Brèves

(Alternatives Internationales) 02/07 - Russie / Ukraine / Europe : guerres militaires et combats diplomatiques

Depuis la mi-février 2014, la stratégie de Moscou reste la même : profiter des cessez-le-feu, et maintenant de la réserve militaire que constitue la Crimée, pour introduire le maximum de forces de déstabilisation à l'intérieur de l'Ukraine, ainsi que le doute dans les esprits.

L'Union européenne semble croire que l'on peut recourir à un jeu diplomatique classique avec le Kremlin dont les vues sont tout à fait autres. Deux stratégies qui se complètent plus qu'elles ne s'opposent.

La question est régulièrement posée, comme s'il y avait encore la moindre incertitude : quel est le but de guerre de V. Poutine ? En posant cette question, l'Ouest gagne du temps et se rassure.

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27/06 - Russie : une apparente "stabilisation" du nombre de toxicomanes malgré la faiblesse des moyens investis

Depuis 1987, le 26 juin marque la Journée internationale contre l'abus et le trafic de drogues. A cette occasion, Viktor Ivanov, chef du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSNK), a fait état d'une apparente "stabilisation" du nombre de toxicomanes en Russie.
Il n'est cependant pas question de verser dans l'euphorie puisque la consommation de drogues reste particulièrement alarmante avec 8 millions de toxicomanes selon les données officielles. Rappelons qu'ils n'étaient encore il y a quelques années, en 2010, que 2,5 millions.

Ce chiffre trahit aussi la faiblesse des moyens investis pour lutter contre ce fléau, faibles moyens qui s'accompagnent de surcroît de méthodes critiquées par les organisations de défense des droits de l'homme. Ainsi, en novembre dernier, V. Poutine a signé une loi autorisant les tribunaux à condamner les toxicomanes à des traitements obligatoires. La Russie ne dispose pourtant pas de structures publiques suffisantes et les « malades » sont obligés de se rabattre soit sur des centres de désintoxication privés – souvent coûteux – soit sur des centres religieux au sein desquels de nombreux cas d'abus ont été dénoncés. Le personnel des centres d'Etat ne bénéficie pas non plus d'une formation appropriée et leurs méthodes reposent encore trop souvent sur l'injection massive de médicaments et non sur un travail psychologique approfondi.

Selon la Fondation Andrei Rylkov, ces méthodes trouvent leurs origines dans la psychiatrie soviétique où l'on faisait un usage excessif d'antipsychotiques tel que l'haloperidol – utilisé alors notamment pour briser les dissidents. "De simples programmes de collecte et d'échange de seringues ne sont toujours pas en place" s'insurge-t-il.

Des initiatives positives sont pourtant sur la table telle celle de branche moscovite du FSNK permettant aux personnes à bas revenus d'accéder gratuitement aux traitements des cliniques privées. Malheureusement, le programme reste flou et les moyens toujours insuffisants. L'accès à des traitements de qualité risque donc de demeurer un luxe chez le plus grand pays consommateur d'héroïne au monde.

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Tadjikistan : arrestation d'un doctorant de l'Université de Toronto

Alexander Sodiqov, jeune doctorant à l'Université de Toronto, est détenu depuis un peu plus d'une semaine dans un centre de détention provisoire près de Douchanbé, la capitale du Tadjikistan. De nationalité tadjike, Alexander Sodiqov est accusé de haute trahison et d'espionnage pour le compte d'une puissance étrangère.

Les circonstances de son arrestation et de sa détention demeurent obscures. Le 16 juin, alors qu'il effectuait un voyage dans la région autonome du Haut-Badakhchan dans le cadre de son doctorat, Alexander Sodiqov a été appréhendé à Khorog par la police spéciale. Pendant plusieurs jours, on ignora non seulement s'il avait réellement été arrêté, les autorités tadjikes refusant de confirmer sa mise en détention préventive, mais aussi le lieu même de son incarcération. Depuis sa « disparition », une vidéo, largement montée, a été diffusée par la télévision d'Etat afin de le discréditer lui et Alim Sherzamonov, le leader de l'opposition locale qu'Alexander Sodiqov rencontrait lors de son arrestation.

Le Haut-Badakhchan est une région troublée où le pouvoir central n'exerce pas contrôle absolu. Représentant 44 pour cent du territoire mais seulement 3 pour cent de la population, cette région est à dominance chiite dans un pays majoritairement sunnite. Lors de la guerre civile tadjike, la région autonome du Haut-Badakhchan fut un bastion de l'opposition « islamo-démocrate » face aux communistes. Des accrochages et soulèvements violents contre le gouvernement central persistent, notamment en juillet 2012 et en mai 2014.

On sait qu'Alexander Sodiqov s'était justement rendu sur le territoire afin d'étudier la résolution des conflits en Asie centrale, et notamment au Haut-Badakhchan. Son arrestation peut être vue comme une tentative de censure sur des questions jugées « dérangeantes » mais aussi comme un moyen de discréditation de l'opposition et de ses leaders. Sa nationalité tadjike couplée à des études en Occident a probablement suffi à le présenter comme un agent « déguisé » au service de « viles » puissances occidentales.

Accusé d'espionnage et de haute trahison, Alexander Sodiqov risque jusqu'à 20 ans de prison.

 

(Une pétition appelant à la libération d'Alexander Sodiqov a été mise en ligne. Pour la signer, cliquez ici )

 

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19/06 - Genève : les délégations abkhazes et ossètes quittent la table des négociations

Le 28ème cycle de négociations de Genève entre la Russie et la Géorgie a une nouvelle fois tourné court suite à un désaccord des parties sur la question des réfugiés et des personnes déplacées.

Devant le refus de la Géorgie de supprimer cette question de l'ordre du jour les délégations abkhazes et ossètes ont décidé de se retirer. La problématique des réfugiés est ancienne et remonte au conflit qui opposa la Géorgie à sa province rebelle d'Abkhazie au début des années 1990.

Près de 300 000 personnes auraient été contraintes de fuir suite à ce conflit, soit près de 6% de la population géorgienne. La guerre de 2008 a encore aggravé la situation avec ses 138 000 déplacés dont une partie a pu cependant pu regagner leurs foyers. Cette population fait face à une grande pauvreté et est quasi-totalement dépendante des aides de l'Etat géorgien.

Chaque année, sur demande géorgienne, l'ONU appelle au retour en Abkhazie et en Ossétie du Sud de ces « déplacés internes ». La Russie, soutien des abkhazes et des ossètes, s'oppose à ce projet qui, selon elle, met à mal le règlement de la question dans le cadre des négociations de Genève.

Ces négociations, entamées en 2008, s'articulent autour de deux groupes de discussions : l'un sur les questions de sécurité et le second sur les questions humanitaires – notamment la problématique des réfugiés et personnes déplacées. L'Abkhazie et l'Ossétie du sud accusent Tbilissi de « politiser » la problématique des réfugiés et désirent que les discussions n'abordent que les questions de sécurité.

Le prochain cycle de négociations est prévu pour octobre 2014.

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(Courrier des Balkans) 18/06 - Mafia et politique au Kosovo : le rapport de l’Otan qui accable Hashim Thaçi, le PDK et le Shik (1/2)

Assassinats politiques, trafics en tous genres pour financer les services secrets officieux, liens avec les mafias balkaniques... C'est un document exceptionnel que s'est procuré Koha Ditore : un rapport classé de l'Otan de 2003 qui révèle les activités criminelles de la classe politique kosovare issue des rangs de l'UÇK, à commencer par le PDK d'Hashim Thaçi. Les accusations sont très lourdes.

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(Reuters) 16/06 - Géorgie : victoire du "Rêve Géorgien" aux élections locales

(Traduction de l'article de Reuters "Ruling party in Georgia wins local elections", Margarita Antidze. Pour l'original, cliquez ici)

 

La coalition au pouvoir « Rêve Géorgien » a remporté la majorité des sièges dans les conseils locaux, le dernier bastion du « Mouvement National Uni (MNU) » de l'ancien président Mikheïl Saakachvili.

Les candidats du « Rêve Géorgien » sont arrivés en tête dans la plupart des 59 communes où les résultats préliminaires des élections de dimanche sont déjà connus. En revanche, dans les huit plus grandes villes dont la capitale Tbilissi, un second tour devra être organisé dans deux semaines puisqu'aucun candidat n'a réussi à franchir la barre des 50 pour cent.

Le gouvernement de coalition, d'abord dirigé par le milliardaire Bidzina Ivanishvili, est arrivé au pouvoir en 2012. Lorsque le mandat de M. Saakachvili a pris fin en novembre dernier et que le candidat du « Rêve Géorgien » Georgy Margvelashvili a été élu président, Ivanishvili a démissionné et a laissé la place à son allié Irakli Garibashvili pour prendre le relais en tant que premier ministre.

Les maires ont une influence considérable en Géorgie, en particulier dans la capitale.

A Tbilissi, les premiers résultats provenant de la Commission électorale centrale donnent le candidat à la mairie David Narmania – Rêve Géorgien - en tête avec 46,3 pour cent des voix. Il devra probablement faire face à un second tour contre le candidat Nika Melia (MNU) qui a obtenu 27,8 pour cent des voix. Les candidats du « Mouvement National Uni » sont arrivés deuxième dans la plupart des municipalités.

Les observateurs du Conseil de l'Europe ont déclaré que le vote s'était déroulé dans le calme, malgré une campagne électorale tendue et parfois violente.

Le chef de la délégation Jos Wienen a indiqué lors d'une conférence de presse que la Géorgie a réalisé des progrès en ce qui concerne la liberté des médias, l'accès des candidats de l'opposition à ces médias, ainsi que dans le travail visant à prévenir l'intimidation des électeurs.

"Toutefois, la loi électorale doit être améliorée ... Nous pensons également que les méthodes de comptage doivent être revues", a déclaré Wienen.

Le parti d'opposition MNU a déclaré que les élections avaient été entachées d'irrégularités et que le taux de participation de 43 pour cent, inférieur à celui des précédentes élections, illustre la "profonde crise de confiance" vis-à-vis du gouvernement actuel.

"Les élections ont été affectées par ... un environnement électoral non démocratique marqué par des violences fréquentes, une pression bien documenté sur les candidats du MNU et des déclarations de hauts responsables du gouvernement justifiant la violence", a déclaré le Mouvement National Uni dans une déclaration écrite.

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(Le Monde) 16/06 - Comprendre la nouvelle « crise du gaz » entre Kiev et Moscou

Lundi 16 juin, la compagnie russe Gazprom a annoncé l'introduction d'un système de prépaiement pour les livraisons de gaz à l'Ukraine après l'expiration de son ultimatum exigeant que Kiev règle une partie de sa dette gazière évaluée à 4,5 milliards de dollars (3,3 milliards d'euros). L'échéance était fixée à lundi 16 juin, 8 heures (heure de Paris).

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13/06 - Belarus : une nouvelle "propiska" pour les travailleurs?

Au Belarus, le président Loukachenko a annoncé qu'il signera un décret interdisant aux employés des fermes collectives de quitter leur emploi ou de partir vivre en ville sans l'accord des autorités. Selon les propres termes du président, « ce nouveau décret porte, disons-le clairement, sur le servage. Nous allons donner tous les pouvoirs aux gouverneurs. Vous ne pourrez plus quitter votre emploi. Ne vous attendez plus à une liberté sans limite. Assez de bavardage ». Le président Loukachenko ne fait donc pas dans la dentelle.

Cette politique doit être analysée à la lumière de la situation économique du pays. Jusqu'en 2008, le Belarus connaissait une croissance économique assez élevée, qui s'est cependant fortement réduite suite à la crise économique et financière mondiale. Afin d'obtenir de meilleurs salaires, de nombreux travailleurs ont quitté les campagnes de sorte que trois quarts de la population bélarusse vit maintenant dans les villes. Les villages sont aujourd'hui en grande partie composés de personnes âgées ou malades, qui ne sont pas en mesure de travailler. Cet exode rural, qui touche depuis longtemps le Belarus, pose problème car l'agriculture représente 40% du PIB et a un impérieux besoin de main-d'œuvre.

Cette décision n'est cependant pas une première pour le président bélarusse qui avait, déjà en 2012, signé un autre décret interdisant aux ouvriers de l'industrie du bois de démissionner avant l'achèvement total d'un projet d'investissement. En clair, on ne peut donc plus démissionner sans l'accord des directeurs d'entreprises. La question du retour des « méthodes soviétiques » n'est donc pas une nouveauté au Belarus. Cependant, l'échelle du nouveau décret est beaucoup plus large - le décret de 2012 ne concernait qu'environ 13 000 travailleurs.

Il est intéressant, et assez paradoxal, que cette annonce coïncide avec la signature du traité fondant l'Union Eurasiatique via laquelle la Russie espère pouvoir profiter d'un apport de main d'œuvre afin de faire face au vieillissement de sa population. En effet, l'Union Eurasiatique prévoit, depuis sa création le 29 mai, la libre circulation des travailleurs entre les pays signataires, dont le Belarus.

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(La Libre) 06/06 - Normandie: première rencontre entre Poutine et Porochenko

Les présidents russe et ukrainien Vladimir Poutine et Petro Porochenko se sont parlés vendredi pour la première fois, en marge des célébrations du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie.

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(Courrier des Balkans) 06/06 - Élections au Kosovo : un nouveau parti pour faire entendre la voix des Roms

Les Roms pourront-ils trouver leur place dans le « nouveau » Kosovo ? Expulsés par les nationalistes albanais à l’été 1999, souvent cantonnés dans les enclaves serbes, ils forment toujours la communauté la plus marginalisée du pays, notamment en termes d’accès à l’éducation ou à l’emploi. Les Roms sont pourtant bien décidés à faire entendre leur voix. Interview.

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(Courrier International) 05/06 - Rostov accueille les premiers réfugiés du Donbass

Femmes, enfants et vieillards commencent à fuir les régions de Donetsk et de Lougansk. Des cercueils aussi, franchissent discrètement la frontière ukrainienne en direction de la Russie.

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(RFERL) 30/05 - Sur fond de crise, l'opposition abkhaze va nommer un pouvoir intérimaire

(Traduction de l'article du RFERL "Opposition In Abkhazia To Appoint Acting Leadership Amid Crisis" . Pour la version originale, cliquez ici)

Alors que la région séparatiste d'Abkhazie est touchée par une importante crise politique, un nouveau pouvoir intérimaire devrait être nommé.

Le 29 mai, les législateurs du parlement abkhaze ont exprimé leur manque de confiance vis-à-vis du Premier ministre Leonid Lakerbaia et ont appelé le président Aleksandr Ankvab à démissionner avant l'expiration de son mandat officiel.

La mesure a été prise deux jours après que des manifestants ont pris d'assaut le bureau d'Ankvab à Soukhoumi, le laissant seulement partir après qu'il ait promis de renverser le gouvernement.

Cependant, après une rencontre avec des responsables russes, Ankvab a déclaré le 29 mai qu'il ne démissionnerait pas et ne révoquerait pas Lakerbaia, décrivant la prise de son bureau comme une «tentative de coup d'Etat armé."

Pendant ce temps, des groupes d'opposition ont désigné Beslan Butba au poste de Premier ministre.

L'opposition a annoncé qu'elle avait formé un Conseil populaire temporaire pour maintenir l'ordre.

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(Courrier des Balkans) 30/05 - Le Monténégro dans la roulette russe : pourquoi Đukanović a-t-il peur de Moscou ?

Le Monténégro peut-il rompre sa « vieille amitié » avec la Russie à cause de la crise en Ukraine ? Depuis des années, l'argent russe afflue dans le petit pays, qu'il s'agisse d'investissements « légaux » ou de blanchiment de capitaux sales. Monitor revient sur les hommes clés de cette « amitié particulière » entre Moscou et Podgorica, depuis Sergueï Choïgou jusqu'à l'ancien chef du KGB Viktor Ivanenko...

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(Courrier International) 26/05 - Porochenko président, un jouet de l’ancien pouvoir ?

L'industriel Petro Porochenko, surnommé le "roi du chocolat", aurait recueilli 56% des voix dès le premier tour de l'élection présidentielle. Mais celui qui semble être l'homme providentiel n'a en réalité pas de programme, ni même de parti.

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(Alternatives Internationales) 26/05 - L'ex-URSS et son pourtour : la face cachée des séparatismes

Les lendemains de démonstrations de force s'avèrent moins prometteurs que ne pouvait l'espérer le Kremlin : la Crimée est embourbée, le Donbass ne pourrait résister durablement à une sécession et les forces séparatistes de Transnistrie commencent à s'interroger sur les avantages comparés d'une présence au sein de la Moldavie ou de faire figure de zones-tampons en déshérence.

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(Window on Eurasia) 17/05 - Crimée : problèmes d'adaptation au système légal russe

(Traduction d'un article de Paul Goble "Window on Eurasia: Moscow Faces Problems in Absorbing Crimea into Russian Legal Space" , 16 mai 2014 - cliquez ici pour la version originale)

Après avoir annexé la Crimée, Moscou a maintenant du mal à intégrer cette région dans l'espace juridique russe. Nous faisons maintenant face à un " chaos juridique ». Selon les experts juridiques russes, l'adaptation complète de la législation régionale prendra encore deux ou trois ans et les échos de ces modifications dureront des décennies.

Hier, dans " Novyye Izvestia " , Yekaterina Dyatlovskaya  a examiné le processus d'intégration de la Crimée dans l'espace juridique russe , les problèmes auxquels il se heurte et les prédictions des experts russes sur la façon dont ils seront résolus et combien de temps ils dureront .

L’adaptation du système juridique de la Crimée au système légal russe est rendue particulièrement compliquée par la nécessité de légitimation des autorités locales. Or, ils ne pourront se légitimer s’ils suppriment des droits et privilèges qui étaient assurés lorsque la péninsule était sous contrôle ukrainien.

Certains responsables estiment que Moscou a accomplis de grands progrès et que des institutions clés, comme le ministère de l'Intérieur, fonctionnent plus ou moins bien. D’autres sont moins affirmatifs. Valery Rashkin , député à la Douma , a déclaré que « pas moins de six mois " seront nécessaires afin d’adapter les textes de loi . Et ce n'est que le début du processus.

Il souligne par exemple le problème des bourses universitaires, beaucoup plus généreuses en Ukraine qu’en Russie. Couper ces aides pourrait enflammer l'opinion. Ainsi, les autorités russes ont décidé de les maintenir en place pour ceux qui les reçoivent déjà.

Mais c'est une demi-mesure  : les nouveaux étudiants ne pourront pas les obtenir ainsi que les étudiants russes créant ainsi deux catégories d' étudiants aux droits inégaux.

Un autre problème concerne le personnel judiciaire. Afin que les tribunaux en Crimée puissent fonctionner à nouveau, les autorités russes envisagent d'éliminer les examens d’admission des juges, même si ces examens sont également nécessaires en Russie. Encore une fois, les dangers de cette pratique sont évidents.

Un troisième problème concerne les peines encourues par des personnes reconnues coupables d'un crime . À l'heure actuelle, une décision a été prise selon laquelle toute personne rendue coupable d'un crime recevra la plus faible des sanctions prévues par les deux législations (ukrainienne et russe). Ainsi, le code ukrainien est maintenu en place pour cette raison.

Un quatrième problème concerne les registres fonciers ukrainiens qui étaient et demeurent incomplets. On peut ainsi craindre que le processus de transfert de propriété en Crimée en vertu du droit russe entraîne la perte de logements ou de terres pour certains alors que d’autres s’en servent pour s’enrichir.

Comme les législateurs russes l’admettent, " un régime juridique spécial pour la Crimée et Sébastopol dans toute une série de domaines ne peut pas exister pour toujours. " Mais les réunir peut avoir une conséquence inattendue et involontaire. Rashkin considère que la législation de la Crimée aura aussi un impact sur ​​la Russie et non pas seulement un impact du système russe sur la Crimée.

Svetlana Gannouchkina , chef de file du Centre Memorial , dit que l'assimilation complète de la Crimée à la Russie prendra des décennies , en particulier parce qu'il y a une grande part de la population de Crimée qui conserve la nationalité ukrainienne et qui s'oppose à l'annexion de la péninsule par Moscou . Leur présence empêche un passage rapide à un système unique russe.

Nikolay Svanidze , un historien moscovite, acquiesce. « La modification des lois peut prendre quelques mois mais leur application et l'adaptation de la population à ces nouvelles lois va nécessiter beaucoup plus de temps et être beaucoup plus difficile que beaucoup l’avaient assumé ou l’assument encore ».

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(Courrier International) 07/05 - Timochenko appellera-t-elle à la troisième révolution?

Votez pour moi, sinon... on refera la révolution. C'est le message qu'a fait passer Ioulia Timochenko, l'ancienne Première ministre, mal placée pour reconquérir le pouvoir.

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(Courrier des Balkans) 07/05 - Kosovo : bienvenue au pays des travailleurs esclaves

Congés de maternité non respectés, heures supplémentaires non rémunérées, salaires non payés, licenciements abusifs... Dur dur les conditions de travail au Kosovo, un pays où le taux de chômage dépasse 40 %.

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06/05 - Azerbaïdjan : condamnation de huit jeunes activistes

En Azerbaïdjan, huit activistes d’un mouvement de jeunesse d’opposition (NIDA) ont été condamnés aujourd’hui de six à huit ans de prison.

Ils avaient été arrêtés en mars 2013 à Bakou lors de protestations dénonçant la violence infligée aux conscrits dans les forces armées.  Ils avaient été accusés de désordre à l’ordre public et possession illégale d’explosifs et de drogues. Depuis leur arrestation, ces jeunes activistes, âgés entre 18 et 28 ans, sont en grève de la faim ainsi que leurs mères.

Lors de l’annonce de ces condamnations, ce mardi 6 mai, des heurts ont éclaté avec la police menant à l’arrestation de plusieurs personnes dont des journalistes.

Ces condamnations s’inscrivent dans un mouvement plus large de répression et de limitation de la liberté de la presse en Azerbaïdjan largement dénoncé par Amnesty International ainsi que le Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe.

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(Courrier International) 29/04 - La Moldavie, Etat schizophrène

Depuis le 28 avril, les Moldaves circulent sans visa dans l’Union européenne. La signature d’un accord d’association avec l’UE est prévue pour juin. L’écrivain Vitalie Ciobanu se demande si cela suffira à contrebalancer la propagande russe.

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