de FBK d' « invention et de folklore ».

Sources :

La vidéo explicative d'Alexeï Navalny (sous-titres anglais disponibles) : https://www.youtube.com/watch?v=qrwlk7_GF9g

Schéma détaillé des actifs supposés de Dmitri Medvedev : https://dimon.navalny.com/

http://www.vedomosti.ru/politics/articles/2017/03/02/679701-zayavlenie-na-medvedeva

https://meduza.io/news/2017/03/02/brat-dmitriya-medvedeva-nazval-rassledovanie-fbk-vymyslom-i-folklorom

18/02/2017 – Bélarus : plus de 2000 manifestants contre le décret sur le « parasitisme social »

« Non à Loukachenko ! », « non à la dictature ! », « qui est le premier parasite ? Le président ! » : plus de 2 000 personnes, selon le site tut.by, ont manifesté vendredi 18 février dans le centre de la capitale bélarusse pour exiger l'annulation d'un décret sanctionnant « le parasitisme social ». La résolution des organisateurs, publiée sur le portail Khartia 97, appelle également à la tenue d'élections libres et à la fin des restrictions budgétaires.

Ce rassemblement était organisé par l'ancien candidat à la présidence, Mikola Statkevitch, libéré en 2015 après cinq années de détention, le poète Vladimir Nekliaïev et le dirigeant syndical indépendant, Guennady Fedynitch. Le cortège, qui s'est déplacé sans incident, a remonté la principale avenue de Minsk jusqu'au ministère des Impôts, où des demandes officielles de paiement ont été brûlées par des manifestants.

Le décret contesté, intitulé « sur la prévention de la dépendance sociale » a été signé par le président Alexandre Loukachenko en avril 2015. Il impose une taxe annuelle d'environ 200 dollars à ceux qui travaillent moins de 183 jours par an. Jeudi 15 février, les autorités ont annoncé que 46 000 personnes – sur les 430 000 concernées – avaient déjà payé leur dû. Selon les services fiscaux, la mesure – que les manifestants comparent au délit de parasitisme en vigueur pendant l'URSS – permettra de récolter sept millions de dollars. La date limite de paiement est fixée au 20 février.

Une opposition désunie

La manifestation de vendredi s'est toutefois déroulée sans l'appui des principaux partis d'opposition, dont les emblèmes et les drapeaux n'étaient pas visibles parmi la foule. Selon le politologue bélarusse, Anton Schreibman, « presque tous les « vieux » partis d'opposition […] ont ignoré la manifestation et avaient prédit son fiasco ». L'expert évoque une concurrence entre les mobilisations lancées par l'opposant Mikola Statkevitch et les autres partis, qui avaient plutôt prévu de se réunir le 25 mars, date à laquelle l'opposition et les courants nationalistes se réunissent habituellement.

Malgré les divisions, c'est la plus importante mobilisation de l'opposition depuis les troubles électoraux de 2010. A l'époque, la réélection d'Alexandre Loukachenko avait été suivie d'une vague de contestation sévèrement réprimée par le pouvoir, qui avait procédé à des milliers d'arrestations. Depuis 2014, Minsk a toutefois fait preuve de d'avantage de tolérance à l'égard de l'opposition dans un contexte de rapprochement avec l'Occident.

Lire aussi sur Gare de l'Est : Union douanière : fin de l’idylle entre le Bélarus et la Russie ?

Sources :

http://www.belaruspartisan.org/opinions/371383/

https://news.tut.by/economics/532031.html

http://www.rbc.ru/politics/17/02/2017/58a722079a7947bd5da87016



COMPTE-RENDU – Conférence "L'Ukraine au féminin" à Paris

Le 30 janvier, l'association culturelle franco-ukrainienne Q-rators a organisé au Centre culturel ukrainien de Paris une conférence autour du projet Polyphonie ukrainienne, initiative de la militante Camille Leprince et de la photographe, Lynn S.K. L’occasion également de présenter le documentaire Pendant ce temps (Mezh tem) des artistes ukrainiennes, Yuliia Appen, Natacha Tseliuba, Alexandra Vasina et Nikita Lyskov.

Se reconstruire et recommencer. Le projet photographique Polyphonie ukrainienne interroge la vie de femmes réfugiées de l'Est de l'Ukraine, de femmes engagées, dont les destins ont été bouleversés par la guerre. Le film Pendant ce temps donne, quant à lui, la parole à des Ukrainiennes qui ont quitté leur pays pour aller vivre en Europe occidentale.

Deux approches différentes, mais dans les deux cas, ces femmes ont tout abandonné, pour tout recommencer. Un parcours qui, parfois, les a enrichies : « la guerre m'a permis de prendre ma vie en main », affirme l’une des personnes citées par Camille Leprince. Il s’agit de quitter un village où il n'y a pas d'avenir, de s'engager pour son pays, de changer de profession, de vie.

Camille Leprince a recueilli ces témoignages grâce à une association qui permet aux victimes du conflit d'analyser leurs problèmes et de prendre du recul à travers le théâtre. Beaucoup d’entre elles taisent leur souffrance car, comme le précise la militante, « la parole des femmes est la première à disparaître » dans tous les conflits.

Les femmes émigrées ont, elles, une souffrance très différente, peut-être moins assourdissante, moins impressionnante, mais tout aussi palpable. Les emplois physiques et répétitifs qu'elles exercent peuvent être une mince évasion : « au moins ton esprit se repose », avoue l'une d'entre elles dans le film Pendant ce temps.

Identités plurielles

Vue d'Europe occidentale, la situation en Ukraine est souvent simplifiée à l'extrême, opposant des identités raccourcies et fantasmées. Mais la réalité est bien plus complexe : des identités en kaléidoscope entremêlent appartenances familiales, linguistiques, territoriales, sociales... qui se superposent, se fondent et ne peuvent être distinguées. La guerre accentue cette complexité.

« En cette période de conflit, on nous demande de choisir un camp […] il ne faudrait pas que cela nous divise à l'intérieur de nous-mêmes », témoigne l'une des femmes déplacées interrogée par Camille Leprince, relatant le fait qu'elle se voyait sommée de se définir comme Russe ou Ukrainienne.

A travers ces deux projets, une question revient en filigrane : « où est ma maison ? ». Les frontières se brouillent et les femmes émigrées, autant que celles déplacées, parlent du « prix à payer » : se sentir étrangère, même dans leur propre pays. Il y a la crainte de perdre quelque chose. « Peu importe le nombre d'années vécues à l'étranger,toutes vos cellules resteront ukrainiennes, même si vous apprenez cent langues », croit savoir l'une des femmes ayant choisi d’émigrer. La solitude et le déracinement sont pesants, voire étouffants, mais l'identité s'affirme et ne se laisse pas taire.

Camille Leprince et Yuliia Appen, présentes ce soir-là à Paris, livrent avec pudeur et avec un profond respect les paroles de ces femmes, tout en tentant de les protéger, de les préserver, malgré leur statut de « témoin ordinaire ». « La femme ukrainienne lambda n'existe pas », rappelle Camille Leprince.

En dépit des errances, de l’éloignement et des déchirements, la vie semble à chaque fois prendre le dessus. En témoignent les amours, les mariages et les enfants qui naissent. Car « la maison », au final, ne serait-ce pas tout simplement l’endroit où l’on peut créer ?

Constance Boris.

Photos de l'événement :

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1447801138577807&set=ms.c.eJw9jtsNwEAIwzaqCI8L7L9YdbTwaxkHuDNFTqEAZDz4QKIB7QcQySBTZY0MdfeqAfyMWIO4RuBMA9aGcBtsYLsC71mfBjQa6KzA6p4wMSC8~%3BzB7AVpjKQo~-.bps.a.1447800615244526.1073741846.100000438040697&type=3&theater

© Yuliia Appen for Q-rators

Liens :

Le Théâtre du Dialogue (ukr.) : http://tdd.org.ua/

L'association franco-ukrainienne Q-rators : https://www.facebook.com/pg/qratorsperformance/

15/02/2017 - Ciel noir à Krasnoïarsk

Des vagues de poussières et un brouillard quasi-impénétrable. Du 9 au 13 février, la ville de Krasnoïarsk a été à nouveau déclarée en situation de « ciel noir » par les autorités. Comme le rappelle le journal Novaya Gazeta, les recommandations faites aux habitants lors de ces situations sont maintenant bien connues : au mieux quitter la ville, sinon, réduire les sorties à l'extérieur, ne pas aérer les logements, laver plus souvent le sol et se rincer les voies respiratoires avec une solution salée.

En 2016, la troisième agglomération de Sibérie a connu officiellement 24 épisodes de « ciel noir » pour une durée totale de 58 jours. En cause : les émissions produites par la gigantesque usine d'aluminium KrAZ et par la centrale à charbon de la municipalité. Selon Novaya Gazeta, il faudrait déménager l'usine en banlieue et, dans le meilleur des cas, convertir la centrale à l'énergie gazière.

Ce n'est pas l'avis des élus locaux. Ces derniers pointent du doigt la pollution automobile et les émissions produites par les chauffages des particuliers. Ils recommandent la mise en place d'une circulation alternée. Aucune mention n'est faite des deux complexes industriels dénoncés par Novaya Gazeta, et propriétés respectives d'Oleg Deripaska et d'Andreï Malnitchenko, 41e et 11e fortunes de Russie.

De leur côté, le ministère de la Santé et les autorités sanitaires ne réagissent pas à ce que le journal désigne comme « l'adaptation des jeunes générations au smog ». Entre 2014 et 2015, la ville a enregistré une hausse sensible des cas de cancers « liés à l'environnement », selon les études officielles, ainsi que des maladies du sang et du système endocrinien.

Source :

https://www.novayagazeta.ru/articles/2017/02/13/71484-rezhim-chernogo-neba

14/02/2017 - Dans le Donbass, l'écrivain Zakhar Prilépine fait son coup de com'

L'air grave, le pistolet attaché autour de la cuisse, Zakhar Prilépine dirige des hommes sur le terrain. C'est l'image qui ressort de l'écrivain - l'un des plus vendus en Russie, dans un reportage-entretien publié le 13 février sur le site du quotidien Komsomolskaya Pravda.

Le « major Prilépine » y est présenté comme le suppléant du commandant d'un bataillon de spetznaz (forces spéciales) au sein de la République populaire de Donetsk, dont Prilépine se fait, depuis longtemps, l'un des plus ardents défenseurs. « Une unité a été créée sur mon initiative et nous allons nous efforcer d'entrer, comme des guerriers en armure, dans n'importe quelle ville proche qui nous a été enlevée pour diverses raisons », affirme-t-il dans l’interview.

L'article intervient alors que Prilépine vient de publier un recueil de biographies d'écrivains russes ayant également exercés des activités militaires. Prilépine affirme toutefois que « la littérature n'a rien à voir » avec son récent engagement et rappelle que sa vie a déjà été liée à l'armée. Dans les années 1990, il avait en effet été servi plusieurs mois en Tchétchénie et au Daguestan.

Pour expliquer son geste, Prilépine ne se prive cependant pas de multiplier les références aux grands auteurs, citant notamment Pouchkine. « Il [Pouchkine] a affirmé que la guerre est une occupation bien plus importante que les « relations adultères » de notre littérature ». Comme à son habitude, il s'en prend également aux « écrivains libéraux » incapables, selon lui, de prendre les armes.

Quelques heures après la publication du reportage, Prilépine a toutefois précisé que, contrairement à ce qui avait été annoncé initialement, « il n'avait jamais affirmé être le suppléant du commandant d'un bataillon ». Le retour à la réalité ?

Source :

https://meduza.io/en/news/2017/02/13/russian-writer-becomes-political-commissar-of-rebel-battalion-in-donetsk

http://www.kp.ru/daily/26642/3661850/

http://www.kp.ru/daily/26642.5/3661046/

13/02/2017 - Haut-Karabagh : un référendum pour renforcer le rôle du président

Les autorités de la République auto-proclamée du Haut-Karabagh ont rendu public, le 10 février dernier, le texte d'une nouvelle constitution qui doit être approuvée le 20 février par référendum. Plus de 100 000 personnes sont appelées aux urnes.

Lancé en mars 2016, ce projet de réforme constitutionnelle prévoit de renforcer considérablement les pouvoirs du président, qui sera à présent chargé de composer le gouvernement. Il pourra également dissoudre le Parlement.

La constitution actuelle fait reposer l'exécutif dans les mains du Premier ministre. La dissolution du Parlement est uniquement possible dans le cas où il rejette à deux reprises le programme du gouvernement.

Pour l'expert Kiro Manoian, interrogé par le site Kavkazkii Ouziol, cette réforme pourrait s'avérer un « obstacle au développement démocratique du Haut-Karabagh » et faire planer le risque d'une « super-présidence ». Le politologue Alexandre Iskandarian estime, de son côté, qu'un choix a dû être opéré entre démocratie et sécurité. Selon lui, depuis les violents combats d'avril 2016, « on observe un besoin de consolidation au sein de la société ».

En avril 2016, une recrudescence des affrontements entre l'armée azérie et karabadhtsie avait fait plus de 150 victimes et conduit à un nouveau cessez-le-feu.

Source :

http://www.kavkaz-uzel.eu/articles/297631/

http://www.kavkaz-uzel.eu/articles/297720/