Brèves

19/03 - Echanges houleux au parlement ukrainien durant le discours du parti nationaliste

Coups et échauffourées sont devenus événements courants au sein du parlement ukrainien. Ce mardi les travaux ont subi une nouvelle interruption suite à de violentes altercations entre les députés.

Des coups de poings et des empoignades ont bloqué la session parlementaire en Ukraine, ce mardi 19 mars. La première étincelle est due à la langue du discours prononcé par le leader du Parti des Régions, Oleksandr Yefremov. Fidèle à l'idiome de la majorité de son électorat, Oleksandr Yefremov a prononcé son speech en russe. Les membres du Svoboda, le parti d’opposition d'extrême droite, ont alors commencé à entonner « ukrainien ! », pour que le discours se fasse dans la langue nationale. Mais juste après, la parole a été donnée à Oleh Tiahnybok, le leader du Svoboda. Les députés Parti des Régions auxquels s'étaient associés les députés communistes ont alors réagi de la même façon. Ils ont commencé à crier « fascistes ! ». Pendant ce discours, les députes des différentes coalitions s'étaient réunis autour du député qui avait la parole, les visages étaient tendus, et la tension montait. La seconde étincelle n'a pas tardé, un député a décroché un coup de poing mettant ainsi le feu aux poudres. Volodymyr Rybak, le président de la Rada (le parlement ukrainien) a été obligé de suspendre la session. Les travaux ont toutefois repris plus tard dans l'après-midi.

Ce genre d'événements a commencé à devenir affaires courantes depuis que le parti Svoboda avait fait une percée surprise aux élections d'octobre 2012, obtenant près de 10 % des sièges au parlement, alors que les sondages ne lui en donnaient pas plus de 5 %. Les travaux au sein de la Rada étaient en suspens depuis le mois de février, suite a un bras de fer entre la majorité gouvernementale et l'opposition.

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14/03 - Les pourparlers entre Pristina et Belgrade iraient-ils bon train ?

La haute représentante de l'Union européenne Cathy Ashton a rencontré ce jeudi (14 mars) les dirigeants du Kosovo dans un premier temps, et de la Serbie ensuite. Elle a commencé par une réunion à Pristina avec la présidente kosovare Atifete Jahjaga et le premier ministre Hasim Thaçi.

Le but ayant été de faciliter le dialogue entre la Serbie et le Kosovo. Il est question, selon la haute représentante, de résoudre la situation du nord-Kosovo au plus vite. Trois municipalités de cette zone du Kosovo sont contrôlées par des Serbes. Les habitants sont d'ailleurs majoritairement serbes et certains refusent de reconnaître l'autorité du Kosovo. Parmi eux une grande partie demande le rattachement à la Serbie.

Belgrade revendique pour les Serbes du Kosovo une association de ces municipalités. Cette association devrait disposer de pouvoirs exécutifs, ce que Pristina a jusqu'à présent refusé. Catherine Ashton a poursuivi son déplacement officiel à Belgrade. En Serbie les opinions étaient plus divergentes. D'un côté, le président serbe Tomislav Nikolic s'est félicité de l'avancée des ententes entre les deux pays. Selon lui, jamais, les deux gouvernements ne se seraient retrouvés aussi proches d'un accord. Mais de l'autre côté, le premier ministre serbe Ivica Dacic est resté plus prudent. Selon Ivica Dacic, encore personne ne peut dire s'il y aura effectivement un accord. Il confirme toutefois sa disponibilité à trouver un compromis.

Le 20 mars prochain est prévue autre rencontre entre Catherine Ashton et les Premiers ministres kosovar et serbe. Il s'agirait de leur septième réunion avec Lady Ashton depuis la reprise des pourparlers en octobre 2012.

En savoir plus : http://www.garedelest.org/actus/breves/164-602-rencontre-entre-le-president-serbe-tomislav-nikolic-et-la-presidente-du-kosovo-atifete-jahjaga-a-bruxelles

Déclarations de C. Ashton: http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_Data/docs/pressdata/EN/foraff/136110.pdf http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_Data/docs/pressdata/EN/foraff/136120.pdf

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13/03 - Une balle perdue risque d'éloigner la Moldavie de l'UE

La Moldavie connaît depuis plusieurs jours une véritable crise politique qui remet en cause le renforcement de ses liens avec l'Union Européenne (UE). Un fait divers tragique remontant au mois de décembre a contribué à déclencher cette situation explosive dans un pays pourtant récemment  présenté comme le bon élève du Partenariat oriental mis en place par l'UE avec ses voisins de l'Est.

Lors d'une partie de chasse illégale dans la réserve naturelle du Padurea Domneasca, située dans la localité de Glodeni, au nord-ouest de la Moldavie, une balle perdue tue un promeneur. L'accident avait impliqué Valeriu Zubco, un procureur proche du Parti Démocrate moldave, un des partis de la coalition du premier ministre Vladimir Filat. Les faits remontent à la fin du mois de décembre 2012 et avaient initialement été gardés secrets. Ils ont ensuite refait surface le 6 janvier dernier, lorsque Sergiu Mocanu, leader du mouvement « Anti-Mafia », avait accusé le procureur de cet homicide involontaire. Vlad Filat avait alors demandé les démissions des personnes impliquées. Bien que cette requête fût accueillie positivement par le parlement, une motion de censure a, par la suite été votée, à la demande du Parti Démocrate, soutenu par l'opposition communiste. N'ayant pas obtenu la confiance, Vlad Filat avait alors annoncé sa démission. Le Président Nicolae Timofti l'a acceptée le 8 mars dernier. Ainsi tombe l'Alliance pour l'Intégration Européenne, principale coalition du gouvernement, alors que des soupçons de corruption, des combats personnels, et d'autres faits troublants minaient déjà la majorité. Les discussions au sein de cette coalition reprendront vraisemblablement la semaine prochaine, au moment du retour de Vladimir Filat de Bruxelles, où il doit rencontrer différents leaders politiques, en amont du sommet Européen de ce jeudi (14 mars).



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13/03 - Les violences en Macédoine reflètent une tension au sein du gouvernement

Le chaos urbain du week-end du 3 mars a traduit un malaise déjà fortement enraciné à Skopje. Cette fois c'est la nomination de Talat Xhaferi à la tête du Ministère de la défense (20 février 2013) qui aura mis le feu aux poudres. Talat Xhaferi est un ancien commandant de la guérilla albanaise. Le Dostoinstvo, le mouvement d'anciens « défenseurs de la patrie » avait alors décidé de se rassembler, le vendredi 2 mars, devant le siège du gouvernement. Mais ce rassemblement d'anciens combattants auquel s'étaient joints beaucoup d'autres jeunes Macédoniens avait aboutit à des affrontements avec les forces de police. Les violences s'étaient, par la suite, répandues dans plusieurs quartiers de la ville, où des collégiens albanais avaient subi des agressions.

En réponse, des jeunes Albanais s'étaient rassemblés à leur tour, le lendemain, devant le siège du gouvernement. Une situation semblable à celle de la veille s'était reproduite. Le rassemblement avait aussi dégénéré en affrontements urbains. Des voitures sont incendiées, et la police s'est vue obligée d'intervenir au gaz lacrymogène. Des arrestations suivirent. Les violences ont saccagé une partie de la ville.

Les événements sont survenus juste après que le commissaire européen à l'élargissement Stefan Füle eut quitté le pays et au même moment où les députés se réunissaient en séance exceptionnelle pour voter des amendements constitutionnels. Stefan Füle pensait ainsi avoir réussi à mettre en place une entente au sein du gouvernement sur les changements à apporter à la loi électorale, afin que les candidats de l'opposition sociale démocrate puissent se présenter aux prochaines élections municipales prévues pour le 23 mars. Alors que ceux-ci les avaient initialement boycottées suite à des dérives au sein du gouvernement.

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12/03 - Des échanges de tirs font trois morts en Kabardo-Balkarie

Le site d'information Mediafax a rapporté la mort de trois hommes en Kabardo-Balkarie, une république instable du Caucase russe. Les trois suspects se trouvaient à bord de deux voitures. Les chauffeurs auraient refusé un contrôle d'identité et les forces russes ont ouvert le feu. Du côté des forces russes, Mediafax ne rapporte aucune victime et le degré de violence demeure inconnu.

Toutefois les échanges de coups de feu ne sont pas rares aux postes de contrôle routiers ainsi qu'ailleurs dans cette région du Caucase. Notamment à la suite d'une insurrection islamiste issue des différentes guerres séparatistes en Tchétchénie.

Si le président russe Vladimir Poutine a plusieurs fois appelé à une paix ethnique et religieuse depuis sa dernière prise de fonctions, la région est aujourd'hui sous les projecteurs, en vue des Jeux Olympiques d'hiver 2014 qui auront lieu à Sotchi, dans l'ouest du Caucase.

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7/02 - Un an avant le début des JO d'hiver à Sotchi, les critiques pleuvent sur l'organisation

A un an jour pour jour du lancement des premiers jeux olympiques d'hiver organisés sur le sol russe, Vladimir Poutine avait sans doute rêvé d'une situation un peu différente que celle qu'il a trouvée aujourd'hui en se rendant sur les futurs sites olympiques. Les importants retards, notamment dans la construction du complexe de saut à skis, l'ont poussé à un nouveau limogeage, celui d'Akhmed Bilalov, vice-président du comité olympique russe. Les retards ne sont qu'une facette des multiples problèmes qui émaillent la construction des sites depuis que Sotchi a été choisie en 2007 pour les JO de 2014.

Pour en savoir plus, écouter l'émission "Gare de l'Est" consacrée aux JO de Sotchi

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6/02 - Rencontre entre le président serbe Tomislav Nikolic et la présidente du Kosovo Atifete Jahjaga à Bruxelles

C'est sous l'égide de l'Union européenne, et sur invitation de la Haute représentante de l'UE Catherine Ashton à Bruxelles, que les présidents serbe et kosovar se sont le 6 février rencontrés pour la première fois depuis leur élection respective. Une rencontre qui n'est pas allée au-delà du symbole, puisqu'elle résultait clairement d'une pression européenne en vue de l'intégration de la Serbie dans l'UE. Suite à la rencontre, le président Nikolić a rappelé qu'il ne reconnaîtrait jamais l'indépendance du Kosovo.

En savoir plus:

http://www.rfi.fr/europe/20130207-une-poignee-main-serbo-kosovarde-sous-pression-europeenne

http://balkans.courriers.info/article21747.html

Déclaration de C. Ashton: http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_Data/docs/pressdata/EN/foraff/135269.pdf

 

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5/02 Le Kazakhstan hôte des prochaines négociations sur le nucléaire iranien

Les services de Catherine Ashton, Haute représentante de l’Union européenne pour la politique extérieure commune, ainsi que les représentants du Conseil suprême de la sécurité nationale de l’Iran, ont annnoncé le 5 février que les prochaines négociations sur le nucléaire iranien débuteraient le 26 février et se tiendraient à Almaty au Kazakhstan. Le dernier cycle avait eu lieu à Moscou en juin 2012. Le Kazakhstan a ainsi été préféré par l’Iran à la Turquie – la proposition d’organiser des négociations à Istanbul fin janvier avait été rejetée par l’Iran, vraisemblablement en raison de la politique turque en Syrie.

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4/02 - Du mieux entre la Russie et la Géorgie

La Russie pourrait lever dès le printemps son embargo sur l'eau minérale et le vin géorgiens, imposé il y a sept ans dans un contexte de tensions croissantes entre la Russie et la Géorgie. C'est ce qu'ont annoncé lors d'une conférence de presse conjointe, le 4 février, le responsable des services sanitaires russes Gennady Onishchenko et le directeur de l'agence nationale géorgienne du vin, Levan Davitashvili. Un signal clair de réchauffement des relations entre les deux pays, largement facilité par l'arrivée à la tête du gouvernement géorgien du milliardaire Bidzina Ivanichvili en octobre dernier.

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Medvedev et les "inadmissibles" pressions

Les pressions menées par certains pays et associations visant à obtenir une intervention du chef de l'Etat russe dans l'affaire de l'ex-patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, sont "inadmissibles", a annoncé le président russe Dmitri Medvedev dans une interview à la chaîne Bloomberg TV le 26 janvier. Le 30 décembre 2010, l'ex-patron de la société pétrolière russe Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, et son associé Platon Lebedev ont été condamnés à 14 ans de prison au terme de leur second procès pour détournement de pétrole et blanchiment.

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La Géorgie relance sa chaîne russophone

La chaine par satellite Kanal PIK, lancée par le pouvoir géorgien pour contrebalancer l’influence des chaines dominées par le Kremlin, vient de recommencer à émettre.

Cette chaine avait été inaugurée une première fois début janvier 2010 et se présentait comme la "première chaîne russophone du Caucase hors du contrôle du Kremlin". L’initiative avait tourné court, la chaine voyant sa retransmission par Eutelsat interrompue une quinzaine de jours plus tard, sous la pression de Moscou.

Lorsque la chaîne avait commencé à émettre en janvier 2010, le vice-ministre russe de l'Intérieur Arkadi Iedelev avait qualifié ses programmes de "propagande anti-russe" et dénoncé une tentative d'"implanter l'idéologie extrémiste" dans le Caucase. Le président géorgien Mikheïl Saakachvili, qui participait à la première
émission diffusée, a déclaré que la chaîne pourrait "exercer une influence très sérieuse sur l'ensemble de la région".

Cependant malgré la volonté affichée du pouvoir géorgien de voir la chaine jouer un rôle important dans le paysage médiatique il s’est engagé à s’abstenir de toute ingérence politique. Kanal PIK s’est offerte les services d’une poignée de journalistes anglo-saxons dont l'ancien journaliste de la BBC, Robert Parsons, qui a pris la tête de la nouvelle télévision.

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La Kirghizie offre un sommet à Vladimir Poutine

Pour remercier Vladimir Poutine d’avoir permis la ratification d’un accord sur la suppression des taxes pour les exportations de combustibles russes vers la Kirghizie, le gouvernement de Roza Otounbaïeva a attribué son nom à l'un des sommets des monts Tian Chian culminant à 4446 m.

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Pétrole : alliance BP-Rosneft

BP a annoncé le 28 janvier un accord d'échange de participations et de prospection conjointe dans les hydrocarbures offshore avec la société pétrolière publique russe Rosneft.

BP devrait prendre le contrôle de 9,5% de Rosneft et le groupe russe 5% du britannique. Les participations sont valorisées 7,8 milliards de dollars (5,8 milliards d'euros).

Cet accord vise notamment l'exploration de certaines parties de l'Arctique, région dont BP pense qu'elle est très riche en hydrocarbures.
La Russie, premier exportateur mondial de pétrole, est cruciale pour BP, notamment en termes de réserves. Moscou de son côté, cherche à accroître son influence sur la scène financière mondiale en incitant ses grandes sociétés, notamment celles contrôlées par l'Etat, à racheter des sociétés étrangères.

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160 fonctionnaires bélarusses non-grata dans l'UE

L’UE à décidé d’élargir de 120 à 160 le nombre de fonctionnaires bélarusses à qui elle compte interdire l’entrée sur son territoire, au premier rang desquels Alexandre Loukachenko. Le projet de résolution invite également le Conseil de l'UE, la Commission européenne et la chef de la diplomatie communautaire,
Catherine Ashton, à décréter des sanctions économiques contre le Belarus et à bloquer l'aide octroyée au pays par le Fonds monétaire international et les institutions financières européennes.

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Kazakhstan : référendum ou pas ?

nazarbaiev kazakhstanNoursoultan Nazarbaïev, président du Kazakhstan depuis la période soviétique, a annoncé avoir saisi le Conseil constitutionnel pour statuer sur la légalité d’une réforme de la constitution proposée par le Parlement et permettant la tenue d’un référendum visant à prolonger son mandat jusqu’en 2020. Si l'idée était approuvée, ce référendum rendrait inutile l'organisation de la prochaine élection présidentielle en 2012. Noursoultan Nazarbaïev, réélu à la dernière présidentielle en 2005 avec plus de 90% des suffrages, lors d’une élection à la régularité contestée, s'était déjà vu octroyer le titre de chef de la Nation en 2010, qui lui confère notamment une immunité et des pouvoirs perpétuels. En dépit de ses entorses à la démocratie et aux droits de l'Homme, le Kazakhstan est devenu le premier pays de l'ex-URSS à assurer, en 2010, la présidence de l'OSCE, une institution qui doit justement s'assurer du respect des principes démocratiques dans ses 56 Etats membres.

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Le Tadjikistan cède 1% de son territoire à la Chine

Le 12 janvier, le parlement du Tadjikistan a approuvé un accord sur la délimitation de sa frontière avec la Chine mettant ainsi fin à un long conflit territorial concernant le tracé de celle-ci. Au terme de cet accord Douchanbé a accepté de céder près d’1 % de son territoire à la Chine. Les racines de ce conflit remontaient à la fin du XIXème siècle. Les deux Etats, tous deux membres de l’Organisation de coopération de Shanghai, se sont félicité de cet accord, le considérant tous deux comme un "succès diplomatique. La cession accordée à Pékin est en lien avec l'octroi par celui-ci au gouvernement tadjik "de crédits privilégiés et autres aides financières".

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Ukraine : l'exécutif contesté

loulia Timochenko a pris la tête, le 22 janvier, d'une marche qui a rassemblé environ 6000 personnes visant à protester contre l’exécutif ukrainien, accusé de détricoter les avancées démocratiques obtenues pendant le mandat de l’équipe orange, de 2005 à 2010. La manifestation comptait notamment dénoncer la réorientation de la politique étrangère ukrainienne vers Moscou. Dmytro Pavlytchko, célèbre poète a ainsi dénoncé devant la foule : "Notre pouvoir est aux ordres du Kremlin" alors que Ioulia Timochenko accusait le pouvoir de harcèlement à l’encontre de l’opposition. L'Ukraine est régulièrement accusée depuis l’arrivée au pouvoir de Viktor Ianoukovitch de dériver vers un régime plus autoritaire et de malmener l’opposition.

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L'Albanie en proie à ses vieux démons

manifestations albanieC'est presque une tradition depuis la chute du communisme : après chaque élection le camp perdant accuse l’autre de falsifications. Cette fois ce sont les socialistes menés par Edi Rama, Maire de Tirana qui contestent depuis de longs mois la validité des élections dont les démocrates menés par Sali Berisha sont sortis vainqueurs. Si l’Albanie est habituée aux crises politiques celle-ci est particulièrement longue, les élections contestées s’étant déroulées en juin 2009. Depuis lors la situation n’a fait que se tendre, un dialogue de sourd s’installant entre les deux camps. L'opposition a réclamé notamment un nouveau dépouillement des voix que lui a refusé le pouvoir. Durcissant sa position, l'opposition a tout d'abord boycotté le Parlement, puis réduit son rôle législatif au minimum. Elle réclame maintenant la démission de Sali Berisha.

Le 21 janvier 2011 la crise a connu un nouveau tournant, quand des manifestations de l’opposition ont dégénéré, se soldant par la mort de trois personnes qui ont succombé sous les balles. Face aux risques que font peser l’annonce de nouvelles manifestations dans les deux camps, la communauté internationale a commencé à se mobiliser. Le tout nouveau service diplomatique européen tente ainsi une médiation depuis le 26 janvier à Tirana. L’Ambassade des Etats-Unis a pour sa part demandé une enquête "transparente et impartiale" sur les événements.

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Un potentat à la commission

karimov barrosoFace à un besoin pressant de diversification de ses approvisionnements énergétiques, l’Union européenne n’a pas hésité, le 24 janvier, à sacrifier certains
de ses principes face à des intérêts économiques bien compris. En acceptant de recevoir Islam Karimov, le très autoritaire président de l’Ouzbékistan, entre
autre responsable de la sanglante répression du soulèvement d’Andijan en 2005 et considéré, avec son homologue turkmène, comme le pire dictateur
d’Asie centrale, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a entrainé l’indignation d’associations et d’ONG.

L’ONG Human Right Watch qui publiait son rapport 2011 ce jour là s’est insurgée contre cette visite, la promesse faite par Barroso d’évoquer la question des droits de l’homme n’ayant pas, loin s’en faut, convaincu les ONG. Qui est à l'origine de cette rencontre ? Selon la présidence ouzbèke, Islam Karimov
honorait là une invitation de José Manuel Barroso, alors que la Commission européenne a expliqué que le dirigeant ouzbek avait de lui-même décidé de venir à Bruxelles où José-Manuel Barroso a choisi de le rencontrer.

L'UE avait imposé des sanctions à l'égard du pays, en 2005, après le massacre d'Andijan. Celles-ci avaient été levées quatre ans plus tard, bien que l'enquête
indépendante réclamée n'ait jamais été ouverte. Outre une répression féroce des opposants et l’inexistence de la liberté de la presse, le régime est également accusé de pratiquer le travail forcé des enfants dans les champs de coton.

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