Les irréductibles de Tchernobyl, entretien avec Galia Ackerman

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Le 26 avril 1986 a sonné le glas de la course industrielle folle dans laquelle s'était engagée l’Union soviétique. L'explosion du réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl apparaît rapidement comme le plus grave accident nucléaire de l'histoire. En moins de 48h, des milliers de personnes sont déracinées et relogées en dehors de la zone d'exclusion établie par les autorités. 

Malgré l'interdiction de s'y réinstaller, une poignée d'âmes est revenue peupler cette contrée aux allures fantomatiques. Pendant près de trente ans, les samiossily, derniers représentants de la culture paysanne de la région, se sont battus pour défendre le droit de réinvestir leurs terres. Aujourd'hui, ils sont une centaine, pour la plupart des femmes, à y vivre constamment. A leur côté, quelques 4 000 travailleurs, héritiers de la catastrophe, continuent d’œuvrer afin de contenir l'ennemi invisible dont la présence hantera les lieux pour encore des milliers d'années.

 

S'étirant sur une trentaine de kilomètres autour de la centrale, cette région de 2 600 km² jonchée des plus grandes décharges radioactives au monde, a réussi – assez ironiquement – à engendrer un lieu doté d'une nature incroyablement vigoureuse. Entre forêt enchantée et zone maudite, cette région, en plus d'avoir payé un lourd tribu environnemental et sanitaire, a vu la pérennité de ses traditions gravement ébranlée par la catastrophe.

 

Invitée : Galia Ackerman est écrivain, traductrice, historienne et journaliste spécialiste du monde russe.

Préparation et présentation : Thomas Kox.

Bibliographie :

  • "Traverser Tchernobyl", Paris, Premier Parallèle, 2016
  • Tchernobyl : retour sur un désastre, Paris, Gallimard,‎ 2007
  • Les Silences de Tchernobyl, Paris, Éditions Autrement,‎ 2006