Géorgie : les plaies ouvertes

(Article - 10/2011)

8 ans après la révolution des roses et malgré quelques progrès marquants dans certains domaines les géorgiens sont globalement désillusionnés sur la situation du pays.


Gare de l'Est : Avec désormais un peu de recul peut-on dire aujourd’hui mieux quel a été l’impact du conflit russo-géorgien de 2008 sur le climat politique intérieur géorgien ?

Charles Urjewicz : Le climat n’est pas excellent. Nous sommes dans un système autoritaire qui proclame ses vertus démocratiques face à une opposition qui n’a pas été capable, non seulement de se rassembler, mais surtout de proposer un programme alternatif, pas seulement sur le plan de la politique extérieure – essentiellement pour ce qui concerne les rapports avec la Russie – mais aussi et peut-être surtout face à l’incapacité du pouvoir actuel à maitriser les difficultés économiques d’un petit pays pauvre, massivement assisté par l’Occident, et qui a énormément de mal à faire face à la crise mondiale.

Effectivement, il semble y avoir beaucoup de désillusions. Les autorités affirmaient vouloir s’inspirer du système à l’occidental dans le mode de gouvernance mais on plutôt l’impression parfois que les élites géorgiennes s’inspirent du « modèle russe » avec un pouvoir tout de même assez autoritaire…

En Géorgie il y a toujours le discours et la réalité, en particulier du côté du pouvoir, mais pas seulement. Il est vrai que Mikheil Saakachvili est arrivé sur la scène mondiale en brandissant le drapeau de l’Union européenne, mais peu de temps après il ne cachait pas que son modèle politique n’était pas Robert Schuman ou Jacques Delors, mais Kemal Atatürk.

GDE : Sept ans après la Révolution des Roses, le président dispose-t-il encore d’un fort soutien populaire? Reste-t-il des traces de l’ « union nationale » qui s’était rassemblée derrière lui suite au conflit ?

CU : Il jouit d’un soutien populaire par défaut ; quand la concurrence est absente, un peuple a plutôt tendance à se dire : il n’est pas excellent, il est peut-être même mauvais, mais je n’ai pas d’autre choix.

Cependant, contrairement à plusieurs autres pays post-soviétiques, l’opposition n’est pas complètement atone, elle existe réellement…

Oui, elle s’est manifestée de façon très massive en septembre 2007, mais cela n’a pas débouché sur quelque chose de concret. Elle est incapable de dégager un programme, une alternative, de poser sur la situation économique et sociale un regard différent de celui du pouvoir. Je crois que la Géorgie souffre terriblement d'un rapport biaisé à sa propre histoire ; elle n’est pas capable d’analyser sereinement son histoire récente, en particulier la première moitié du 20ème siècle. La Géorgie a fait face aux grands changements provoqués par la chute de l’URSS et à l’indépendance sans disposer d’un socle solide et stable sur lequel elle aurait pu s’appuyer.

GDE : C’est souvent une lecture particulière de l’histoire qui l’a fait sombrer dans les affres qu’elle a connues. Une lecture ultranationaliste.

CU : Oui, une lecture ultranationaliste qui s’appuie sur des mythes complètement éculés dans le monde occidental, y compris dans beaucoup de pays d’Europe de l’Est d’ailleurs.

GDE : Quelle est l’attitude que l’on observe aujourd’hui en Géorgie quant aux deux régions d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud ?

CU : Il y a d’un côté une grande douleur, puisque les Géorgiens sont très attachés à ces territoires qu’ils considèrent comme faisant partie de la nation géorgienne. Mais les Géorgiens  sont des gens raisonnables qui ont bien compris que ces territoires sont perdus, sinon irrémédiablement, du moins pour une longue période. Je ne suis pas sûr qu’ils soient prêts à mourir aujourd’hui pour l’Abkhazie ou l’Ossétie. Ils voudraient rétablir quelque chose avec la Russie, un pays où vit plus d’un million de Géorgiens, qui sont très présents dans les media, la culture et les affaires. La Russie est restée une métropole impériale où les Géorgiens occupent une place importante.

GDE : Y a-t-il eu un débat national sur le conflit ? Les Géorgiens rejettent-ils en bloc la responsabilité du conflit sur la Russie ou les accusations portées contre le Président géorgien, qui semble avoir aussi une part de responsabilité, trouvent-elles un écho ?

CU : Tout dépend du milieu. Dans certains milieux intellectuels critiques, on pose un regard extrêmement sévère sur les pratiques, non seulement de M. Saakachvili, mais aussi de M. Chevardnadze. De fait, le bilan de ces vingt dernières années est tragique. Mais si les Géorgiens sont souvent très critiques, ils comprennent que leur pays n’a pas été à la hauteur, n’a pas été capable de retenir ces territoires, de leur offrir une alternative, un avenir. Comment l’aurait-il pu ? Les Géorgiens ne disposent pas des outils qui leur auraient permis de trouver des solutions de compromis. Il n’en reste pas moins qu’il existe en Géorgie des ONG qui ont fait un travail remarquable ces dernières années et qui se sont penchées de manière sereine sur les rapports notamment entre Abkhazes et Géorgiens.

GDE : Les média ont-ils la liberté pour relayer ces débats ?

CU : La presse écrite, oui, mais elle est  relativement peu lue notamment hors de Tbilissi. Quant à la télévision elle est totalement contrôlée par le pouvoir à l’exclusion de Maestro, une petite station qui couvre à peine la totalité de Tbilissi.

GDE : Quel est le sentiment qui domine chez les élites intellectuelles ? Ces deux régions sont-elles définitivement perdues ?

CU : Oui, mais on espère aussi que quelque chose se rétablira, en raison des liens historiques très anciens, d’une culture commune. Mais ce qui s’est passé il y a deux ans est de ce point de vue désastreux.

GDE : Y a-t-il un dialogue officieux entre le gouvernement géorgien et les autorités des deux régions ?

CU : On imagine, on espère, qu’un dialogue se déroule discètement. La Géorgie, c’est de bonne guerre, tente de jouer sur les contradictions des différents groupes qui tentent de se partager le pouvoir en Abkhazie. Mais l’impression qui se dégage est quand même celle d’une grande confusion, notamment du point de vue géorgien, mais pas seulement.

GDE : La Géorgie a doublement souffert après 2008, avec les suites du conflit, notamment le drame des réfugiés et des destructions, mais aussi de la crise économique.

CU : Il faut même remonter plus loin. La Géorgie est sortie de l'URSS dans un état calamiteux, elle a connu une guerre civile extrêmement destructrice, et les élites soviétiques ont littéralement dépecé le pays qui est, au début des années 1990, dans un état effrayant. Par la suite, le pays retrouve une certaine stabilité. Quand M. Saakachvili arrive au pouvoir, le pays est appauvri par rapport au début des années 1990 ; vidé d'une partie de sa population, à la suite d'une très forte émigration. En 1989 on compte officiellement 5,5 millions habitants. Aujourd'hui on considère que la Géorgie compte  un peu plus de 4 millions d’habitants.

Lorsque M. Saakachvili arrive au pouvoir, il veut libéraliser la vie économique et les rapports sociaux tout en engageant une lutte très musclée contre la corruption qui gangrène l'économie. Cette lutte a été efficace dans l’administration, en particulier dans certains secteurs tel la police. Sur le plan économique, la situation est beaucoup plus contrastée ; on peut être séduit par les villages Potemkine, ces bâtiments que l’on repeint à la va vite à l'occasion d'une fête ou de la visite d'un personnage important venu de l'étranger. Mais le pays n'a pas encore réellement réussi à capter des investissements importants, en particulier dans l’agriculture et l’industrie.

La Géorgie  a reçu une aide étrangère massive, en particulier de l'Union européenne qui a fait un effort extraordinaire pour aider la Géorgie – et si certaines routes sont de bonne qualité on le doit à l'UE – mais le grand problème de la Géorgie ce sont ses rapports économiques avec ses deux grands voisins: au Sud, la Turquie, au Nord, la Russie.

Peut-on imaginer la Géorgie vivre une vie économique plus ou moins équilibrée sans rapport avec l’un des deux, la Russie ?  C'est impensable.

GDE : Ce difficile voisinage de la Géorgie avec la Russie remonte à fort longtemps. Déjà, avant le conflit, la Russie avait mis sous embargo la plupart des produits en provenance de Géorgie.

CU : L'embargo date de l'automne 2006 lorsque la Géorgie avait arrêté quatre officiers russes accusés d'espionnage, et avait organisé un véritable cirque médiatique autour de cette arrestation. Celle-ci avait inquiété les Occidentaux, notamment les Américains, qui ont fait savoir aux Géorgiens qu'il était temps de rétablir des relations normales avec la Russie. M. Saakachvili ne l'a pas compris, et tout cela a conduit à une profonde dégradation des relations entre les deux pays et à un embargo qui a plongé une partie très importante de l'économie géorgienne, et notamment la partie la plus dynamique, la plus porteuse d'avenir qu'est la viticulture, à la catastrophe. L'embargo dure toujours. Il y a certes maintenant des vols charters entre Tbilissi et Moscou mais ce n'est pas grand chose pour deux pays qui ont énormément en commun.

Concernant les relations avec la Turquie, les problèmes ne sont pas du fait des Turcs, qui font du commerce et sont des partenaires commerciaux classiques, mais de la Géorgie de M. Saakashvili qui a, au nom d'une idéologie libérale mal comprise, ouvert les frontières aux produits turcs. Elle a décidé qu'il n'y avait plus de droits de douane, plus de protection, et qu'il fallait, pour réveiller l'économie géorgienne, ouvrir les frontières aux pays étrangers. La Turquie a pu ainsi envahir le marché géorgien de produits agricoles très bon marché, pas toujours de bonne qualité, tandis que l'agriculture géorgienne s'en est trouvée encore plus affaiblie. Les paysans géorgiens sont dans une situation tragique, ils ne disposent pas de moyens et ne sont très peu aidés par l'Etat.

Lorsqu’on tente expliquer aux responsables géorgiens que même dans les Etats-Unis de M. Bush, l'Etat aidait massivement ses agriculteurs, ils ne semblent pas réellement comprendre…

GDE : C’est donc une transformation économique très idéologique qui a été opérée par M. Saakachvili ?

CU : En effet, et c’est une transformation qui ne tient absolument pas compte de la réalité de l’Union européenne dont les autorités disaient vouloir s’inspire mais reprend ce qu’il y a de plus caricatural dans le modèle américain. Le plus effrayant est de voir une opposition incapable de mettre le doigt sur ces problèmes, et de présenter un programme un tant soit peu social, qui s’inspirerait des expériences européennes.

GDE : Cette libéralisation s’est accompagnée d’une grande précarisation, avec un droit du travail réduit au strict minimum.

CU : Le plus tragique – et là la Géorgie se distingue du reste du bloc anciennement soviétique, et notamment de la Russie – c’est que le chômage est calculé de telle manière qu’il est impensable d’imaginer que les chiffres officiels soient recevables. Il suffit qu’un Géorgien – qui chez nous ou n’importe où ailleurs serait considéré comme chômeur – ait un tout petit lopin de terre et qu’il en tire quelques salades et quelques kilos de tomates pour considérer qu’il n’est pas chômeur. D’où une grande insécurité sociale. La population a reçu de véritables coups sur la tête et l’émigration a terriblement affaibli le pays.

La guerre de 2008 suivie de la crise économique a cependant ralenti le mouvement d’émigration. Les Géorgiens hésitent désormais à prendre le chemin de la Russie.

GDE : La Géorgie a pourtant reçu un soutien international massif après le conflit de 2008 : qu’est-ce qui a été fait de cet argent ? On entend dire qu’à Batoumi, sur la côte géorgienne de la Mer noire, sont actuellement construits des hôtels de luxe, est-ce là l’utilisation qui a été faite de l’aide internationale ?

CU : Cette aide a été utilisée pour construire des habitations provisoires pour les réfugiés. On est dans une société très malade, comme le sont beaucoup de sociétés post-soviétiques, où la solidarité, proclamée de manière très bruyante, ne s’exerce pas de manière toujours évidente. Une partie de la population considère que ces réfugiés d’Ossétie ont certes souffert, perdu leur maison ; mais les réfugiés d’Abkhazie affirment que pendant vingt ans on les a littéralement abandonnés dans des chambres d’hôtel où s’entassaient des familles entières, et qu’aujourd’hui il n’y en a que pour les réfugiés d’Ossétie du Sud. La situation est donc très difficile, mais on ne peut cependant pas dire que l’argent ait été détourné.

Pour ce qui est des hôtels de Batoumi, il y a un véritable problème lié au caractère fantasque du pouvoir, et en particulier de son président, et à un sens très peu aigu des réalités. Ce que M. Saakachvili n’a pas compris - mais que beaucoup de Géorgiens comprennent - c’est qu’aujourd’hui dans les magasins de spiritueux en Russie, les vins géorgiens ont été remplacés, non pas par des vins russes mais par des vins chiliens ou sud-africains, qui sont meilleur marché et de bonne qualité. Ainsi on aimait les vins géorgiens, mais on les oublie…

Il en est de même de la Géorgie comme pays de villégiature. Maintenant, les Russes vont en Turquie, à Chypre, en Grèce et en Egypte par millions. Le littoral abkhaze est de surcroit beaucoup plus beau que la côte adjare, du côté de Batoumi, et il est évident que les Russes vont y investir, puisqu’il y a continuité territoriale. Il est sans doute juste de développer Batoumi, mais on ne le fait pas de manière très rationnelle, ni très réaliste. De même, on s’est mis en tête de développer la magnifique région de Svanétie, en haute montagne, mais la Géorgie a-t-elle les moyens de concurrencer la Suisse, la France, l’Autriche ?

Dans le même registre, on peut citer un scandale qui a fait couler beaucoup d’encre en Géorgie : l’invitation du New York Philarmony Orchestra à venir faire une tournée dans le pays. Les Géorgiens en étaient très fiers, jusqu’au jour où les Américains ont découvert que les organisateurs n’étaient pas capables de payer. Les dirigeants ne sont pas encore rentrés dans un monde réel, que ce soit sur le plan économique ou le plan politique.

GDE : On est bien loin des espoirs déclenchés par la Révolution des roses en 2003 ?

CU : C’est un fait. Il  n’en pas moins que si je ne m’attendais pas à un miracle, car je connaissais la réalité du terrain et certains de ceux qui allaient prendre les rênes du pouvoir, je me disais qu’ils étaient jeunes, ouverts, connaissaient le monde, c’est-à-dire d’atouts leur permettant de faire progresser le pays. Le résultat est décevant.

GDE : Le conflit de 2008 a-t-il déclenché une redéfinition de la politique étrangère géorgienne, sachant qu’on aurait pu s’attendre à une remise en cause du prisme américain, puisque les USA n’avaient pas été d’un grand secours durant l’offensive russe ?

CU : Par la force des choses, les dirigeants géorgiens ont pris conscience, au cours de ces journées d’août 2008, que la Géorgie se trouvait aux frontières de l’Europe et non pas des Etats-Unis. C’était salutaire, mais le prix à payer a été très élevé. Il y a chez les dirigeants géorgiens à la fois de la naïveté et du cynisme qui peuvent conduire à des décisions catastrophiques comme celle d’août 2008.

Durant cet été 2008, ils ont également découvert que ce n’était pas Georges W. Bush qui prenait la parole, mais Nicolas Sarkozy en tant que président en exercice du Conseil européen.

GDE : Le silence américain a quand même été étonnant…

CU : Quelques semaines avant le conflit, j’expliquais à des amis géorgiens que George W. Bush était en fin de course, qu’il avait sur les bras l’Irak et l’Afghanistan, qu’il était terriblement affaibli et déconsidéré, et que ce n’était certainement pas le pays sur lequel la Géorgie pouvait s’appuyer. On m’écoutait, mais on ne m’entendait pas. Il y avait pourtant, aux Etats-Unis des discours raisonnables : Condeleeza Rice, certains diplomates américains en poste à Tbilissi ; mais un certain nombre de délégations, d’individus, qui représentaient Dick Cheney, ou des lobbys, tenaient aux Géorgiens un discours qui les séduisait. Ils n’ont pas été à même de faire la part des choses.

GDE : Cela a conduit la Géorgie à se tourner vers l’Union européenne, mais celle-ci souhaite-t-elle un véritable dialogue avec ces élites politiques forcément un peu déconsidérées ?

CU : Elles sont peut-être déconsidérées, mais comme il n’y en a pas d’autres pour le moment on ne voit pas pourquoi on refuserait de dialoguer avec M. Saakashvili et ses amis. La différence essentielle avec la fin de l’ère de M. Iouchtchenko en Ukraine par exemple, c’est qu’il y avait en face un personnage peut-être pas très sympathique, M. Ianoukovitch, mais qu’on savait être le probable futur président.

GDE : Quelle est la présence actuelle de l’Union européenne ? Elle entretient notamment une mission d’observation des frontières ?

CU : Elle a joué un rôle essentiel dans l’aide à la Géorgie, elle est aussi présente politiquement, par cette mission qui tente de se faire accepter par la partie russe qui bien entendu ne la voit pas d’un bon œil – mais N. Sarkozy et les responsables européens au cours de l’été 2008 savaient pertinemment ce que seraient les limites de cette mission. Malgré tout, cette mission est importante symboliquement, c’est une forme de sécurité pour les Géorgiens, mais également pour l’Union européenne. Elle a, non pas étendu ses frontières jusqu’à celles de la Russie du côté du Caucase, mais montré qu’elle était présente, qu’elle est un interlocuteur, et qu’il n’est pas question de la laisser de côté lorsque des décisions importantes sont à prendre. Lorsque des responsables européens rencontrent des responsables russes, on met en avant, sans que cela soit un casus belli, la question du Caucase et en particulier celle de la Géorgie. On peut obtenir dans de telles conditions des concessions du côté de la partie russe, même si elles ne sont pas très importantes.

GDE : Il y a des négociations en cours à Genève, notamment sous l’égide de l’Union européenne, sait-on s’il y a des avancées de ce côté ?

CU : Les avancées ne peuvent être pour le moment que très limitées, les Abkhazes et les Ossètes disant qu’il n’est pas question de remettre en cause leur indépendance, tandis que les Géorgiens disent qu’il n’est pas question d’accepter ces indépendances… La situation est donc bloquée. Mais chacun a bien compris qu’il faut avancer et que dans ces conditions il faut faire des concessions. Est-on capable du côté géorgien de faire des concessions ? Il y a un long chemin à faire, il est essentiel de faire un bilan des rapports entre ces territoires et la métropole, et de voir jusqu’où on peut aller dans la négociation. Jusqu’à présent, ni la partie géorgienne, ni les autres parties n’en sont capables. L’Union européenne met à raison de l’huile dans les rouages, l’important étant que le dialogue ne soit pas complètement rompu.