03/03/2016 Tadjikistan : Procès de 13 opposants

Le procès de 13 responsables de l’opposition islamistes à débuté début février. Dans un contexte de lutte de l’Etat contre l’islamisme radical, ces cadres du parti de la Renaissance islamique du Tadjikistan sont accusés d’avoir participé à  une série d’attaques meurtrières menées contre les forces de l’ordre en septembre 2015, attaques qui avaient fait plus de 50 morts.

Ces attaques avaient à l’époque fait grand bruit, car elles avaient été menées par un ancien vice-ministre de la Défense, Abduhalim Nazarzoda, membre du PRIT.

Seul parti islamiste du Tadjikistan, mais considéré comme modéré jusqu’à son interdiction, en aout 2015, le PRIT est accusé par l’Etat d’être à l’origine des violences.

Cependant même si le meneur des attaques était membre du PRIT, rien n’indique que ce parti était lié à l’organisation de celles-ci. L’ONG Human Right Watch a d’ailleurs déclaré que les accusations portées par l’Etat étaient clairement politiques.

La question islamiste est très sensible au Tadjikistan, le pays ayant connu une guerre civile de 1992 à 1997 opposant islamistes et forces dites démocrates. Si la guerre est éteinte depuis longtemps le problème reste prégnant, plusieurs centaines de Tadjik dont un ancien chef des forces spéciales ayant rejoints les rangs de l’Etat islamique.

L’Union européenne et l’ONU se sont dites inquiètes de l’interdiction de ce parti et ce procès devrait selon toute vraisemblance se dérouler dans des conditions des normes acceptables par les organisations de défense des droits de l’homme. Des accusations de mauvais traitements sur les accusés ont déjà été relayées par celles-ci.