Brèves

13/11/2016 - Rencontre entre le nouveau président élu Donald Trump et Petro Porochenko ?

Le ministre des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine, a déclaré être en contact avec l'équipe du nouveau président américain élu Donald Trump pour envisager une future rencontre entre Porochenko et Trump. Cette dernière devrait prendre place avant ou après l'investiture prévue pour le 20 janvier 2017.


source :  https://www.rbc.ua/rus/news/mid-rabotaet-podgotovkoy-vstrechi-poroshenko-1479105052.html

13/11/2016 - 35 violations du cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine

35 violations de cessez le feu ont été observées dans l'Est de l'Ukraine dans la région du Donbass ce dimanche 13 novembre selon l'agence OAT, alors que quelques jours plus tôt, l'OSCE notait une baisse des attaques dans la région.

source : http://lb.ua/society/2016/11/14/350660_shtab_ato_naschital_35_obstrelov.html

13/11/2016 - Polémique autour de la nomination de la nouvelle adjointe du tonitruant ministre de l'Intérieur

Le tonitruant ministre ukrainien de l'Intérieur Avakov a créé la polémique en s'adjoignant une Vice-première ministre de ... 24 ans, Anastasia Deeva. Une nomination qui n'a pas manqué de faire réagir les réseaux sociaux qui n'ont d'ailleurs pas tardé à exhumer des photos de l'intéressée dans des postures peu dignes de ses nouvelles fonctions. La vice-Présidente de la rada, Irina Herachenko a également vivement critiqué la décision du ministre dont elle juge qu'elle s'est faite en dehors des règles légales. 

source : http://lb.ua/news/2016/11/13/350650_avakov_poyasnil_naznachenie_deevoy.html

 

08/11/2016 Retrait des troupes russes présentes en Transnistrie ?

Les autorités ukrainiennes ont donné leur feu vert pour la mise en place d'un corridor de sortie permettant l'évacuation des armes présentes dans le village de Cobasna et des forces armées russes déployées sur le territoire. 

Kiev et Chisinau se sont entendus pour que l'opération soit supervisée par la communauté internationale. De son côté, Moscou n'a pas encore officiellement appelé ses troupes à se retirer. 

Selon le politologue Alexandre Rar, cette annonce est liée précisément à la campagne présidentielle en cours dans le pays. Bien que qualifié de candidat "pro-russe", Igor Dodon - qui a toutes les chances de l'emporter au second tour de l'élection présidentielle le 13 novembre - a affirmé que "la République de Moldavie est un État indépendant et que, par conséquent, aucune force étrangère ne devait se trouver sur son territoire". 

08/11/2016 Une Porsche et quatre appartements. La déclaration d'une procureure ukrainienne de 25 ans

Quatre appartements, une Porsche Cayenne et des allers-retours fréquents en République dominicaine et en Égypte, le tout avec un salaire de 75 000 grivnas annuel (soit 2 600€). La déclaration électronique de la procureure Alena Bobita, âgée de 25 ans, du district d’Obolon (nord de Kiev) n'a pas manqué d'attirer l'attention des activistes du Centre d'action anti-corruption. Affaire à suivre.

http://nv.ua/ukraine/politics/porsche-volkswagen-i-chetyre-kvartiry-chto-zadeklarirovala-25-letnjaja-prokuror-iz-kieva-263731.html

08/11/2016 Démission de Mikheil Saakachvili

Mikheil Saakachvili démissionne de son poste de gouverneur d'Odessa déclarant « La région d’Odessa n’est pas seulement aux mains d’individus corrompus, mais aussi des ennemis de l’Ukraine. Je ne peux plus le supporter. Je démissionne. »  Départ fracassant mais qui ne devrait pas pour autant marquer la fin des ambitions politiques de l'ex-président géorgien en Ukraine selon plusieurs experts.

http://www.segodnya.ua/politics/pnews/uyti-po-gruzinski-pochemu-saakashvili-podal-v-otstavku-i-chto-budet-dalshe-767708.html

France 24 https://www.youtube.com/watch?v=N12OLVXbQcc

 

30/08/2016 - Ouzbékistan : incertitudes après la « mort annoncée » du président Karimov

Pour la première fois depuis son arrivée à la tête de l’Ouzbékistan, en 1990, Islam Karimov, 78 ans, n’assistera pas aux cérémonies du 1er septembre consacrées à l’indépendance de cette ancienne république soviétique d’Asie centrale.

Fait exceptionnel, les rumeurs concernant son hospitalisation, le 27 août, ont été confirmées officiellement le lendemain, puis reprises sur les chaînes de télévision publiques. Sa fille, Lola Karimova, a par la suite précisé sur son compte Instagram que son père avait été victime d’une attaque cérébrale et se trouvait à présent en réanimation. Selon l’opposition, le président aurait fait un malaise à la suite à d’un banquet célébrant les médaillés olympiques ouzbèkes.

Le site d’information « Fergana News », qui avait été parmi les premiers à relayer l’hospitalisation du président, a annoncé, lundi soir, que ce dernier était décédé. L’information n’a toujours pas été confirmée officiellement. Sur Facebook, une blague circule affirmant que seul le président Karimov sera en mesure d’autoriser l’annonce de sa mort.

Originaire de Samarkand et diplômé d’économie, Islam Karimov a gravi tous les échelons du parti communiste ouzbèke avant d’être élu président de la République soviétique d’Ouzbékistan en mars 1990, puis premier chef de la République d’Ouzbékistan l’année suivante. Malgré la Constitution qui prévoyait initialement deux mandats maximum pour le chef de l’Etat, Karimov – qui a bâti son pouvoir sur la répression systématique de toute forme d’opposition – est parvenu à être réélu successivement à la présidence du pays le plus peuplé d’Asie centrale – avec plus de 30 millions d’habitants. Lors de la dernière élection présidentielle, en 2015, Islam Karimov avait obtenu plus de 90% des suffrages.

Une succession incertaine

Victime d’une première attaque cérébrale en 2013, le président Karimov était déjà au cœur de spéculations quant à sa succession. De nombreux experts estiment actuellement que Chavkat Mirziyoïev, premier ministre depuis 2003, est le mieux placé pour prendre le pouvoir. Bien que disposant d’un charisme moindre que celui président actuel, Chavkat Mirziyoïev bénéficierait d’appuis considérables au sein du clan Karimov et des services de sécurité.  Selon l’expert Vitali Volkov, Mirziyoïev serait également privilégié par le Kremlin.

La piste d’une succession familiale n’est pas non plus à exclure. En avril dernier, plusieurs sources avaient affirmés que la fille cadette du président, Lola Karimova, avait été désignée par son père pour lui succéder. Cette possibilité est toutefois pour l’instant écartée par les experts, Lola Karimova ne semblant d’ailleurs pas encline à  prendre les rennes du pays. Sa sœur, Gulnara Karimova, est quant elle tombée en disgrâce, en 2014, suite à des accusations de corruption à grande échelle.

D’après les observateurs, deux autres haut-fonctionnaires seraient également en vue pour la succession : Roustam Inoiatov, le chef des services secrets, et Roustam Azimov, le vice-premier ministre en charge des questions financières et de la politique économique du pays.

En cas d’impossibilité pour le président d’assurer son mandat, la Constitution ouzbèke prévoit que le pouvoir sera exercé par le président du Sénat jusqu’à l’organisation de nouvelles élections.

19/08/2016 - Elections en Crimée : l’épineuse question des observateurs étrangers

Plus de deux ans après le « référendum » de rattachement à la Russie, la Crimée s'apprête à connaître son prochain grand rendez-vous électoral. Un scrutin qui, comme en 2014, pourrait avoir lieu sans observateurs de l’OSCE. Lundi 15 août, l’organisation a annoncé qu’elle ne déploiera pas d’ « observateurs de longue durée » en Crimée dans le cadre de l’observation des élections législatives russes qu’elle mènera prochainement (le scrutin est prévu le 18 septembre).

Suite à l’annonce par les services secrets russes, le 10 août, d’affrontements armés à la frontière entre l’Ukraine et la Crimée, le ministère des Affaires étrangères ukrainien avait demandé que le monitoring de l’OSCE en Ukraine soit étendu à la Crimée. Une proposition immédiatement rejetée par Moscou.  « La mission [de l’OSCE en Ukraine] comprend d’elle-même qu’elle n’a en aucun cas le droit de travailler en Crimée. Nous l’affirmons constamment et clairement », avait martelé, le 12 août, le représentant de la Russie auprès de l’OSCE, Alexandre Loukachevitch.

Ce dernier avait également rejeté la possibilité, évoquée dans les médias, que des journalistes mandatés par l’OSCE suivent le scrutin. Selon Moscou, la Crimée ne faisant plus partie de l’Ukraine, le monitoring spécial de l’OSCE en Ukraine et dans le Donbass ne peut  y avoir cours.

Des observateurs de « courte-durée » pourraient toutefois se rendre sur la péninsule dans le cadre de la mission de l’OSCE spécialement dédiée à ces élections. Aucune décision n’a encore été annoncée à ce sujet. 80 observateurs de « longue durée » ont été déployés en Russie par l’OSCE afin de suivre le décompte des voix, mais également les procédures composant le processus électoral. 420 observateurs « de courte durée » devraient les accompagner le jour du vote.

Les "observateurs" de la CEI

A défaut de pouvoir s’appuyer pleinement sur l’OSCE pour légitimer le scrutin en Crimée, le Kremlin pourrait se tourner vers la Communauté des Etats indépendants (CEI), dont la « souplesse » face aux fraudes de toutes sortes fait de longue date sourire dans nombre de chancelleries.

Il n'est toutefois pas certain que les pays membres de la CEI se positionnent ouvertement pour l'envoi d'observateurs dans la péninsule. En effet, hormis la Russie, aucun des Etats membres de l’organisation n'a pour l’instant reconnu  le rattachement de la Crimée. La question n'est pas à l'ordre du jour de la prochaine réunion de la CEI, prévue le 30 août.

Pour le journaliste ukrainien Igor Soloviev, la Russie cherche à s'appuyer sur la CEI pour renforcer "l'annexion juridique" de la presqu’île. Depuis le 28 juillet, la péninsule criméenne ne jouit plus d’une entité administrative propre et est rattachée au district fédéral du Sud, dont le siège se trouve à Rostov sur le Don. Pour Igor Soloviev, ce rattachement astucieux pourrait permettre de valider le scrutin en Crimée sans que, pour autant, des observateurs étrangers se rendent effectivement sur place.

R.C.

Sources :

Ria.ru
http://world.lb.ua
kommersant.ru
osce.org

20/07/2016 – Kazakhstan : obscures fusillades contre les forces de l’ordre à Almaty

Le matin du 18 juillet dernier, plusieurs fusillades ont éclaté dans le centre-ville d’Almaty, capitale économique du Kazakhstan. Un jeune homme de 26 ans, Rouslan Koulikbaïev, a attaqué à l’arme à feu un poste de police, un bâtiment du Comité pour la sécurité nationale (KNB) et des policiers dans une rue animée. Il a finalement été arrêté par la police.

Une chasse à l’homme a ensuite été lancée dans la ville pour retrouver son complice supposé, sur fond d’alerte rouge, le plus haut niveau de menace terroriste ayant été instauré à Almaty. Retrouvé en fin de journée, l’homme ne serait en fait qu’un chauffeur de taxi contraint d’aider Koulikbaïev.

Selon le ministre de l’Intérieur kazakh, Kalmoukhambet Kassymov, les fusillades auraient fait quatre morts, dont trois policiers et un civil dont l’agresseur aurait essayé de voler la voiture. En revanche, une source au sein des urgences d’un hôpital d’Almaty a affirmé à Reuters que six morts y avaient été enregistrés, dont quatre policiers, un civil et un suspect.

Flou médiatique et vent de panique

Tout au long de cette journée du 18 juillet les médias ont tardé à donner des informations cohérentes sur les événements, laissant le champ libre aux rumeurs propagées par le biais des réseaux sociaux. Certaines évoquaient des prises d’otages dans des centres commerciaux, des attaques contre des bâtiments militaires ou faisant état de la présence de chars d’assaut dans les rues, d’explosion dans un stade et ainsi de suite.

Une alerte à la bombe a également obligé les forces de l’ordre à faire évacuer la gare d’Almaty-1, mais les recherches n’ont rien donné.

Pour ajouter à la confusion, plusieurs chaînes de télévision ont également vu leur diffusion suspendue pendant quelques heures, d’après le site d’information EurasiaNet.org.

L’empressement des autorités kazakhes

Au contraire, le gouvernement kazakh n’a pas tardé à se faire entendre et à prendre position. « Un attentat terroriste est aujourd'hui survenu à Almaty, faisant malheureusement de nouvelles victimes », a déclaré le président kazakh, Noursoultan Nazarbaïev, lors d’une conférence de presse, alors que les opérations des forces de l’ordre étaient encore en cours.

Vladimir Joumakanov, directeur du KNB, affirme que Rouslan Koulikbaïev serait un salafiste djihadiste, qui se serait radicalisé en prison, alors qu’il purgeait une peine de deux ans pour vol et détention d’arme illégale.

Si un témoin confirme la thèse du terrorisme islamiste – l’agresseur aurait crié « Allahu Akbar » avant de tirer – le ministre de l’Information, Dauren Abaïev, tient à rester prudent, en dépit de la prise de position du président : « On ne peut pas encore se prononcer sur la question [s’il s’agit ou non d’un attentat terroriste]. Nous sommes maintenant en train de mener l’enquête et d’éclaircir la situation, il est donc encore trop tôt pour prendre position. »

Cela n’a cependant pas empêché Kassymov, le ministre de l’Intérieur, d’insister en affirmant que Rouslan Koulikbaïev voulait se venger des forces de l’ordre pour ses années en prison, arguant que le jeune homme n’avait rien à perdre puisqu’il était sur le point d’être à nouveau arrêté. En effet, Koulikbaïev correspondrait à la description du meurtrier d’une prostituée ouzbèke, assassinée le weekend dernier.

Le précédent d’Aktioubé

Si les autorités kazakhes penchent aussi volontiers pour l’hypothèse terroriste, c’est parce que le pays vient déjà d’essuyer une attaque présumée terroriste à Aktioubé, le 5 juin dernier.

Lire aussi sur Gare de l’Est : Kazakhstan : au moins 17 morts dans des affrontements armés

A noter que 200 à 400 Kazakhs et plusieurs milliers de citoyens d’Asie centrale seraient partis rejoindre les rangs de l’organisation « Etat islamique ».

Le gouvernement kazakh pourrait cependant essayer de faire passer l’opposition interne pour du terrorisme islamiste. De fin avril jusqu’au 21 mai, le Kazakhstan a, en effet, connu des mouvements de protestation auxquels les autorités ont rapidement mis fin.

Lire aussi sur Gare de l’Est : Kazakhstan : le pouvoir étouffe une nouvelle journée de protestation

Pour mémoire, Noursoultan Nazarbaïev est au pouvoir depuis l’indépendance du Kazakhstan, en 1990. Avant cela, il était arrivé au gouvernement de la République socialiste soviétique kazakhe en 1984.

 

C.C.

Sources :

http://meduza.io

http://www.eurasianet.org

http://tengrinews.kz

http://vlast.kz

14/07/2016 – Russie : un imam de Moscou assigné à résidence

Makhmout Velitov, imam de la mosquée Yardyam, située au nord de Moscou, a été arrêté et accusé d’apologie du terrorisme le 11 juillet dernier. La police a également effectué une perquisition dans la mosquée et au domicile de l’imam. Après avoir été relâché, Velitov a été assigné à résidence jusqu’au 27 août.

Cette accusation d’apologie du terrorisme a pour objet les propos élogieux que Makhmout Velitov aurait tenus en octobre 2013 à l’égard d’Abdoulla Gappaev, membre du parti islamiste Hizb ut-Tahrir, qualifiée d’organisation terroriste par la Russie et interdite dans le pays. L’accusation s’appuie sur les conclusions d’une expertise psycholinguistique des paroles de l’imam Velitov, selon laquelle : « [son discours] est composé d’un ensemble de signes psychologiques et linguistiques caractéristiques de l’apologie du terrorisme ».

En octobre 2013, au Daguestan, des drapeaux islamistes avaient été brandis pendant un mariage. La police avait fini par s’en mêler et avait arrêté certains membres de l’organisation Hizb ut-Tahrir. Abdoulla Gappaev devait alors témoigner en faveur de la défense pour dénoncer la violence des forces de l’ordre. Il n’en aura pas le temps : le 16 septembre 2013, Gappaev est tué à son domicile par des hommes non identifiés.

Daguir Khassavov, l’avocat de Makhmout Velitov, a déclaré que son client avait en partie reconnu sa culpabilité et qu’il risquait entre 2 et 5 ans de prison.

Depuis quelques années, et notamment avec l’apparition du groupe « Etat islamique » (EI), la Russie a intensifié sa politique de lutte contre le radicalisme islamiste. A noter qu’en décembre 2015, le nombre de citoyens russes partis grossir les rangs de l’EI s’élevait à 2 400 personnes. En revanche, cette lutte contre l’extrémisme se cantonne généralement aux régions du Caucase du Nord et aux républiques musulmanes de la Volga, c’est l’une des premières fois qu’elle arrive jusqu’ à Moscou.

Cette arrestation est d’autant plus surprenante que la mosquée Yardyam et l’imam Velitov font partie de l’islam traditionnel et ne sont pas hostiles aux autorités russes, ni même à l’Eglise orthodoxe.

Selon le politologue russe Alexeï Makarkine, Moscou joue là à un jeu dangereux : si cette arrestation n’est pas clairement justifiée, il faudra alors s’attendre à des protestations de la part des citoyens musulmans. En effet, l’islam est la deuxième religion de Russie, avec environ 10 millions de croyants (soit 7% de la population), dont 1 million vivent à Moscou.

Les forces de l’ordre russes semblent avoir rassemblé plusieurs témoignages certifiant de l’extrémisme potentiel de la mosquée Yardyam. « [Cette mosquée] est à part, elle existe comme un Etat en soi, avec ses propres règles et ses propres lois. Malheureusement, ces règles ne correspondent pas toujours aux normes de l’islam et j’entends parfois des musulmans s’en plaindre », a confié à RIA Novosti Ildar Alioutdinov, chef de la Direction spirituelle des musulmans de Moscou et imam principal de la mosquée-céthdrale de la capitale russe.

Le quotidien russe Gazeta.ru mentionne également l’attentat-suicide qui eut lieu dans un bus de Volgograd le 21 octobre 2013. Dmitri Sokolov, le mari de la kamikaze de Volgograd, Naïda Assialova, aurait en effet fréquemment visité la mosquée Yardyam.

 

C.C.

 

Sources :

http://www.vedomosti.ru

http://gordonua.com

http://www.mk.ru

http://www.gazeta.ru

12/07/2016 – Bosnie-Herzégovine : 21e anniversaire du massacre de Srebrenica

C’est dans le petit village de Donji Potočari qu’ont eu lieu les commémorations du 21e anniversaire du massacre de Srebrenica ce 11 juillet. Des milliers de personnes, des survivants de la tuerie pour la plupart, se sont rassemblées devant le mémorial dédié aux victimes de ce massacre reconnu comme génocide par la CPI.

En 1995, entre le 11 et le 13 juillet, l’armée de la République serbe de Bosnie, sous le commandement du général Ratko Mladić, y exécutait plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques musulmans de la région de Srebrenica. Les femmes et jeunes filles bosniaques, elles, avaient été déportées vers d’autres territoires.

Depuis, chaque année, des milliers de personnes se rendent en pèlerinage au mémorial de Potočari, inauguré en 2003, pour rendre hommage aux victimes du massacre. Déclaré jour de deuil national par le gouvernement bosnien, les drapeaux ont été mis en berne et des officiels bosniens se sont rendus à Srebrenica.

La commémoration des tueries de Srebrenica attise encore aujourd’hui les tensions entre Bosniaques et Serbes. En 2015, Aleksandar Vučić, le premier ministre serbe, avait été accueilli au mémorial par des jets de bouteilles et de pierres. En effet, si le parlement serbe a officiellement reconnu le massacre en 2010, il n’accepte toujours pas le terme de « génocide », pourtant reconnu par la Cour internationale de justice et le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.

Les Serbes ne sont toutefois pas insensibles à cet anniversaire tragique : à Belgrade, une centaine de défenseurs des droits de l’homme se sont rassemblés devant le parlement serbe pour déposer des bougies en mémoire des victimes du génocide. Rappelons que, l’année dernière, tous les événements de commémoration de Srebrenica avaient été annulés dans la capitale serbe.

Pour les survivants du massacre, la commémoration du 11 juillet reste un événement profondément douloureux. « A chaque fois que la date du 11 juillet approche, c’est un moment très pénible à surmonter, parce que l’on revit tout ce qui s’est passé ce jour-là. C’est difficile. Tu te replonges dans le passé et tu te rappelles de tout ce qui s’est produit, surtout nous, les mères qui n’ont jamais retrouvé leurs enfants », a confié une survivante du massacre, Hajra Ćatić, à l’organisation Balkan Investigation Reporting Network.

En effet, certaines plaies sont encore ouvertes, les cadavres des victimes n’ayant pas encore tous été identifiés ou même retrouvés. Chaque année, de nouvelles dépouilles récemment identifiées sont inhumées au mémorial de Potočari. Cette année, 127 victimes vont encore être enterrées.

A l’occasion du 21e anniversaire du massacre, le site d’information Balkanist a publié un reportage sur la Commission internationale des personnes disparues (CIPD), chargée d’exhumer et d’identifier les victimes du massacre de Srebrenica. « Nous avons identifié 22 nouveaux corps en 2016, portant à 6 615 le nombre de victimes identifiées, sur environ 8 300. Ce qui signifie que 90% des victimes ont maintenant été identifiées », a déclaré le docteur Dragana Vučetić, une anthropologue de la CIPD.

En justice, les choses avancent également. Le 24 mars dernier, Radovan Karadžić, ancien chef politique des Serbes de Bosnie, a été reconnu responsable du génocide de Srebrenica. Tandis que le procès de Ratko Mladić, ancien commandant en chef de l’armée de la République serbe de Bosnie, est toujours en cours à La Haye.

Lire aussi sur Gare de l’Est : Quel bilan pour le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie ? – Entretien avec Rachel Kerr

Si vingt-et-une années se sont écoulées depuis le massacre, les plaies tardent néanmoins à se refermer, et ce malgré les efforts de la justice internationale, comme l’a dit auBalkanist, Zinahida Mašić,une survivante du massacre : « Personne ne pourra racheter la vie de mes frères et de mon père, il n’y a pas assez d’argent dans le monde. Voir Mladić et Karadžić en prison, ça ne suffit pas ».

 

C.C.

 

Sources :

http://www.balkaninsight.com

http://balkanist.net

http://www.rferl.org

https://www.neweurope.eu

11/07/2016 – Belarus : les dissidents légalement sur écoute

L’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International vient de publier un rapport sur les manœuvres des autorités bélarusses afin de museler toute opposition dans le pays intitulé Il suffit que les gens pensent que ça existe – Société civile, culture du secret et surveillance au Belarus.

Le président bélarusse, Alexandre Loukachenko travaille depuis déjà longtemps à rétrécir le champ d’action de l’opposition. En 2014, une loi visant à bloquer des sites Internet sans permission préalable de la justice a été adoptée, suivie, en 2015, d’une directive permettant au gouvernement de limiter l’anonymat sur Internet.

Autre élément qui fait dire aux opposants qu’ils sont espionnés par le pouvoir : un décret signé par M. Loukachenko en 2010 oblige les entreprises de télécommunication à assurer un libre accès des autorités bélarusses aux données de leurs clients. « Les entreprises de télécommunication qui font affaire au Belarus doivent donner accès aux autorités aux données dont elles souhaitent disposer, quand bon leur semble. Dès lors, si le KGB, par exemple, veut les espionner, il n'a pas besoin de présenter un mandat, ni de demander à l'entreprise qu'elle lui accorde un accès aux informations », explique Joshua Franco, chercheur en technologies et droits de l’homme à Amnesty International.

La population bélarusse semble s’être résignée à cette situation : « La plupart des gens n'osent pas parler ouvertement au téléphone. C'est comme si cela faisait partie de notre mentalité. On a depuis toujours l'impression de vivre dans la peur, que tout est dangereux, et qu'on ne peut exercer aucun contrôle ni aucune influence sur cette situation. Je pars du principe que tout ce que je dis entre quatre murs ou au téléphone et tout ce que j'écris dans des mails parvient au KGB », témoigne anonymement un journaliste indépendant bélarusse.

Certains choisissent néanmoins de prendre cette situation avec le sourire, l’une des 50 personnes interviewées par Amnesty International évoquant son téléphone comme d’un « policier dans ma poche ».

Non seulement les forces de l’ordre bélarusses lisent les messages et écoutent les conversations, mais elles se servent aussi des téléphones portables comme de véritables mouchards leur permettant de géolocaliser certaines personnes.

Dans son rapport, Amnesty International incrimine non seulement le gouvernement bélarusse, mais aussi les entreprises de télécommunication du pays, financées pour la plupart par des capitaux étrangers – entre autres russes, autrichiens, turcs et suédois. « Elles ne peuvent pas se contenter de se justifier en montrant du doigt la loi. Faisant partie d’une industrie massivement rentable, elles ont le devoir de résister à une telle utilisation de la surveillance », dénonce Edin Omanovic, chercheur au sein de l’ONG Privacy International.

Si le cryptage des données permet aux dissidents de survivre à cette répression implacable, ce n’est pas pour autant une solution idéale. « De nombreux activistes se plaignent : ‘Nous savons nous protéger et encrypter nos données, nous savons comment garder secrètes les informations confidentielles. Mais en fin de compte, si nous dissimulons tout, nous  devenons un groupe secret. Alors comment faisons-nous au juste pour mener nos actions militantes ?’ », rapporte Joshua Franco.

 

C.C.

 

Lien vers le rapport d’Amnesty International (en anglais, espagnol, français ou russe) : https://www.amnesty.org/fr/documents/document/?indexNumber=eur49%2f4306%2f2016&language=fr

 

Sources :

https://www.rbc.ua

https://www.amnesty.org

http://www.theverge.com

http://42.tut.by

09/07/2016 - Russie : les nouvelles lois antiterroristes font trembler les opérateurs

Pas question de raccrocher. Dans une interview publiée le 7 juillet dans le journal Kommersant, le président de Megafon, l’un des principales entreprises de téléphonie en Russie, appelle à la création d’un nouvel impôt pour financer l’application d’une série de mesures antiterroristes votées le 24 juin dernier à la Douma : le désormais célèbre « paket Iarovaya ».

Lire aussi sur Gare de l’Est : Russie : de nouvelles lois liberticides pour lutter contre le terrorisme

Ces dispositions, qui portent le nom de l’un des instigateurs du projet - la députée du parti Russie unie Irina Iarovaya - prévoient un durcissement sans précédent de la législation pour lutter contre le terrorisme. En plus d’avoir déclenché l’ire des défenseurs des droits de l’homme et des libertés, l’adoption du « paket Iarovaya » inquiète également les entreprises de téléphonie. Et pour cause, ces dernières seront tenues, à partir de 2018, d’enregistrer systématiquement les conversations de leurs utilisateurs, mais également les fichiers échangés entre téléphones, et cela pendant une durée minimale de six mois. Les opérateurs devront par ailleurs, sous peine de lourdes amendes (jusqu’à 1 million de roubles - près de 14 000 euros), donner accès aux données chiffrées de leurs clients.

Le président de Megafon affirme que son entreprise ne dispose pas des fonds nécessaires pour mettre en place des centres d’enregistrement et de traitement des données. Il propose donc un impôt permettant de rassembler 1% du chiffre d’affaire de l’ensemble des opérateurs. Autrement, une forte hausse tarifs est envisageable. Le principal concurrent de Megafon – l’opérateur MTS – a également pris position contre ces nouvelles lois.

La Coupe du Monde en péril ?

Dès le mois de mai, les opérateurs étaient montés au créneau pour dénoncer ces mesures. Megafon avait voulu frapper les esprits en annonçant que leur adoption mettrait en péril les investissements consentis pour le Mondial de football 2018, organisé en Russie. « Il nous faudra 200 milliards de roubles (environ 2,3 milliards d'euros, ndlr) pour remplir les exigences de ce projet de loi », s’était plaint le PDG de Megafon, dont le bénéfice net annuel atteint les 50 milliards de roubles (environ 713 millions d'euros).

La FIFA exige en effet de la Russie des investissements conséquents pour assurer l’accès à Internet des supporteurs lors de la compétition. Ces dépenses, chiffrées par l’Etat russe à 14,7 milliards de roubles (près de 200 millions d'euros), ne seront prises à charge qu’à hauteur de 5,7 milliards (81 millions d'euros) par le budget public. Le reste devrait venir de la poche des opérateurs et du secteur privé.

Parallèlement à la grogne des opérateurs, celle des citoyens a fait timidement son apparition : une pétition demandant l’annulation du « paket Iarovaya » a été lancée sur Internet. 100 000 signatures sont nécessaires pour que la demande soit étudiée par la Douma.

R.C.

Sources :

Kommersant.ru
Meduza.io

09/07/2016 - Les navires-écoles russes entament leur tournée estivale (Photos)

Les navires-écoles russes Kruzenstern et Mir, ayant respectivement pour ports d'attache Kaliningrad et Saint-Pétersbourg, ont entamé leur tournée estivale européenne. Ils ont accosté hier à la rive de la ville flamande d'Anvers pour la première étape de la Tall Ships race, course réunissant des grands voiliers historiques venus des quatre coins du monde. Avec pour destinations Lisbonne puis Cadix, certains d’entre eux dont le Kruzenstern participeront au passage aux grandes manifestations de Brest 2016 (du 13 au 19 juillet).

 

Le Sedov, autre navire-école russe réputé pour être le plus grand du monde avec ses 117 mètres de longueur hors-tout, est aux abonnés absents malgré sa programmation à Anvers. Ce dernier devrait néanmoins rallier Brest où il est – plus que ses pairs – très attendu.

 

Comme le note le quotidien Ouest-France dans son édition du 8 juillet, un arrêté ministériel a été pris par les ministres des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et de la Culture Aude Azoulay le 27 juin dernier, afin de protéger les deux biens russes d’une éventuelle saisie, en les qualifiants temporairement de « biens culturels ». En effet, les autorités russes craignent des saisies en lien avec le règlement des 44,6 milliards de dollars réclamés par les actionnaires de feu la société Ioukos suite à un jugement rendu par la cour d’arbitrage de la Haye en 2014. Pourtant, en avril dernier, le tribunal de district de la Haye, avait invalidé cette condamnation. L’Etat russe n’a pas souhaité prendre de risques, d’autant que le Sedov avait été temporairement saisi lors de la fête maritime de Brest en l’an 2000…

Le Kruzenstern est un navire  construit en Allemagne en 1926 qui fut acquis par l'URSS en 1946 dans le cadre des dommages de guerre. Le Mir, lui, est un navire soviétique construit au chantier naval Lénine de Gdansk en 1987, il côtoie le long des quais d'Anvers un de ses cinq sisterships, le polonais Dar Mlodziezy. Le Sedov, le plus grand navire-école du monde, propriété de l’académie maritime de Mourmansk, a été construit en 1921 à Kiel en Allemagne et est devenu propriété de l’URSS en 1950, lui aussi au titre des dommages de guerre.

L.A.L.M.

Sources :
-
ouest-france.fr 
- letelegramme.fr

Crédit photos : Louis-Antoine Le Moulec, rives d'Anvers, juillet 2016.

08/07/2016 - Ukraine - Russie : des femmes brisent la loi du silence sur les réseaux sociaux

Un nouveau « hashtag » (mot clé) fait le buzz sur les réseaux sociaux russes et ukrainiens : #JeNaiPasPeurdeDire (#яНеБоюсьСказати). Les femmes  partagent leur vécu de harcèlement de rue, d'attouchements, de violences physiques et psychologiques allant jusqu'au viol. Par des inconnus, dans la rue, par des proches. Dans de longs messages sur les réseaux sociaux, elles racontent ces histoires intimes, douloureuses, qu’elles n'avaient, pour la plupart, jamais évoquées auparavant, et les rendent publiques.

Cette initiative n'a pas été lancée par une association de protection des droits des femmes. C'est une journaliste ukrainienne qui a utilisé ce hashtag la première, puis a inspiré et donné le courage à d’autres femmes de parler : « Je voudrais qu'aujourd'hui nous parlions, nous, les femmes, de la violence que la majorité d'entre nous a connue. Je veux que nous ne nous justifions pas « j'étais en jogging en plein jour, et je me suis quand même fait agressé ». Parce que nous n'avons pas à nous justifier. Nous ne sommes pas coupables, le coupable est toujours l'agresseur », commence Anastasia Melnychenko dans son récit publié le 5 juillet. Les femmes mettent en cause leur éducation soviétique et les tabous de la société. Les noms des agresseurs vont jusqu'à être taggués dans ces publications.

Devant le nombre de témoignages, la presse s'est emparée du sujet et plusieurs médias se font l'écho de ce mouvement qui suscite de nombreuses réactions. Si certains critiquent déjà ce déballage et le prennent à contrepied, d’autres avouent ne trouver le courage de rédiger leur histoire et de vider leur sac en public qu'au fur et à mesure. Les voix ne s'élèvent que progressivement contre la violence.

Ce buzz arrive à un moment où les questions sur la place des femmes dans les sociétés russe et ukrainienne gagnent en visibilité. Une nouvelle revue scientifique sur ces questions vient de voir le jour : Feminist Critique: East European Journal of Feminist and Queer Studies. En Ukraine, la mobilisation des hommes partis pour le front et la participation de femmes – non officielle jusqu’à tout récemment - dans les bataillons de volontaires et dans les rangs de l'armée régulière sont autant de facteurs, alliés aux valeurs véhiculées par l'Euro-Maidan, qui ont amené la société à s'interroger sur ces questions.

C. B.

Sources :

https://www.facebook.com/nastya.melnychenko/posts/10209108320800151

http://feminist.krytyka.com/

07/07/2016 - John Kerry visite Tbilissi avant de se rendre au sommet de l'OTAN

Le secrétaire d’Etat américain s’est rendu mercredi 6 juillet à Tbilissi, la capitale géorgienne. Lors de sa visite, il a notamment rencontré le Premier ministre Guiorgui Kvirikashvili et a signé un mémorandum relatif à l’approfondissement de la coopération américano-géorgienne dans le domaine de la sécurité et de la défense.

Cet accord de principe prévoit l’acquisition par la Géorgie de matériel militaire défensif et un approfondissement de l’échange d’informations à caractères stratégique et militaire. John Kerry ne s’est pas caché de l’objectif affiché: « (…) améliorer l’interopérabilité, la durabilité et le déploiement des forces géorgiennes (…) afin de pouvoir travailler et coopérer avec les forces de l’Otan. »

Les échanges de personnels et les exercices conjoints sont aussi à l’ordre du jour. Ce type de programme de coopération militaire bilatérale avec des forces de l’Otan existe déjà en Géorgie depuis plusieurs années. La France forme notamment depuis 2007 des militaires géorgiens au Centre d’entraînement militaire de montagne de Satchkhere. Ce centre compte parmi les Centres de formation et d’entraînements des partenariats (PTEC) tels que désignés par l’Otan.

L’amélioration de la sécurité aux frontières terrestres comme maritime ainsi que l’espace aérien font aussi partie des objectifs affichés par ce mémorandum.

Une rencontre est programmée à Washington courant juillet afin qu’une feuille de route soit établie d’ici la fin de l’année 2016.

Dans la droite ligne élaborée sous la présidence de Mikheïl Saakachvili (2004-2007 et 2008-2013) tenue par les successifs gouvernement géorgiens et ce, malgré l’alternance qu’a connu la Géorgie, les Etats-Unis ont réaffirmé leur soutien à l’intégrité territoriale de la Géorgie, dont les territoires d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie sont dits « occupés » par les forces russes depuis la guerre-éclair russo-géorgienne d’août 2008. Les Etats-Unis ont aussi réaffirmé leur soutien à l’intégration de la Géorgie dans l’Alliance atlantique, à la veille du sommet qui se tient les 8 et 9 juillet où sera notamment discuté la présence des bases en Europe orientale.

Comme à chaque visite officielle, le Secrétaire d’Etat a rencontré une partie de l’opposition, à savoir des représentants du Mouvement National et des Démocrates Libres, dont la position en terme de défense et d’alliance stratégique est la même que la coalition au pouvoir.

Une fois de plus, l’importance de la liberté de l’information et notamment de la télévision ainsi que l’organisation d’élections libres ont été soulignées. La Géorgie se rendra aux urnes le 8 octobre prochain pour des élections législatives.

De son côté, le Secrétaire d’Etat américain se rend ensuite à Kiev avant de rallier Varsovie pour le sommet de l’Otan. Un signal clair de la position et de la stratégie américaines à l’égard de l’ « étranger proche » russe.

LALM

Sources :

nato.int
civil.ge
fr.sputniknews.com

05/07/2016 - Kirghizstan : le président dévoile ses talents d’auteur-compositeur

« C’est l’une de mes premières chansons. Elle a souvent sonné comme une devise pour moi et m’a aidé à surmonter tous les obstacles que le destin avait mis sur ma route ». C’est par ces mots dignes d’un concert de Céline Dion qu’Almazbek Atambayev, le président de la République du Kirghizstan, introduit une vidéo publiée le 2 juillet sur Youtube.

Pendant un peu plus de deux minutes, l’homme d’Etat interprète seul, accompagné d’une guitare, une chanson de sa composition intitulée « En dépit du sort ». Il y est question, dans la langue de Pouchkine, d’amour perdu, de « souvenirs semblables aux gouttes de pluie » et du « phare de tes yeux tristes ». Les images d’un film d’amour kirghiz datant de la période soviétique (« Une Romance provinciale », Melis Ouboukeev, 1981) défilent tout le long de cette poignante interprétation.

Succès sur les réseaux sociaux

En peu de temps, la vidéo a eu un succès important sur les réseaux sociaux et comptabilisait, au 6 juillet, plus de 150 000 vues. Un chiffre à mettre en perspective avec la taille modeste de cette petite république d’Asie centrale (un peu moins de six millions d’habitants) et avec un plus faible accès de la population à Internet. La chanson a été publiée sur le compte d’Ordo production, compte qui, jusqu’à présent, n’avait diffusé aucune autre prestation présidentielle.

Le coup de communication du président kirghiz semble réussi. Plusieurs commentaires laudateurs sont lisibles sous sa prestation : « Un homme écrivant de telles chansons ne peut pas être mauvais », lit-on notamment dans les commentaires.

Le site d’informations Eurasianet.org, un brin rabat-joie, souligne toutefois que le ton de la chanson évoque plus un « personnage torturé et malchanceux » qu’« un homme d’affaire devenu opposant et arrivé au pouvoir à la faveur d’une révolution sanglante ».

Alzambek Atambayev, 59 ans, est président de la République kirghize depuis décembre 2011. Il avait auparavant joué un rôle actif dans les révolutions kirghizes de 2005 et 2010. Toutes deux avaient conduit à la fuite des présidents alors en exercice, Askar Akayev et Kourmanbek Bakiev. Concernant Atambayev, Eurasianet.org affirme toutefois que le Kirghizstan aurait été un endroit « plus heureux s’il avait fait un peu plus d’efforts et mis en place les réformes politiques nécessaires ». Son mandat prendra fin en 2017.

Pouvoir et dons artistiques

Preuve que la famille Atambayev, l’une des plus riches du pays, dispose d’une certaine aisance artistique (si ce n’est matérielle), la fille d’Atambayev est, elle, une jeune peintre et dessinatrice qui a récemment attiré l’attention des médias locaux en faisant don de plusieurs milliers d’euros à une œuvre caritative. Dans sa jeunesse, son père se destinait à une carrière littéraire et était membre de l’Union des écrivains soviétiques. C’est d’ailleurs en publiant des traductions en russe de best-sellers occidentaux qu’il a fait fortune au début des années 1990.

Cette performance gagne à être comparée aux sorties musicales du président turkmène à la télévision ou encore au duo entre Gérard Depardieu et Gulnara Karimova, la fille aînée du chef d’Etat ouzbek, tombée depuis en disgrâce suite à des accusations de corruption à grande échelle. Nous vous laissons juger de la qualité musicale de chacune de ces prestations !

R.C.

« Soudbé Nazlo » (« En dépit du sort »), par Almazbek Atambayev :

Le texte de la chanson (en russe) :

http://ru.sputnik.kg/society/20160704/1027304044.html

Sources :

kloop.kg
eurasianet.org
ria.ru

05/07/2016 – Russie : annulation du festival de musique électro Outline

Le festival de musique électro et de la nouvelle culture urbaine Outline qui devait avoir lieu le weekend dernier à Moscou, a été interdit et annulé quelques heures seulement avant son ouverture, samedi 2 juillet.

Organisé pour la première fois en 2014, ce festival se déroule d’ordinaire dans des lieux laissés à l’abandon : l’édition de 2016 ne devait pas déroger à cette règle puisqu’elle devait avoir lieu dans une usine désaffectée, au sud-est de Moscou.

Cette année, plus de 12 000 billets avaient été vendus. Ainsi, de nombreuses personnes se sont indignées face à l’annulation du festival Outline par les autorités moscovites, allant jusqu’à créer une pétition sur le site Change.org afin de comprendre les raisons ayant menées à l’interdiction du plus grand festival d’électro de Russie.

Ces raisons  sont, en effet, peu claires, les deux parties n’étant pas d’accord. Les autorités de la capitale accusent les organisateurs du festival de ne pas leur avoir demander la permission et d’avoir négligé certaines normes de sécurité. Elles rejettent de la sorte toute la responsabilité de l’annulation de l’événement sur la direction du festival Outline.

C’est d’ailleurs l’avis d’Andreï Tsybine, préfet du district administratif sud-est de Moscou : « [Ils] n’ont pas déposé leur demande 30 jours à l’avance, comme il est indiqué dans la législation, mais seulement le 29 juin ». Ce que les organisateurs du festival ont démenti sur les réseaux sociaux, expliquant que la demande envoyée le 29 juin à la préfecture n’est pas la première, mais l’une des nombreuses demandes qu’ils ont envoyées.

« Il est important de souligner le fait que l’édition 2016 d’Outline a été préparée avec le plus grand professionnalisme, toutes les mesures de sécurité essentielles ont été prises. La sécurité est notre priorité, en tant qu’organisateurs d’un événement de grande ampleur. Experts dans l’organisation de tels événements, nous avons scrupuleusement respecté toutes les formalités liées à l’obtention des licences et des permissions nécessaires », ont affirmé les organisateurs du festival auprès du ministère public.

La direction du festival a toutefois réussi à maintenir certains concerts en les organisant dans d’autres lieux moscovites. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de personnes se sont battues pour que le festival Outline ait lieu malgré tout, notamment sous la bannière « #savetherave ».

Selon le site d’information Noteru, l’annulation des festivals de musique devient une pratique de plus en plus courante par les autorités russes. En effet, l’année dernière, le célèbre festival de KaZantip (nouvellement appelé Befooz), en Crimée, a lui aussi été annulé. Tout comme le festival Kubana, contraint à déménager en Lettonie.

Kirill Serebrennikov, un réalisateur russe, considère que cette tendance est particulièrement néfaste : « J’expliquais justement il y a peu de temps à un journaliste comment la culture peut rendre une ville plus attirante. Comment elle peut la parfaire et l’embellir. Comment elle peut amener de nouveaux touristes à Moscou. Mais voilà qu’aujourd’hui, à la question « Comment peut-elle le faire ? », je ne peux plus répondre que : «  Elle en est incapable !!! » Une ville qui interdit sans raison la tenue d’un festival de musique auquel 20 000 personnes devaient participer n’a aucune chance. »

 

C.C.

 

Sources :

http://outline-festival.ru

https://meduza.io

http://kommersant.ru

http://www.the-village.ru

04/07/2016 - Bélarus : une "dénomination" du rouble historique pour combattre l'inflation

Vendredi 1er juillet, la République du Bélarus a connu la plus importante « dénomination » de son histoire : tous les prix ont été divisés par 10 000 et de nouvelles coupures, ainsi que des pièces de monnaie (qui avaient disparu en 1992) ont été mises en circulation. A Minsk, la capitale, le prix d’un jeton de métro est ainsi passé de 5500 à 0,55 rouble. Celui d’une bouteille de vodka, en moyenne, de 65 000 à 6,5 roubles.

Annoncé en novembre 2015, un mois après les élections présidentielles, le « D-Day », comme l’ont surnommé les médias locaux, était attendu avec inquiétude par une population qui redoute une nouvelle période de turbulences économiques. En 2009 et 2011, le pays avait en effet connu deux dévaluations aux conséquences désastreuses (108,7% d’inflation en 2011). Cette fois, hormis quelques erreurs de conversion dans les magasins, et plusieurs distributeurs tombés en panne, la transition s’est visiblement accomplie sans troubles majeurs. Pour l’instant.

Faisant fi de l’inquiétude, plusieurs Bélarusses ont accueilli l’évènement avec humour. Gifs caustiques, blagues potaches et autres réactions ironiques ont ainsi fleuri sur les réseaux sociaux. Sur sa page Twitter, le site d’information Online.by a notamment repris le logo du célèbre jeu « Qui veut gagner des millions ? » en le gratifiant d’un message détourné : « Marre d’être millionnaires ».

Après 1992 et 2000, c’est la troisième « dénomination » (la modification de la valeur nominale de la monnaie) que connaît le Bélarus depuis son indépendance en 1991. Le design des nouveaux billets, très semblables à celui des euros, avait toutefois été dessiné dès 2008 (il ne prend d’ailleurs pas en compte la réforme orthographique de 2010). La dénomination avait alors été repoussée à cause des difficultés économiques de 2009 et 2011.  

Troubles économiques

Cette mesure spectaculaire intervient dans un contexte économique qui reste compliqué pour le Bélarus, dont le PIB a chuté de 3,4% en 2015. Elle devrait, selon les autorités, permettre de réduire une inflation toujours forte, bien que passée, officiellement, de 16,5% en 2012 à 12% l’année dernière. En 2016, Minsk table sur une inflation équivalente à celle de 2015. Les experts en doutent : lors des cinq premiers mois, les prix ont déjà augmenté de 7%.

Face aux possibles tendances spéculatives, le président bélarusse, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, et réélu pour cinq ans en octobre, a promis, mi-juin, de « couper la tête » à ceux qui essaieraient de tirer profit de la situation. De son côté, Dimitri Lapko, le directeur de la banque centrale bélarusse, s’est voulu rassurant et a affirmé, début juillet, qu’il y aurait suffisamment de coupures de 200 et 500 roubles bélarusses pour tout le monde, sommes qui à présent représentent respectivement le salaire minimum et moyen des Bélarusses. Depuis la dénomination, ces coupures restent toutefois indisponibles dans les distributeurs et nécessitent une demande auprès de la banque centrale pour être délivrées.

Encouragements du FMI, mécontentement russe

Le Fond monétaire international (FMI) a salué cette mesure qui « facilite la vie des Bélarusses » et redore l’image de leur monnaie (avant la réforme, 10 dollars équivalaient à 200 000 roubles bélarusses). Le FMI a toutefois appelé Minsk à des réformes plus profondes : « Afin d'aboutir à la stabilisation de la monnaie bélarusse, le gouvernement doit prendre des mesures économiques solides en restructurant en premier lieu les entreprises publiques dont la plupart ne sont pas rentables », a précisé le chef de mission du FMI pour le Bélarus.

Minsk, qui souffre de carences budgétaires récurrentes, est en négociation avec le FMI pour l’obtention d’un prêt de 3 milliards de dollars. Ce prêt requiert des réformes libérales (baisse des salaires, privatisations, restructurations) difficilement compatibles avec la politique économique dirigiste prônée par Alexandre Loukachenko. De plus, cette aide est mal vue par Moscou, qui, malgré la crise, demeure le créancier traditionnel de l’économie bélarusse. Les autorités russes n’ont pas tardé à montrer leur mécontentement selon une méthode qui leur est assez ordinaire : l’entreprise étatique russe Transneft a annoncé, le 20 juin dernier, qu’elle réduirait ses exportations de pétrole vers le Bélarus au troisième trimestre 2016.

Depuis la crise ukrainienne, Minsk a entamé un rapprochement diplomatique avec l’Union européenne (UE), même si le pays, hormis certains secteurs (notamment les produits laitiers), souffre à la fois des sanctions prises à Bruxelles et à Moscou. Début 2016, l’UE a mis fin aux sanctions visant plusieurs dignitaires bélarusses, dont le président Loukachenko. Il s’agissait officiellement de récompenser la libération d’opposants politiques bélarusses et la tenue, en octobre 2015, d’élections plus transparentes qu’à l’accoutumée.

R.C.

Sources :

AFP
Tut.by
Lenta.ru
Ng.ru

04/07/2016 – Turkménistan : le président gracie plus de 600 personnes

Le président du Turkménistan, Gourbangouli Berdymoukhamedov, a signé un décret le 1er juillet ordonnant la libération de 612 prisonniers enfermés dans les prisons turkmènes, dont 26 étrangers, et ce en l’honneur de la fin du ramadan.

Les détenus étrangers viennent pour la plupart des pays voisins, emprisonnés au Turkménistan pour trafic de drogues, de cigarettes et autres types de contrebandes.

Le lendemain, le service de presse de l’Etat a annoncé que le décret de grâce signé par le président était une façon de « renforcer encore plus l’unité et la solidarité qui lient la société turkmène ».

Gourbangouli Berdymoukhamedov a assuré que les 612 détenus graciés seraient libérés à temps pour pouvoir célébrer la rupture du ramadan avec leurs proches. Il a également chargé les administrations locales d’aider les repris de justice à se réinsérer dans la vie active.

« S’inspirant des principes de miséricorde et d’humanisme de nos ancêtres, nous gracions régulièrement des citoyens de notre pays et des citoyens étrangers qui ont confessé leurs crimes et sont prêts à recommencer une nouvelle vie », a solennellement rappelé le président turkmène à l’occasion de cette grâce massive.

Cet événement n’a en effet rien d’extraordinaire au Turkménistan, où plusieurs grâces présidentielles sont prononcées chaque annnée, notamment à l’occasion du jour du drapeau turkmène (19 février), du jour de la Constitution du Turkménistan (18 mai), de l’anniversaire de l’indépendance du Turkménistan (27 octobre), sans oublier le jour de la rupture du ramadan.

Au Turkménistan, l’un des pays les plus autoritaires au monde (classé juste avant la Corée du Nord et l’Erythrée dans le classement mondial de la liberté de la presse en 2016 de Reporters sans frontières), ces vagues de grâce révèlent en fait la nature arbitraire de la justice. Successeur du despote Saparmourat Niazov, dont le règne avait presque duré 17 ans, Gourbangouli Berdymoukhamedov, au pouvoir depuis bientôt 10 ans, ne s’est pas éloigné de la ligne politique de son prédécesseur, instaurant comme lui son propre culte de la personnalité.

Ainsi, rien d’étonnant à ce que les prisons turkmènes figurent parmi les pires au monde, doublées d’un système judiciaire profondément corrompu. « Non seulement les prisonniers sont détenus dans des cellules insalubres, sont battus et punis de façon abusive, mais ils sont aussi totalement isolés du monde extérieur et de leurs familles », a expliqué Kate Watters, fondatrice d’une organisation environnementale et sociale en Asie centrale et en Russie, lors d’une conférence sur l’état des droits de l’homme au Turkménistan en mars 2015.

 

C.C.

 

Sources :

https://lenta.ru

http://www.rferl.org

http://thediplomat.com

http://hrbrief.org