La Macédoine à l’heure de la cohabitation séparée

(Article - 09/2013)

Alors qu’elle faisait, jusqu’en 2005, figure d’élève modèle des Balkans pour sa détermination à mener les réformes la conduisant vers l’adhésion à l’Union européenne, la Macédoine connaît depuis quelques années un regain de tensions communautaires et politiques. Erwan Fouéré livre son analyse des récents développements qui ont secoué le pays.

 

 

 

Gare de l’Est : De manière générale, comment définir le niveau actuel de pluralité politique en Macédoine ?

Erwan Fouéré: Il faut d’abord souligner la grande mixité de cette population avec une majorité de Macédoniens mais aussi 25% de la population qui est ethniquement albanaise, 2-3 % turque, 1% de Vlacs (de descendance romaine), des Serbes… On ne peut pas dire que ce mélange ethnique ait favorisé le consensus politique. Ainsi, depuis l’indépendance, les partis politiques au pouvoir se distinguent par leur ethnicité plutôt que par leur idéologie : il n’y pas de partis multiethniques, mais des partis d’ethnie albanaise et d’ethnie macédonienne.
Dans ces conditions s’est développée une tradition de gouvernements de coalition avec, après l’indépendance, en 1991, une domination de la tendance sociale-démocrate. Dès l’origine, rien n’a été simple, (suite...)