Brèves

09/02/2017 - Turkménistan : Human Rights Watch très pessimiste sur l’élection présidentielle

Dans une déclaration du 7 février, l’ONG Human Rights Watch estime que « la situation lamentable des droits de l’homme au Turkménistan compromet la possibilité d’une élection présidentielle libre et équitable ».

« La tenue de véritables élections est impossible quand les autorités maintiennent un contrôle étroit sur tous les aspects de la vie publique, en violant les droits fondamentaux liés à la liberté des medias, d’expression et de la société civile », a ajouté Hugh Williamson, le directeur de Human Rights Watch en Asie centrale.

Alors que le pays s’enfonce dans une crise économique sans précédent, l’élection présidentielle, prévue le 12 février, ne semble pas destinée à être différente de celles qu’a connues le Turkménistan depuis son indépendance en 1991.

Gurbanguly Berdymukhamedov, président depuis 2006, se présente à sa réélection contre neuf autres candidats. Pour la première fois, des personnalités issues d’autres partis que celui du président ont pu faire campagne, comme Durdygylych Orazov, pour le Parti Agraire, ou encore Bekmyrat Atalyev, un député membre du Parti des industriels et des entrepreneurs. Toutefois, le contrôle total des médias et de l’information par le gouvernement laisse très peu de chances à ces candidats de l’emporter.

En septembre dernier, une révision constitutionnelle, vue pour beaucoup comme un moyen pour Berdymukhamedov de rester président à vie, a levé la limite d’âge du chef de l’Etat et fait passer le mandat présidentiel de cinq à sept ans.

L’élection aura lieu dans un contexte économique très délicat pour Achgabat, qui a subi de plein fouet la baisse du prix global des hydrocarbures et perdu en l’espace de quelques mois deux importants importateurs de gaz : la Russie et l’Iran.

« La gravité de la crise économique est incroyable. Il y a des pénuries alimentaires et le gouvernement aurait interdit la pêche privée. Les populations centre-asiatiques sont généralement résilientes, mais le Turkménistan approche rapidement du point de non-retour », s’alarme Luca Ansechi, spécialiste du pays cité par Eurasianet.org.

La situation est cependant difficile à estimer précisément, tant Achgabat s’isole de la Communauté internationale, et ce malgré une pression exercée par de nombreuses institutions internationales sur la question des droits de l’homme. 

Sources : http://www.eurasianet.org/node/82311

http://www.timesca.com/index.php/news/17658-upcoming-presidential-election-in-turkmenistan-lacks-rights-protections-watchdog

06/02/17 – Union douanière : fin de l’idylle entre le Bélarus et la Russie ?

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a sévèrement critiqué la décision de Moscou de rétablir sa frontière avec le Bélarus. Lors d’une conférence de presse fleuve de sept heures, vendredi 3 février, Loukachenko a accusé son grand voisin de violer les accords internationaux, évoquant même une « agression politique ».

La cause de ces déclarations trouve son origine dans la décision des services de sécurité russes (FSB), le 2 février, de réinstaller des postes frontières et des panneaux de signalisation dans les trois provinces russes bordant la frontière avec le Belarus.  Cela n’avait plus été le cas depuis 1995, lors de l’instauration d’une première union douanière entre les deux pays.

La Russie estime que la mise en place par Minsk, début janvier, d’un régime sans visas de cinq jours pour les citoyens de 80 pays met en danger la protection de son territoire national. Le service de presse du Kremlin assure cependant que les changements dans les zones frontalières n'affecteront que les ressortissants de pays tiers et pas les citoyens russes et bélarusses.

Les différends liés à la zone de libre circulation ont commencé en 2014. Alors que la Russie mettait en place des « contre-sanctions » à l’égard des produits européens, Minsk avait refusé d’adopter des mesures similaires. La Russie avait alors renforcé ses contrôles des marchandises à la frontière, craignant un contournement des sanctions et un ré-étiquetage des produits au Bélarus.

Lors de sa conférence annuelle, le président bélarusse a également demandé des poursuites pénales à l’encontre du chef des services d’inspection sanitaire russe (Roselkhoznadzor). Depuis près d’un an, ces derniers imposent en effet des restrictions sur l’importation de produits bélarusses en Russie. En réaction à ces déclarations, le Roselkhoznadzor a annoncé, le lendemain, suspendre les importations de bœuf Bélarus en provenance de la province de Minsk.

Sources :

http://www.rbc.ru/newspaper/2017/02/06/58947ac99a7947f47c832f01

http://www.rfi.fr/emission/20170204-russie-bielorussie-epilogue-bataille-gaz-poutine-loukachenko

02/02/2017 - Moscou lance la dernière étape de la distribution de terres en Extrême-Orient

Quelques heures après le lancement de la troisième et dernière étape de campagne de distribution gratuite de terres en Sibérie orientale et en Extrême-Orient, mercredi 1er février, près de 2500 Russes avaient déposé une demande. Selon les prévisions, en 2017, le nombre de demandeurs devrait atteindre environ 100 000 personnes, alors que 43 000 personnes se sont déjà inscrites à l'une des étapes du programme.

Des spécialistes sillonnent les grandes villes toute l’année pour présenter cette mesure et ses avantages : exonération d’impôt foncier pour les familles nombreuses ou aides à l’installation. Un « Centre de soutien des destinataires de l’hectare de l’Extrême-Orient » a même ouvert ses portes dans le kraï du Primorié, réunissant juristes, ingénieurs agraires ou encore spécialistes du cadastre pour aider les nouveaux arrivants à s’installer.

Lire aussi sur Gare de l’Est : Russie : à l’assaut de la Sibérie orientale

En vigueur depuis juin 2016, cette loi appelée « hectare de l’Extrême-Orient » vise à développer des terres abandonnées dans les régions éloignées de Sibérie. Selon les statistiques officielles, les régions les plus demandées par les Russes sont les kraï du Primorié, de Khabarovsk, et la République de Sakha (Yakoutie). La loi concerne non seulement les habitants des régions concernées, mais également l’ensemble des citoyens russes depuis octobre 2016. Les bénéficiaires pourront utiliser la terre gratuitement pendant cinq ans au maximum. Passé ce délai, l’acquisition ou la location du terrain sera possible sous certaines conditions.

Sources : https://rg.ru/2017/02/01/za-neskolko-chasov-rossiiane-podali-tysiachi-zaiavok-na-besplatnyj-gektar.html

http://www.russieinfo.com/des-terres-gratuites-en-extreme-orient-russe-2016-06-01

31/01/17 – La Russie prolonge officiellement sa présence militaire au Kirghizstan

 

L’accord sur le statut des bases militaires russes au Kirghizstan est entré en vigueur en 2017. Signé en 2012, il sanctuarise les installations militaires russes sur le sol kirghiz pour quinze ans, prolongeable par tranches de cinq ans.

Ce décret réunit les différentes bases russes dans le pays, plaçant ainsi la base aérienne de Kant, la base d’essai du Lac Issyk-Koul, les installations de Chadlybar et le complexe autonome d’études sismiques de Mailuu-Suu sous un seul et même commandement, bénéficiant des mêmes règles de présence.

La Russie devra s’acquitter de 4,5 millions de dollars par an pour les loyers des bases d’Issyk-Koul et de Chadlybar. L’État kirghiz ne percevra pourtant pas de loyer pour les installations de Mailuu-Suu, en échange de quoi la Russie s’engage à fournir les données récoltées à l’Institut de sismologie du Kirghizstan. La base de Kant, quant à elle, est exceptée de loyer car elle fait partie des bases de réaction rapides de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective, organisation régionale qui lie six États de l’ex-URSS. . Les soldats russes, ainsi que des membres de leurs familles continueront à jouir d’une immunité juridique et administrative et la propriété de la base militaire russe restera inviolable.

La forte présence militaire russe au Kirghizstan est un sujet très largement répandu dans le débat public local. Le Kirghizstan, qui abritait jusqu’en 2014 une base aérienne américaine, dispose d’une armée de 12 à 15 000 hommes aux capacités vieillissantes. Bichkek compte donc beaucoup sur un partenariat stratégique avec la Russie pour sa défense.

Au fil des années et des relations entre les deux pays, il a entre autre été question augmenter le loyer des bases par 10 ou 20, d’exiger la formation des militaires kirghiz par les Russes, de fermer la base, ou même encore d’en ouvrir une autre dans le sud du pays.

Source : http://www.ng.ru/cis/2017-01-31/1_6916_kirgizia.html

Photo : Base militaire russe de Kant. Crédit : Mil.ru

31/01/17 – Ukraine : nouvel embrassement dans le Donbass

Le weekend du 28 au 29 janvier, les tensions ont été particulièrement vives dans la région d’Avdïvka, au nord de Donestk, où une offensive séparatiste serait en cours. Selon le dernier bilan du ministère des Affaires étrangères ukrainien, neuf personnes ont perdu la vie et une cinquante d’autres ont été blessées

Une unité de l’armée ukrainienne a par ailleurs annoncé sur Facebook le 30 janvier qu’une centaine de combattants séparatistes auraient été tués ces deux derniers jours. Cette ville de 17 000 habitants, contrôlée par les forces de Kiev, est le théâtre d’affrontement à l’arme légère et aux lance-roquettes Grad.

Le 31 janvier, le service des situations d’urgence a décidé de l’évacuation de près de 12 000 civils dans la zone d’Avdïvka. 80 bus et des trains ont été affrétés pour permettre l’éloignement des habitants.

Des mesures d’urgences ont également été mises en place dans l’usine de charbon de la région, et au niveau des centrales de chauffage, pour faire face aux températures très basses des prochains jours (-18°C annoncés le 1er février dans la région). Les combats ont en effet entraîné des coupures d’eau et d’électricité qui ont obligées les autorités à déployer un important dispositif d’urgence pour fournir nourriture et chauffage aux habitants.

Le président ukrainien Petro Porochenko, qui a écourté sa visite en Allemagne, a appelé le Groupe de contact trilatéral (Russie, Ukraine, OSCE) à se réunir rapidement.  

Sources : http://www.pravda.com.ua/rus/news/2017/01/31/7133974/

https://www.unian.net/politics/1750306-v-vsu-raskryili-kolichestvo-likvidirovannyih-rossiyskih-voennyih-za-dva-dnya-boev-na-donbasse.html

26/01/17 – La délicate question du statut juridique de la mer Caspienne

Le sommet des pays riverains de la mer Caspienne - qui se tiendra à Astana dans l’année qui vient,  pourrait enfin voir la signature d’un traité définissant le statut juridique de cette étendue partagée entre la Russie, le Kazakhstan, le Turkménistan, l’Iran et l’Azerbaïdjan.

Le vice-ministre des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, Khalaf Khalafov, a salué le 25 janvier dernier les progrès effectués par le groupe de travail spécial sur l'élaboration d'une Convention sur le bassin de la Caspienne. Des accords ont en particulier été trouvés entre l’Azerbaïdjan, la Russie et le Kazakhstan sur la répartition des fonds marins.

Pendant l'époque soviétique, l’utilisation de la mer et de ses ressources étaient encadrées par un Traité entre l’Iran et l’URSS. Depuis 1991, les cinq pays riverains de la Caspienne échouent à trouver un accord. Deux visions s’affrontent et évoluent au gré des découvertes de gisements d’hydrocarbures. L'une propose un partage de la mer à parts égales, l'autre s'appuie sur le droit international de la mer, qui instaure des eaux territoriales en fonction de la longueur des côtes de chaque pays.

La différence entre les deux statuts juridiques est fondamentale d’un point de vue stratégique puisqu’il implique le partage d'immenses ressources naturelles, mais soulève également des enjeux liés au transport et à l’utilisation du fond de la mer.

Stanislas Prichine, chercheur au Centre d'études sur l'Asie Centrale, du Caucase et de la région de la Volga ne croit pas à une partition sur la base du droit international : « La position de l’Iran n’a pas changé et Téhéran n’a toujours pas donné son accord à la partition de la mer ». L’Iran soutient en effet toujours la répartition en cinq parts égales, alors que les autres pays étaient séduits par une proposition russe préconisant l’application d’un droit de la mer légèrement remanié. Selon ce mode de calcul, l’Iran n’aurait accès qu’à 13% de la mer, contre 29% pour le Kazakhstan.

La question de l’utilisation du fond marin est également délicate. Elle oppose notamment le Turkménistan à l'Iran et à la Russie. Achgabat souhaite en effet pouvoir construire des gazoducs sous-marins sans l’avis de ses voisins. Enfin, les hésitations et atermoiements des négociateurs ayant conduit au fil des années à la militarisation de la mer Caspienne, la question de la place des navires de guerre et de leur circulation reste tout aussi sensible. 

Source : http://www.ng.ru/cis/2017-01-25/1_6912_kaspi.html

25/01/17 - Russie : un programme de développement pour le système pénitentiaire

Le service fédéral d'exécution des peines a dévoilé une partie du nouveau programme fédéral de développement du système pénitentiaire pour la période 2017-2025, qui devrait aboutir à un projet de loi avant le 21 février. Les premières propositions rendues publiques résident principalement dans l’augmentation du nombre de place dans les prisons et les camps, ainsi qu’une augmentation du nombre de travailleurs pénitentiaires.  

Actuellement l’infrastructure pénitentiaire russe compte 970 établissements colonies pénitentiaires, prisons, prisons médicales, établissements d’éducation fermés…. La construction de nouveaux lieux de détention est jugée nécessaire à l’amélioration des conditions d’emprisonnement, pour les rendre conformes aux normes internationales. De nombreuses organisations de défense des Droits de l’Homme combattent les conditions de vie dans les prisons russes, qui font l’objet de nombreuses requêtes auprès de la CEDH chaque année. Outre la surpopulation, les anciens détenus dénoncent le manque d’accès à l’hygiène, aux soins médicaux, les fouilles corporelles systématiques, mais aussi la brutalité et la corruption du personnel pénitentiaire.

Le dirigent de l’organisation « Pour les droits de l’Homme », Lev Ponomarev, estime que pour venir à bout du problème central qu’est celui de la surpopulation dans les établissements pénitentiaires, il serait moins onéreux de décider d’une amnistie à grande échelle, et de l’adoption d’une justice pénale moins centrée sur les peines carcérales.

De son côté, Valery Borchtchev, membre de la Commission civique d’observation de la région de Moscou estime que l’inégalité de la répartition géographique des colonies et prison est préoccupante : « Nous avons besoin de colonies dans le centre du pays et dans sa partie européenne. Il faut se débarrasser de notre héritage du GOULAG, qui fait qu’un grand nombre de camps se situent en Sibérie Selon le code Pénal, il est recommandé d’emprisonner les gens à proximité de leur lieu de résidence. La détérioration des relations familiales a en effet un impact négatif sur les gens ».

Le financement d’un tel programme s’élèverait à 96,5 milliards de roubles (soit 1,5 milliard d’euros). Au cours des 10 dernières années, le budget du service fédéral d’exécution des peines a été multiplié par 6, alors que dans la même période, le nombre de détenus a diminué de 820 000 à 650 000.

Sources : http://www.ng.ru/politics/2017-01-25/3_6911_turma.html

http://www.gddc.pt/direitos-humanos/portugal-dh/acordaos/docs/FICHES_Conditions_de_dtention_FR.pdf

24/01/17 – Russie : l’endettement des ménages à la loupe

Selon une étude de United Credit Russie, environ 60% des russes actifs ont contracté un emprunt bancaire. Dans certaines régions cependant, ce taux frise les 100%, comme dans les régions de l’Altaï, Kourgan ou encore en Bouriatie.

La somme moyenne de l’emprunt a cependant diminué par rapport à l’année dernière, de 214 à 209 mille roubles (environ 3200€-3300€). Mais les disparités régionales sont immenses : la somme moyenne des emprunts contractés en Tchoukotka, dans la région de Khanty-Mansiysk ou dans à Magadan est ainsi d’environ 482 mille roubles par personne, soit environ 7500€.

« Beaucoup ont besoin d'améliorer leurs conditions de logement et de qualité de vie rapidement. A l’exception des prêts, il n’y a malheureusement pas d’autres façons de changer la situation de la plupart des russes. » explique Constantin Ordov, professeur de gestion à l’Université Plekhanov.

Selon un sondage de la Haute école d’économie, une famille russe sur 5 ayant un prêt à rembourser, y consacre la moitié de ses revenus, et près de 25% y consacre un tiers de son budget. Les experts interrogés par Rossiskaya Gazeta s’alarment en outre de la multiplication des cas de familles qui contractent des emprunts pour en rembourser d’autres. La responsabilité des banques peu regardantes sur la solvabilité de leurs clients serait en cause.

La banque de Russie doit faire dans les prochaines semaines des propositions pour réduire l’endettement des ménages et devrait également lancer une nouvelle méthodologie pour le mesurer. 

 

Source : https://rg.ru/2017/01/22/za-god-chislo-zaemshchikov-v-rossii-vyroslo-do-447-mln-chelovek.html

23/01/17 – Ukraine : un projet de loi rendant la langue ukrainienne obligatoire

33 députés de différents groupes parlementaires ont déposé un projet de loi visant à rendre obligatoire l’utilisation de la langue ukrainienne dans la sphère publique. Ils proposent en effet l’utilisation de l’ukrainien dans les magasins, les médias, dans l’enseignement supérieur mais aussi la traduction des spectacles.

Ils proposent également la création d’ « inspecteurs de la langue », et l’introduction d’amendes entre 3000 et 8000 grivnas en cas de violation de la loi (entre 100 et 275€) . L’une des co-auteurs du projet, la députée du Bloc Porochenko Oksana Iurynets estime qu’il s’agit là une façon de « réparer les erreurs » causée par la loi sur les langues régionales.

Aujourd’hui en Ukraine la Constitution garantit la langue ukrainienne comme langue nationale. Une loi supplémentaire adoptée en 2012 définit les langues régionales, comme le russe, utilisées par les minorités nationales, que des députés proposent d’abroger. Depuis la révolution de Maïdan, plusieurs propositions visant à supprimer la langue russe de l’espace public avaient déjà provoqué de vifs émois et débats au sein de la société ukrainienne.

Source : http://www.segodnya.ua/politics/pnews/novyy-zakon-o-yazyke-nuzhen-dlya-ispravleniya-dopushchennyh-oshibok-nardep-790646.html

21/01/17 – Le Kazakhstan s’octroie le droit de réduire l’accès à internet

Dans un communiqué de presse, le Comité de sécurité nationale (KNB) du Kazakhstan a annoncé une nouvelle mesure s’ajoutant à la loi antiterroriste adoptée en décembre 2016, permettant ponctuellement la réduction de l’accès à internet.

Cette mesure pourrait, selon le texte, être utilisée pendant 24 heures sur le seul avis du Procureur général en cas d’opérations anti-terroristes, dans les cas de criminalité organisée et de troubles à la sécurité publique.

Mikhail Komissarov, vice-président du Comité des communications et technologies a par ailleurs annoncé une modification de la loi qui obligera les usagers d’internet à s’enregistrer sur un site pour poster des commentaires. Les autorités justifient cette mesure, moquée sur les réseaux sociaux, par la « guerre de l’information ». Komissarov déclare en effet vouloir lutter contre « les contenus ambigus » menant à des « incivilités et incitations à la haine inter-ethnique et religieuse ». Cette mesure ne s’appliquera vraisemblablement que sur les sites internet dont le siège se trouve au Kazakhstan, ce qui exclut de fait les réseaux sociaux les plus populaires, situés en Russie ou aux Etats-Unis…

Sources : https://financialtribune.com/articles/economy-sci-tech/57799/kazakhstan-orders-new-curbs-on-internet-use

https://www.zakon.kz/4840575-v-knb-rasskazali-kak-budut-regulirovat.html

18/01/17 – Russie : la loi « Dima Iakovliev » jugée à Strasbourg

Suite aux requêtes introduites par 45 familles américaines, la cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a reconnu le caractère illicite et discriminatoire  de la loi « Dima Iakovliev » qui visait à interdire l’adoption d’enfants russes par des américains. Cette loi, connue sous le nom d’un enfant russe adopté par un couple américain et mort suite à des actes de maltraitance avait été votée en 2012.

Suite à l’adoption de cette loi, ces familles américaines candidates à l’adoption d’un enfant russe s’étaient vues refuser leur projet d’adoption. Des refus intervenus alors même que les procédures étaient le plus souvent dans leur dernière phase, et que des liens étroits avaient déjà été tissés avec ces enfants.

La CEDH a condamné Moscou à s’acquitter du préjudice moral estimé par la Cour à 3 000 dollars par famille, ainsi que des remboursements de frais de justice, à hauteur de 600 dollars. Une somme dérisoire jugée « symbolique » par la partie russe, pointant une décision « technique ».  

Les officiels russes ont fait part de leur mécontentement après le verdict, certains allant jusqu’à accuser les plaignants d’être motivés uniquement par les compensations financières. Le vice-ministre de la justice Georgii Matyushkin a d’ailleurs évoqué la possibilité de faire appel de cette décision.

Environ 71 000 enfants, dont 20 000 handicapés sont privés de protection parentale en Russie selon les données nationales. L’exclusion depuis 2012 des Etats-Unis de la liste des pays ayant la possibilité d’adopter en Russie a entraîné une chute spectaculaire du nombre d’enfants qui retrouvaient une famille à l’étranger : moins de 10% d’entre eux ont été adoptés à l’étranger.

Sources : http://www.ng.ru/politics/2017-01-18/1_6905_strasburg.html

http://fr.rbth.com/international/2017/01/18/la-cedh-tacle-la-loi-russe-sur-ladoption_683563

http://hudoc.echr.coe.int/eng-press#{%22itemid%22:[%22003-5598989-7073404%22]}  

 

18/01/17 - Ukraine : une association d'aide aux sans-abri ferme ses portes

(version mise à jour le 19/01/17)

Alors que Kiev vient de connaitre une importante vague de froid (avec des températures aux alentours de -20°C ) une des rares associations qui venait jusqu’alors en aide aux sans-abri de la capitale ukrainienne a fermé ses portes fin décembre.

Chaque jour l'association "Partenariat social" apportait une aide aux nombreuses personnes sans domicile de la ville mais également aux familles nombreuses dans des situations extrêmement précaires et aux déplacés de l'Est de l'Ukraine.

L'association a annoncé la fin de son activité par l'intermédiaire de sa page Facebook, le site internet continue pourtant de fonctionner et ne mentionne pas de cessation d'activité. Dans son communiqué, elle explique n'avoir pu obtenir de soutien ni des autorités locales, ni des entreprises, ni même des médias : "L'un des exemple des difficultés auxquelles nous avons fait face est que l'Association n'a pas été autorisée à créer un nouveau lieu de refuge pour les personnes sans domicile fixe, qui aurait sauvé de nombreuses vies. Nous ne demandions pas de soutien financier, nous avions seulement besoin de la coopération des autorités municipales et de l'aide pour attirer l'attention de l'opinion publique et des médias". 

Enfin, l'association souligne aussi qu’aucun tarif particulier ne lui avait été octroyé. L'un des derniers projets de financement participatif sur le site de l'association (lien en fin d'article) est en effet consacré au paiement d'arriéré de factures d'électricité de l'organisation, un sujet sans doute moins convainquant pour les donateurs.

Fondée par l’ancien maire de Kiev Leonid Tchernovetski l’association assurait des maraudes pendant lesquelles elle offrait des repas chauds et tenait une cantine qui servait des centaines de repas chaque jour. Elle proposait en outre un programme de réintégration sociale, des aides juridiques, des vêtements etc.

"Partenariat social" était suivi par un public attentif sur les réseaux sociaux et bénéficiait d'une indéniable notoriété. Le fait qu’elle ait été créé par un ancien maire de Kiev surnommé Liona Cosmos (pour moquer le fait qu’on ne savait jamais ce qu’il faisait ni où il était) n’avait jamais porté préjudice à l’organisation.

En Ukraine, les sans-abri sont encore largement stigmatisés par la société et il n’est pas écrit que de nouvelles structures viennent remplacer dans l’immédiat celle qui disparaît, de surcroît au plus fort de l’hiver. Cette situation montre aussi la position délicate de nombreuses associations qui ont du mal à trouver des fonds et à diversifier leurs sources de financement pour assurer la continuité de leurs services.

 

Source : https://www.facebook.com/socpartnerstvo/photos/a.133389893359288.15639.132961290068815/1351479534883645/?type=3&theater

https://socpartnerstvo.org/en/projects/finished/82-dnevnoj-centr-pomocshi-stefaniya/

 

17/01/17 – Le débat sur la peine de mort refait surface en Russie

Le chef du comité législatif de la Douma et ancien ministre de la justice, Pavel Kracheninnikov ("Russie Unie") a déclaré le 16 janvier dernier qu’il était temps de supprimer les articles du Code Pénal relatifs à la peine de mort. « De facto, nous n’avons pas la peine de mort : non seulement elle ne s’applique pas, mais elle ne peut pas être prononcée par un tribunal » a-t-il ajouté. En effet, la Russie a accepté un moratoire sur la peine capitale lors de son adhésion au Conseil de l’Europe en 1996, en signant – sans toutefois le ratifier, le protocole 6 de la Convention européenne des droits de l'homme. La Cour constitutionnelle avait par ailleurs interdit l’application de la peine capitale en 2009, malgré le fait qu’elle demeure toujours dans le Code Pénal pour les  cas d’« infractions particulièrement graves portant atteinte à la vie ».

La position de Pavel Kracheninnikov ne trouve pourtant pas d’écho parmi les législateurs et ce, quelle que soit leur couleur politique. Les députés seraient davantage enclins à prolonger le moratoire, semblant estimer qu’il reflète « l’ambiguïté » actuelle de la société russe sur la question (Michael Emelyanov, « Russie Juste »)

Selon une étude menée depuis 1989 par le centre Levada, les russes sont toujours majoritairement favorables à cette peine, mais la part des opposants augmente au sein de la population. 

Source : http://kommersant.ru/doc/3194244

12/01/17 – Ukraine : vers la création d’une « police financière » ?

Le ministre des finances ukrainien, Oleksandr Danylyuk, a estimé, dans un message publié sur Facebook le 11 janvier, que la suppression de la « milice fiscale » avait été « une erreur ». En effet, la modification du Code des impôts, adoptée le 21 décembre dernier par la Rada, a entraîné la suppression de la milice par la formation d’un vide juridique.

Le ministre estime qu’il est impossible de revenir sur cette suppression et annonce à la place la création d’une police financière, en accord avec les institutions financières internationales. Le projet de loi pour la création de la nouvelle police sera examiné le 18 janvier prochain par le gouvernement. Il prévoit une réduction drastique des effectifs par rapport à l’ancien service , un recrutement par concours et une augmentation des salaires, de façon à rendre la fonction plus attractive.

Le ministre a par ailleurs précisé que la nouvelle police n’empêchera pas le travail des entreprises « honnêtes », comme le dit le discours officiel, et que la majorité des effectifs de cette structure seront alloués à des travaux d’analyse.

Source : http://lb.ua/economics/2017/01/12/355710_minfin_predlozhil_vosstanavlivat.html

11/01/17 - Saint Pétersbourg : la Cathédrale Saint Isaac restituée à l’Eglise

Le gouverneur de Saint-Pétersbourg Georgi Poltavchenko, a annoncé le 10 janvier la restitution de la cathédrale Saint Isaac au diocèse de la ville. Cette décision, prise « en accord avec le Patriarche Cyril » provoque les protestations de la communauté culturelle de la ville, ainsi que des membres de l’opposition au parlement de Saint-Pétersbourg.

En 2015, le gouverneur avait une première fois refusé de transmettre la responsabilité de l’édifice à l’Eglise, estimant son incapacité à entretenir la cathédrale et sauvegarder son patrimoine. Par sa fréquentation, la cathédrale est le troisième musée de Russie et son chiffre d’affaires s’élèverait à 650 millions de roubles (environ 10 millions d'euros), dont 200 millions (3 millions d'euros) sont utilisés pour sa restauration. Ce transfert de responsabilités pourrait prendre 6 ans, temps nécessaire à la réorganisation des expositions.

Source : http://www.kommersant.ru/doc/3188098

10/01/17 - Russie : 2017 : « année de l’écologie »

L’année 2017 ayant été déclarée « l’année de l’écologie » par les autorités, de nombreux quotidiens russes se penchent sur le sujet de l’environnement.

Le traitement des déchets comme priorité

Dans une interview au quotidien Rossiskaya Gazeta publiée le 10 janvier, le ministre de l’écologie Sergueï Donskoï évoque les objectifs en matière d’écologie pour l’année 2017. Il annonce tout d’abord que de nouvelles règles de gestion des déchets doivent être adoptées puis mises en place au niveau régional, afin de réduire les décharges clandestines, et d’encourager le recyclage. Il assure par ailleurs vouloir placer la préservation de la biodiversité du lac Baïkal, l’amélioration de l’air en zone urbaine et la lutte contre l’abattage illégal des arbres au centre des préoccupations de l’année 2017, avec la mise en place de mesures comme l’instauration de « ceintures vertes » autour des villes, ou d’un nouveau système du marquage du bois.

Les énergies renouvelables menacent les exportations russes

En Russie, la part de la consommation de sources d'énergie renouvelables ne dépasse aujourd’hui pas 1%. Les autorités russes s’inquiètent des coûts élevés de l'énergie verte, malgré sa rentabilité de plus en plus évidente pour certains pays. Le vice-ministre de l’énergie Alexei Texler a toutefois annoncé que la production d’électricité issue d’énergies renouvelables serait multipliée par 10 en 20 ans. Pour atteindre cet objectif, l’Etat devra augmenter d’ici 2024 ses capacités en énergie solaire et éolienne.

 

Sources : http://www.ng.ru/economics/2017-01-10/1_6897_energy.html

https://rg.ru/2017/01/09/glava-minprirody-rasskazal-kak-reshit-ekologicheskie-problemy-rossii.html

09/01/17 - Caucase : le rédacteur-en-chef de « Kavkazkii Uzel » menacé par un élu tchétchène

Dans un message publié le 5 janvier sur Instagram, le président du parlement tchétchène, Magomed Daoudov, a menacé le rédacteur en chef du site d’information « Kavkazkii Uzel », Grigori Chvedov, de lui « raccourcir la langue ».

Ce dernier a répondu qu’il considérait cette menace comme une menace pour tous les journalistes. Il a par ailleurs annoncé qu’il ferait appel à un avocat pour entrave au droit des journalistes à exercer leur profession.

Fondé par l’ONG russe Memorial en 2001, le site « Kavkazkii Uzel » dénonce régulièrement les persécutions dont sont victimes les habitants des républiques du Caucase, ainsi que la répression subie par les journalistes dans la région.

Source: https://meduza.io/news/2017/01/07/spiker-chechenskogo-parlamenta-prigrozil-ukorotit-yazyk-glavredu-sayta-kavkazskiy-uzel 

21/12/16 - Le sort des éco-activistes mis en cause par la Compagnie minière de l’Oural reste incertain

Les militants écologistes,Mikhaïl Bezminskii et Igor Jitenev, ont été accusés « d’extorsion » par des représentants de la Compagnie minière et métallurgique de l’Oural (UMMC). Ils auraient, en effet, exigé la somme de 26 millions de roubles en échange de l’arrêt des manifestations contre les opérations de recherche de gisement de nickel et de cuivre dans la région de Voronej.

Les deux accusés, arrêtés fin 2013 et placés en résidence surveillée, clament toujours leur innocence. Le 20 décembre, le vice-procureur général a demandé le report du procès en raison de nombreuses irrégularités de procédure, mais aussi par manque de preuves.

Source : http://www.kommersant.ru/doc/3176431

20/12/16 – Russie : quelles mesures pour éviter l’intoxication aux substituts d’alcool ?

Des dizaines de personnes sont mortes la semaine dernière, dans la région d’Irkoutsk, après avoir ingéré de l’alcool frelaté, contenant en réalité des huiles de bain parfumées. Face à phénomène inquiétant, les autorités russes tardent à prendre de réelles mesures.

Au niveau fédéral, un système informatisé unique pour la gestion de la vente d’alcool a été mis en place afin de lutter contre les dangers de l’alcool frelaté. Grâce à ce système, chaque bouteille d'alcool est ainsi suivie de la fabrication à la vente en magasin. Néanmoins, de nombreuses personnes continuent d’acheter des produits de substitution très nocifs. La teinture, par exemple, ne contient pas moins de 75% d’alcool, pour un coût infiniment moindre.

En Russie, l’accès à la vente d’alcool est limité après 23 heures, mais les produits de substitution peuvent être achetés à toute heure, en pharmacie par exemple. Le chef du gouvernement, Dmitri Medvedev, a appelé hier la Douma à prendre des mesures sur tous les produits contenant de l’alcool. Le vice-président du comité de la protection de la santé, Nicolas Govorin, a ainsi proposé d’assimiler la teinture et les autres produits à la production d'alcool et d’augmenter son prix.

Le quotidien Nezavissimaïa Gazeta, rappelle pourtant que le fond du problème est ailleurs : la pauvreté, la précarité et le manque de perspectives sont autant de facteurs qui poussent les gens à boire et à chercher à se procurer de l’alcool toujours moins cher. Le quotidien rappelle également que la consommation de produits alcoolisés est, cette année, plus élevée en Russie que l’année dernière à la même période.

Source : NG http://www.ng.ru/economics/2016-12-20/1_6889_alco.html

17/12/16 - Crise politique en Abkhazie

Depuis le 15 décembre dernier, des manifestations organisées par l’opposition secouent la petite république d’Abkhazie. Le Bloc des forces de l’opposition, mené par Aslan Bzhania, appelle à la démission le président Raul Khadjimba, élu en 2014. L’opposition pointe du doigt la gestion de l’administration actuelle et le non-respect des promesses électorales du président Khadjimba, qui auraient participé à la détérioration de la situation socio-économique de la région. Ce dernier encourage le parlement à négocier un accord de sortie de crise avec l’opposition et rappelle que celle-ci pourra manifester son mécontentement sur le terrain démocratique lors des prochaines élections législatives qui se tiendront au printemps sur ce petit territoire indépendant de la Géorgie depuis 1999 et non-reconnu par la communauté internationale.

Sources : http://www.civil.ge/eng/article.php?id=29700

http://www.ng.ru/cis/2016-12-15/7_6887_abkhazia.html